Lyon : menaces d'expulsion par la ville du collectif Grnd Zero

Publié le par dan29000

 

Grrrnd Zero expulsable par la ville de Lyon !


Une menace d’expulsion au 31 octobre 2011 plane sur Grrrnd Zero (locaux de répétition, salle de concerts, expos, et autres activités culturelles déviantes en tous genres, situé à Gerland).

Un extrait de leur longue newsletter envoyée cette nuit à 03H50, qui fait le point sur la situation actuelle de l’asso.

 

 


1. Coussins brodés d’or, jets privés et douche d’argent public

Grrrnd Zero a reçu, pour la pre­mière fois de son his­toire, une sub­ven­tion de fonc­tion­ne­ment. Depuis la fin du squat ori­gi­nel rue Clément Marot on a certes béné­fi­cié du sou­tien de la Ville : bail pré­caire pour Gerland, c’est-à-dire des trous dans les cana­li­sa­tions mais pas de loyer à payer, et un accès gra­tuit au Rail Théâtre, qui tou­chait une sub­ven­tion pour nous accueillir. Mais une sub­ven­tion directe, ce n’est pas tout à fait la même his­toire, tant en matière d’indé­pen­dance que de régle­men­ta­tions à suivre. On a donc beau­coup hésité.

À ce moment-là (hiver 2010), nous fai­sions face à de nom­breu­ses dif­fi­cultés : nous venions d’appren­dre que nous allions devoir payer les flui­des des locaux rue Pré Gaudary, nou­veauté par rap­port aux années pré­cé­den­tes (notre ancien pro­prié­taire, la SACVL, ne sem­blait pas s’en sou­cier), et cer­tains tra­vaux deve­naient néces­sai­res dans ces mêmes locaux. De plus la sono du Rail Théâtre venait de décé­der. On a donc fini par accep­ter cette sub­ven­tion afin de payer ces fac­tu­res et dans l’idée de sou­te­nir finan­ciè­re­ment les dates GZ au Rail Théâtre, qui sup­por­taient de nou­veaux frais du fait de l’absence de sono sur place.

(Parenthèse, nous avons donc changé de pro­prié­taire en juin 2010. C’est main­te­nant le Grand Lyon qui pos­sède le bâti­ment du 40 rue Pré Gaudry. Gardez en tête cette infor­ma­tion pour plus tard.)

Ainsi on a reçu une sub­ven­tion de fonc­tion­ne­ment de 9000 euros du ser­vice cultu­rel de Lyon. Nous avons su garder la tête froide, et per­sonne ne s’est enfui avec le magot. Depuis, nous avons demandé et obtenu le renou­vel­le­ment de cette sub­ven­tion de fonc­tion­ne­ment pour 2011 (9500 euros cette fois-ci), afin tou­jours de payer les flui­des, conti­nuer les tra­vaux, et peut-être finan­cer un lieu qui serait enfin unique.

2. fin du Rail et ato­mi­sa­tion des concerts

Revenons un peu sur notre rup­ture dou­lou­reuse avec le Rail Théâtre. On ne vous racontera les petits secrets de notre rela­tion hou­leuse que de vive voix. Sachez juste que la conven­tion qui liait la ville, le gérant de la salle et notre joyeux gang d’anges déchus s’est inter­rom­pue bru­ta­le­ment. La ville, bien gênée aux entour­nu­res n’a pas pu nous pro­po­ser de relo­ge­ment à moyen ni à long terme pour cette acti­vité de concerts.

Faut dire que le Rail, même si c’était pas tout rose, on s’en accom­mo­dait bien. Bin ouais, si on y réflé­chit, il s’agis­sait sans doute de la seule salle du Gros Lyon dans laquelle il était pos­si­ble d’accueillir plus de 500 per­son­nes à nos condi­tions, entre autres en assu­mant qu’un public d’adul­tes est capa­ble d’assu­rer lui-même sa sécu­rité. Ce n’est pas rien, à une époque où l’aug­men­ta­tion du nombre de vigi­les dans tous les domai­nes de la vie fait peur et où la mul­ti­pli­ca­tion des normes régle­men­tant la sté­ri­li­sa­tion des espa­ces publics com­mence sérieu­se­ment à nous enqui­qui­ner.

Nous devrions aujourd’hui nous conten­ter d’une ral­longe de sub­ven­tions qui nous per­met­trait de dis­per­ser l’orga­ni­sa­tion de concerts à tout vent dans les salles du coin. C’est triste. En effet Grrrnd Zero existe pour qu’un lieu indé­fec­ti­ble accueille évènements, grou­pes et assos liés aux cultu­res fébri­les que nous défen­dons, dans les condi­tions qui leur sont pro­pres. Il n’est sou­vent pas pos­si­ble pour des artis­tes méconnus, expé­ri­men­taux, inha­bi­tuels (bon sang que c’est dur de trou­ver des déno­mi­na­teurs com­muns syn­thé­ti­ques) de se pro­duire dans les cir­cuits « clas­si­ques ».. quand bien même ils auraient envie de s’y pro­duire lorsqu’ils refu­sent cer­tains codes, finan­ce­ments, dis­cours... Et ainsi des cen­tai­nes de per­son­nes uti­li­sent et ont uti­lisé l’espace dont nous dispos(i)ons. Notre objec­tif n’est pas de bri­co­ler tem­po­rai­re­ment dans d’autres salles déjà exis­tan­tes, ni de se conten­ter de quel­ques concerts par saison.

Pourtant c’est ce qui nous menace, de plus en plus.

3. Grrrnd Gerland aban­donné sur une aire d’auto­route déserte au milieu de la cani­cule

La cerise sur le gâteau, c’est la dédite du Grand Lyon concer­nant nos locaux de Gerland, reçue au milieu de l’été, qui nous demande de quit­ter nos locaux de Gerland pour le 31 octo­bre pro­chain.

Autrement dit, sauf inver­sion de la vapeur, on se retrouve bien­tôt à la rue. Plus de salle, plus de locaux de répé­ti­tion, plus de bureaux, plus d’ate­liers, plus rien.

Au mois de juin, le Grand Lyon nous avait pré­venu qu’ils allaient faire visi­ter le bâti­ment par une entre­prise d’exper­tise des ris­ques incen­dies. Cette visite a eu lieu le 9 juin, du côté du Secours Populaire avec qui on par­tage le bâti­ment et du notre. Nous ne nous sommes pas méfiés, d’autant que la visite s’est bien passée. Il s’agit pour­tant d’une tac­ti­que banale pour faire expul­ser des lieux alter­na­tifs.

Finalement le 20 juillet nous rece­vons un rap­port hyper néga­tif accom­pa­gné d’une dédite sans équivoque. Le Grand Lyon dit en sub­stance qu’ils ne sont pas prêt à mettre un seul cen­time dans l’entre­tien ou la réno­va­tion du lieu. Généreusement, ils nous lais­sent quand même un sursis de deux mois et demi.

On a immé­dia­te­ment contacté le ser­vice cultu­rel de la Ville, qui n’était pas au cou­rant de cette déci­sion et parait s’y oppo­ser. Depuis, ils nous pro­po­sent une ren­contre dans le mois à venir, afin de négo­cier cour­toi­se­ment.

Voilà où on est. Notre réac­tion va donc dépen­dre de ce que nous allons obte­nir dans les pro­chai­nes semai­nes.

Dans l’état, la catas­tro­phe cer­taine c’est qu’on va devoir très cer­tai­ne­ment arrê­ter toute ouver­ture au public à Gerland, même si on par­vient à conser­ver le bâti­ment pour la créa­tion. Les pro­chains mois, voire tous les autres, vont être bien com­pli­qués. On ne sait pas encore si on va devoir annu­ler toute la prog, ou si on va trou­ver des solu­tions tem­po­rai­res.

Dans tous les cas, on aura très cer­tai­ne­ment besoin de sou­tien dans les semai­nes à venir.

l’équipe gz

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GRND ZERO ??

Grnd Zero est un col­lec­tif de gens naïfs : pas de chef, que des béné­vo­les/acti­vis­tes. Cette asso­cia­tion fra­gile gère un lieu, Grrrnd Gerland, et béné­fi­cie de 30 dates à l’année au Rail Théâtre, une salle de spec­ta­cles à Vaise. L’ambi­tion de Grnd Zero est d’amé­na­ger un espace auto­géré dédié aux cultu­res under­ground/bizar­res/DIY/alter­na­ti­ves (adjec­tif approxi­ma­tif au choix).

Grnd Zero accueille et accom­pa­gne des assos qui orga­ni­sent des concerts, des expos, des pro­jec­tions... Nous trions les deman­des selon des cri­tè­res esthé­ti­ques et/ou éthiques (et un peu de copi­nage). A Grnd Gerland, nous héber­geons des locaux de répé­ti­tion où plus de 30 grou­pes s’entas­sent, des bureaux (du labo photo au label, en pas­sant par le col­lec­tif de vidéas­tes), des rési­den­ces, un ate­lier de séri­gra­phie...

Grnd Zero a d’abord squatté des locaux publics. Après un procès, un an et demi de vaga­bon­dage hors-les-murs et de lon­gues négo­cia­tions, nous avons obtenu une conven­tion d’occu­pa­tion pré­caire de locaux à Gerland grâce à la Ville de Lyon. Cette der­nière four­nit aussi une sub­ven­tion de 20 000 euros au Rail Théâtre afin que la salle accueille Grnd Zero et diver­ses asso­cia­tions du 9e arron­dis­se­ment, ainsi qu’une sub­ven­tion de 9000 euros (seu­le­ment depuis l’année 2010), dite de fonc­tion­ne­ment, censée nous per­met­tre d’entre­te­nir nos locaux de Gerland.

Notre fan­tasme d’un futur lieu pérenne nous place dans une posi­tion hybride vis-à-vis des pou­voirs publics. Nous ten­tons de com­po­ser avec eux, tout en consi­dé­rant leurs grilles de lec­ture et le cadre légis­la­tif ina­dap­tés : volonté de can­ton­ner les pro­jets alter­na­tifs à des fri­ches éphémères, dis­tinc­tion ama­teur/pro­fes­sion­nel sim­pliste, infan­ti­li­sa­tion scan­da­leuse du public...

Voir le site du Grrrnd Zero.

Grrrnd Zero Gerland avait notam­ment accueilli le Concert de sou­tien à Rebellyon le 5 mars au Grrrnd Zero Gerland (voir Merci !)

 

 

Source : REBELLYON

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