Madrid : les "indignés" occupent la Puerta del sol "Democratia real ya" avant les municipales de dimanche

Publié le par dan29000

 

Les «indignés» prennent la Puerta del Sol

Espagne . Dans un pays miné par l’austérité, de jeunes manifestants occupent la place madrilène.


Par CÉCILE THIBAUD Intérim à Madrid

Puerta del Sol, le 19 mai 2011.

Puerta del Sol, le 19 mai 2011. (Andrea Comas / Reuters)

 


Les matelas roulés dans un coin, les tentes repliées dans un autre. Le campement de la Puerta del Sol émerge tranquillement, hier matin, entre thermos de cafés et quelques restes de spaghettis sauce tomate du dîner de la veille. Depuis le dimanche 15 mai, la place emblématique du centre de Madrid est occupée par los indignados, «les indignés». Etudiants, chômeurs, jeunes et moins jeunes… C’est le nom qu’ils se sont donné. «Simplement parce que c’est ce qui nous rassemble», explique Noelia, chômeuse de 29 ans et l’une des porte-parole du mouvement.

Dimanche, ils étaient des dizaines de milliers à travers le pays à répondre à la convocation de la plateforme Democracia Real Ya ! («démocratie réelle maintenant !»), pour clamer leur sentiment d’impuissance face à la stérilité du débat politique et revendiquer le droit à un travail digne. L’euphorie de la manifestation a débouché sur la proclamation de l’occupation du lieu. Une initiative spontanée, présentée comme une réappropriation de l’espace public : tout un symbole, le kilomètre zéro des cartes géographiques espagnoles se transforme en point zéro de la crise, pour protester contre l’indifférence des politiques.

Avec 5 millions de chômeurs, soit 21% de la population active, le pays se trouve dans une situation sociale explosive. D’autant qu’on estime qu’il existe 1,38 million de foyers dont tous les membres sont sans emploi et que les indemnités pour chômeurs en fin de droit ont cessé d’être automatiques. Pourtant, contrairement à ses voisins, comme le Portugal, l’Italie, la Grèce, ou la France, l’Espagne avait continué de bénéficier d’une relative paix sociale. Sans doute parce que les syndicats ont choisi la voie de la négociation plutôt que de l’affrontement avec le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero. Le train de réformes imposées par Bruxelles sous la pression des marchés, comme la baisse de 5% du salaire des fonctionnaires, le report de la retraite de 65 à 67 ans et l’assouplissement du licenciement, ne s’est soldé que par une seule grève générale, très modérément suivie, en septembre.

«A quoi bon manifester contre un gouvernement de gauche, si ce n’est pour favoriser l’opposition de droite… Voilà ce qu’on nous répète depuis des mois. On a l’impression d’être les otages d’un jeu de pouvoir qui nous échappe», s’agace Pablo Padilla, étudiant en anthropologie à l’université Complutense de Madrid, l’un des coordonnateurs du mouvement Juventud sin futuro, «Jeunesse sans avenir», le groupe qui a servi d’étincelle. Sous le slogan «Sans maison, sans boulot, sans retraite mais sans peur», ce sont eux qui avaient appelé pour la première fois les jeunes à manifester, le 7 avril. Ils attendaient 300 personnes à Madrid. Il en est venu 3 000.La mobilisation s’est ensuite amplifiée via Facebook et Tweeter. La plateforme Democracia Real Ya ! a élargi le débat avec un nouveau mot d’ordre : «Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers». Dimanche, ils étaient 30 000 à Madrid sans compter ceux qui défilaient dans les autres villes d’Espagne.

Les interventions policières n’ont pour l’instant pas eu raison de la ténacité des campeurs de la Puerta del Sol, bien décidés à élargir le mouvement à quelques jours des municipales du 22 mai. Du côté des partis politiques en pleine campagne, on observe le mouvement avec une distance prudente. En essayant de calculer qui, de la droite ou de la gauche, capitalisera cette flambée de passion politique.

 

Source : LIBERATION

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Mitsuko 21/05/2011 07:28



Bonjour Dan,


Je n'avais pas vraiment pris conscience que c'était à ce point là en Espagne ... Je les savais en difficulté mais là, et hélas, c'est beaucoup plus que cela
et ça peut aussi se terminée en révolution comme celle de mai 68 ... C'est dansgereux car les espagnols ont le sang chaud ...


Bon samedi à toi, Dan. A bientôt. Bises.


Mitsuko



dan29000 21/05/2011 08:58



Après la Grèce et sans doute le Portugal, c'est le troisième pays européen en grande grande difficulté, et son poids est plus important que les deux premiers, donc une situation très grave, et
une belle idée d'un nouveau collectif "la vraie démocratie maintenant" juste qq jours avant les municipales de dimanche. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu'il faut de nouveau moyen
d'action de contestation autres que les sempiternelles manifs "Bastille-Nation" à Paris et chacun rentre chez soi à la fin. Peut-être l'exemple tunisien et égyptien commencent à franchir la
méditerranée, un lieu stratégique dans une capitale, des millliers de gens qui campent là, sont visibles, discutent et occupent malgré la police proposant d'autres concepts nouveaux. A suivre de
très près, mais c difficile tous les médias étant à NY à la chasse au DSK and co...!!! Bises