Madrid JMJ : bénédictions pour les uns, policiers et matraques pour les autres

Publié le par dan29000

 

A Madrid, les «indignés» anti-JMJ matraqués

 

(Capture d'écran)

La police anti-émeutes a dispersé à coups de matraque des manifestants antipape qui s'étaient rassemblés jeudi soir sur la place de la Puerta del Sol à Madrid.

 

 

La police avait auparavant bouclé la place pour empêcher des incidents entre manifestants hostiles à la visite du pape Benoît XVI, arrivé jeudi à Madrid, et jeunes pèlerins catholiques.

Mercredi soir, manifestants du camp laïc et pèlerins des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) s'étaient fait face sur cette place, lieu symbolique des manifestations ces derniers mois du mouvement des «indignés».

 

La soirée avait dégénéré en incidents entre policiers et manifestants anti-pape, qui avaient fait onze blessés.

Jeudi, environ 150 manifestants se sont à nouveau rassemblés à la Puerta del Sol. Une centaine de policiers et une vingtaine de fourgons ont été déployés autour de la place, tenant ainsi à distance les groupes de pèlerins.

Après avoir demandé aux manifestants de se disperser et alors que ceux-ci s'éloignaient dans une rue voisine, les policiers, casqués, ont chargé à coups de matraque, frappant dans les jambes certains manifestants dont quelques-uns sont tombés à terre.

«Ils m'ont frappé à cinq ou six reprises. Nous sommes désarmés, nous ne faisons rien. J'ai réussi à me couvrir la tête, sinon j'aurais la tête ouverte», a raconté Bruno, un manifestant de 30 ans, le coude en sang.

«Ils m'ont poussée et je me suis cachée. Les gens sont partis en courant, ils les frappaient», témoigne Ines Monroy Perez, une gardienne de musée de 58 ans, qui dit «s'identifier» avec le mouvement des «indignés».

«Ton sac à dos, c'est moi qui l'ai payé!»

Peu avant, à la fin de la cérémonie de bienvenue du pape sur la place de Cibeles, à quelques centaines de mètres de là, les organisateurs avaient lancé un appel aux manifestants à «ne pas aller à Sol», pour éviter que ne se reproduisent les incidents de la veille.

Quelques groupes de pèlerins s'étaient malgré tout retrouvés dans les rues proches de la place aux accès bouclés, où les deux stations du train régional et du métro étaient fermées.

«Honte», «hypocrites», «nous sommes la jeunesse du pape», criaient certains d'entre eux, par-dessus les cordons de police, à l'adresse des manifestants qui répondaient: «Ton sac à dos, c'est moi qui l'ai payé!», en référence au sac du pèlerin attribué à chacun des quelques 450.000 inscrits aux JMJ.

Parmi les manifestants figuraient des pro-laïcité mais également des «indignés», le mouvement né à la mi-mai de la crise et du chômage, ou encore des défenseurs de la cause homosexuelle.

«Toute cette visite a été payée avec nos impôts, alors qu'il y a cinq millions de personnes au chômage, une crise énorme et qu'ils font des coupes claires dans les dépenses de sociales et de santé», a dénoncé David, un employé de banque de 42 ans.

«Cette visite aurait dû se faire dans un stade de football, où ils auraient payé leur place», ajoute-t-il.

Mais, assure Luis, 27 ans, «c'est un mouvement pacifique. Ceux qui sont violents sont ceux qui ont envoyé réprimer hier» les manifestants.

Les manifestants anti-pape se sont donné rendez-vous vendredi à 20h00 à la Puerta del Sol, pour un nouveau rassemblement de protestation.

 

Source : LE MONDE.FR (Source AFP)

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