Madagascar : avec la société César, le néo-esclavagisme se porte bien

Publié le par dan29000

 

 

 

 

L'entreprise César à Madagascar, l'esclavage moderne
SuperNo - Blogueur associé Marianne 2

Il fait fabriquer des costumes de super-héros, mais il ne vole pas au secours des plus faibles. Délocalisée à Madagascar, la société César y pratiquerait en effet l'esclavage version 21ème siècle, sous-payant ses employées et les tuant à la tâche. Tout simplement écœurant, pour SuperNo.



 
Après les théories fumeuses de Philippe Manière que je narrais hier, voici maintenant la suite logique : une illustration pratique de la société dont rêvent les ultralibéraux, et un aperçu de ce que nous deviendrons si nous cédons à leurs injonctions.

C'était dans l'émission « Capital » sur M6, dimanche dernier, que l'on peut revoir ici.

Il s'agit d'une société qui fabrique des déguisements pour enfants (ainsi que d'autres pitreries festives, mais nous en resterons aux déguisements), et qui s'appelle César. César est une grosse PME, qui ne doit plus employer grand monde en France, mais qui est néanmoins cotée en bourse au second marché.

Son patron est un jeune quadragénaire dynamique, Benoît Pousset-Bougère. Il plairait certainement à Philippe Manière, dont il applique à la lettre les principes. Il bondirait probablement si on le traitait de néo-esclavagiste, et pourtant…

Peut-être avez-vous des enfants, vous savez sans doute qu'ils raffolent de ces déguisements de super-héros ou de princesse qui attend le prince charmant… Pauvres marmots, que de désillusions ils vont vivre quand il vont voir Xavier Bertrand ou Benjamin Lancar…

En attendant, plus question de fabriquer ces costumes en France, puisque comme l'explique le patron, la main d'œuvre représente 40% du prix de revient. On en vient à se demander comment ils faisaient avant, puisque les origines de la société remontent au 19e siècle.

Alors, où sont-ils fabriqués, ces costumes ? En Chine ? Ah non, même pas… Trop cher la Chine ! Des salaires qui montent, des syndicats qui se créent , vous allez voir que dans quelques années ils ne seront pas plus manœuvrables que des cheminots de Sud-Rail et que les Chinois vont être obligés de faire appel à Sarkozy pour les calmer…

Monsieur César fait donc fabriquer sa camelote à… Madagascar ! Un paradis pour le plus exigeant des patrons. D'ailleurs, d'autres patrons français ont dû flairer la bonne affaire, car un tiers des exportations malgaches se font vers la France.

L'usine emploie 600 ouvrières. Elles travaillent 10 heures par jour, et doivent rester le soir si elles n'ont pas fini leurs 500 costumes de Spiderman quotidiens. Harcelées par les contre-maitresses locales (qui dans le reportage les traitent de paresseuses !), elles cousent à une vitesse ahurissante les différentes pièces de tissus à 4 sur des costumes.


Leur salaire : 40 euros par mois. Il n'y a pas de faute de frappe. Les Guignols n'ont rien inventé avec leurs « niaks à 2 dollars par jour ». C'est 5 fois moins qu'en Chine. Et encore précise-t-on que c'est un peu plus que le salaire de base… Quel générosité, ce monsieur César !

Avec cette main d'œuvre quasi gratuite, taillable et corvéable à merci, chaque costume ne revient qu'à 8 euros, alors qu'il est vendu 45 aux petits enfants riches. 400 000 costumes par an, ça laisse de quoi faire une bonne marge, et garantir un bon tas de brouzoufs aux quelques gros malins qui tirent les ficelles. Et on comprend mieux qu'un Philippe Manière souhaite que nous ressemblions à ces ouvrières malgaches…

J'écrivais plus haut que la société est cotée en bourse. Grâce à ce « détail », j'ai retrouvé sans mal la rémunération de Monsieur César, alias Benoît Pousset-Bougère. Il a gagné l'an dernier 572 400 euros ! Soit 47 700 euros par mois… Bon, il ne joue pas tout à fait dans la cour des gros dirigeants du CAC 40, mais une simple division suffit pour comprendre que chez César, le patron gagne environ 1200 fois plus que ses esclaves ouvrières malgaches… Et comme elles sont 600, on constate avec effarement qu'à lui tout seul, il coûte 2 fois plus cher à l'entreprise que sa principale usine de 600 esclaves ouvrières.

Je dois vous quitter, la tête me tourne, je crois que je vais aller vomir…

 

 

 

Merci à l'auteur pour son autorisation de publier...

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