Mali : campagne de désinformation contre le MNLA qui progresse dans le pays

Publié le par dan29000

[Vive l'Azawad libre !] Campagne d’intoxication contre le MNLA (2)

Tombouctou : Ansar Dine dans le collimateur du MNLA


Le scénario est toujours le même : une dépêche de l’AFP qui s’appuie sur une information vague non vérifiée et qu’elle transforme en vérité, puis les médias reprennent la pseudo-information en boucle. Voilà comment est entretenue une désinformation organisée. Cette désinformation quasi-systématique qui a commencé avec le déclenchement des hostilités entre le MNLA et l’armée malienne vise à discréditer le MNLA  que les commanditaires de cette désinformation veulent coûte que coûte associer aux islamistes

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Le lundi 2 avril, l’AFP et un journal arabophone mauritanien « Akhbar » diffusent l’information selon laquelle des éléments de l’Aqmi et les combattants d’Ansar Dine auraient pris Tombouctou et ont chassé le MNLA. Les faiseurs de l’information sont très précis dans leurs déclarations qu’ils attribuent à des témoins (certainement imaginaires).

Bien entendu, ce que dit l’AFP n’est pas tout à fait faux. En effet, des éléments de l’organisation criminelle d’Ansar Dine et des milices arabes de Tombouctou ont effectivement tenté de contrôler un quartier du centre ville de Tombouctou en essayant d’effrayer la population et en osant même menacer les combattants du MNLA. De là à dire qu’ils ont chassé le MNLA de la ville, au-delà du mensonge il y a le culot, car c’est réduire une organisation qui a mis à genoux l’armée d’un État organisé à une bande de trouillards qui se font chasser par des groupuscules criminels.

Essayons de faire un peu de pédagogie médiatique même si nous sommes loin d’avoir les compétences de la machine qu’est l’AFP.

En effet, suite à la libération de Tombouctou, des éléments du groupuscule djihadiste touareg Ansar Dine et des milices arabes ont voulu, lundi 2 avril, prendre certaines positions de la ville de Tombouctou. Les éléments d’Ansar Dine, en présence de leur chef Iyad Ghali, sont arrivés tôt le matin de ce lundi avec une cinquantaine de véhicules et ont effectué un défilé bruyant dans la ville ce qui a d’ailleurs choqué les citoyens. C’est sur place qu’une alliance entre Ansar Dine, des milices arabes et un certain Ag Erlaf, un Touareg corrompu envoyé par Bamako, s’est conclue. Ils ont formé une délégation qui a été à la rencontre de l’état-major du MNLA croyant pouvoir le rallier à leur « cause ». Le chef d’état-major du MNLA les a invités à se retirer de la ville sans délai.

N’ayant pas entendu l’appel, les hommes du MNLA se sont retirés du lieu de la rencontre. Avant la tombée de la nuit, les malfaiteurs furent encerclés par les combattants du MNLA et ordre leur a été donné de déposer les armes pour éviter toute effusion de sang. Des membres du Bureau politique du MNLA se sont rendus mardi auprès des chefs des bandes de malfaiteurs pour les ramener à la raison. Au moment où nous rédigeons cette dépêche les groupes criminels sont complètement cernés par les combattants du MNLA qui sont prêts à donner l’assaut et les neutraliser dans le cas où ils ne veulent pas entendre raison, déposer les armes et quitter la ville.

La ville de Tombouctou est donc bel et bien sous le contrôle du MNLA qui est confronté à la résistance de groupuscules qui seront d’un moment à un autre neutralisés d’une manière ou d’une autre.

Le MNLA montre par son action qu’il ne saura tolérer sur la terre de l’Azawad que des groupes islamistes tentent d’imposer leur loi et leur foi sur une population qui n’aspire qu’à vivre en paix et dans la liberté.

Et voici les détails de taille de l’information qui n’intéressent vraisemblablement pas l’AFP qui préfère verser dans l’intox et la manipulation de l’information : ça simplifie les choses et ça stigmatise les Touaregs. Oui ces hommes bleus loués de toutes et tous deviennent subitement les méchants du désert car ils veulent être libres… Ils veulent récupérer leur Terre…

Enfin, un détail de taille : à la demande de la France, le Conseil de sécurité s’est réuni et la France a d’ores et déjà obtenu un « accord de principe » de ses partenaires du Conseil de sécurité sur une déclaration sur le Mali. D’ailleurs, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la France veut mobiliser contre le « péril islamiste » au Sahel et contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). « C’est dans cet esprit que nous avons souhaité que le Conseil de sécurité s’exprime », ajoute-t-il en précisant que « La France souhaite attirer l’attention sur le péril islamiste », et rappelle que le groupe qui a pris le contrôle de Tombouctou depuis lundi « est étroitement lié à Aqmi ». Et voilà comment une information comme celle fabriquée lundi 2 avril par l’AFP et reprise en boucle par la quasi-totalité des médias a été très utile pour influencer, voire manipuler, le Conseil de Sécurité qui donnera, peut-être, le feu vert pour une intervention militaire dans l’Azawad. Bravo Monsieur Juppé !

Article de « La Rédaction », Tamazgha, 3 avril 2012

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[Vive l'Azawad libre !] Le MNLA en photos

Voyage dans l’Azawad en guerre
Entretien avec Ferhat Bouda, photographe

Ferhat BOUDA est photographe kabyle. Il a été dans l’Azawad où il a passé quelques jours avec les combattants du MNLA. Il a aimablement accepté de partager avec les lecteurs de Tamazgha.fr ce qu’il a vu et vécu lors de son court voyage dans un pays amazigh sur la voie de libération.

Tamazgha.fr :  Ferhat Bouda, vous êtes photographe et vous avez pu effectuer récemment un court séjour dans l’Azawad, un pays en guerre depuis le 17 janvier 2012. Comment vous est venue l’idée d’aller dans ce pays en guerre ? Et quel en est l’intérêt pour vous ?

Ferhat Bouda : L’idée de partir pour photographier les Touaregs remonte à loin et elle s’inscrit dans mon projet de réaliser une documentation photographique sur les berbères, et cela remonte à au moins deux ans.  Et c’est lors de la dernière rencontre amazigh à Djerba en septembre 2011 où j’avais rencontré des Touaregs que l’idée a commencé à se concrétiser. Mes interlocuteurs touaregs avaient trouvé intéressant le projet que je leur avais soumis. Je suis revenu donc de Djerba avec l’objectif de rassembler les moyens nécessaires et trouver le temps pour effectuer le voyage dans le pays touareg. Et lorsque j’étais prêt à partir, la guerre était déjà déclenchée dans l’Azawad. Cela n’a pas entamé ma volonté d’effectuer le voyage. Mon intérêt est de découvrir une région, une culture… et de rencontrer des gens et partager ces découvertes à travers la photo.

Racontez-nous un peu comment êtes-vous arrivé sur place, qu’avez vous visité et qui avez-vous rencontré  ?

Pour aller dans l’Azawad il fallu des contacts sur place parce que nous sommes dans le désert, la situation sécuritaire est dangereuse avec les enlèvements. La nouvelle situation de guerre complique davantage les choses.  Je suis rentré par le nord-est de la Mauritanie. À la frontière j’étais pris en charge par des combattants du MNLA et je suis parti avec eux jusqu’à leur base. Là-bas j’ai rencontré d’autres soldats, des responsables du MNLA  et des prisoniers maliens qui étaient capturés par le MNLA.

Quelle est la tranche d’âge des combattants que vous avez rencontrés ? Ces soldats vous ont-ils dit les raisons de leur engagement dans l’armée de libération de l’Azawad ?

J’ai rencontré un soldat (déserteur de la gendarmerie malienne) âgé de dix-sept ans seulement, un autre soldat avait cinquante-et-un ans, mais on peut dire que la majorité ont entre 20 et 25 ans. Ce sont des jeunes assoiffés de liberté. Ils m’ont dit qu’ils sont là pour la liberation de l’Azawad. Ils m’ont dit combien ils sont marginalisés et leur pays est abandonné et sans infrastructures, livré à l’insecurité. Même au sein de l’armée malienne, il y a une grande méfiance à l’égard des Azawadiens dès le début de ce conflit. Pour les Azawadiens  le gouvernement malien est incapable de gérer la région. Enfin il veulent prendre leur destin en main.

 

Un jeune de 17 ans, déserteur de la gendarmerie malienne.

Que pensent-ils de la question amazighe ?

Pour les personnes que j’ai rencontrées, la question amazighe est TOUT pour eux ; c’est leur existence-même. « Nous naissons, nous vivons et nous mourrons avec ! » m’ont-ils dit. Ils m’ont raconté l’histoire berbère avec une grande fierté et ils écrivent en tifinagh. Ce qui m’a surpris c’est qu’il y a des soldats qui ne parlent aucune autre langue que le berbère.

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Mohamed, 51 ans

Parmi les combattants que vous aviez rencontrés y avait-il des soldats revenus de Libye ?

En réalité je ne le sais pas et je n’ai pas posé la question aux soldats que j’ai rencontrés. Mais je sais que le MNLA a déjà confirmé officiellement la présence de soldats touaregs revenus de Libye.

Vous avez rencontré un ex-colonel de l’armée malienne qui a rejoint le MNLA. Pouvez-vous nous dire plus sur cette rencontre ?

Pendant notre rencontre je lui ai posé quelques questions et je voulais notamment savoir les raisons qui l’ont poussé à déserter l’armée malienne. Il m’a répondu ceci : « J’ai quitté l’armée pour regagner la cause juste. La révolution est un long chemin mais le bilan depuis le 17 janvier est très positif. Le MNLA est beaucoup plus structuré que les soulèvements des années précédentes. C’est un mouvement politico-militaire et son but est bien précis : c’est la libération de l’Azawad. Nous avons le contrôle d’une grande partie du territoire de l’Azawad et en plus nous avons récupéré une quantité importante d’armes pendant les combats ».

 

Au centre : un ex-colonel de l’armée malienne

Parmi ceux que vous aviez rencontrés, il y avait également des soldats de l’armée malienne faits prisonniers par le MNLA. Dans quelles conditions sont-ils détenus et avez-vous pu discuter librement avec eux ?

La rencontre avec les prisonniers s’est passée en toute liberté. Je pouvais poser toutes les questions que je voulais et ils m’ont répondu en toute liberté aussi. Il y avait un lieutenant avec quatre soldats que le MNLA a capturé à Léré depuis le 23 janvier. Ils sont  bien traités ; ils ne sont pas attachés et ils disposent de leur propre espace où ils font la cuisine et où ils dorment. Le lieutenant appelé sa sœur dès la première semaine, mais les autres n’avaient pas encore, à la date où je les avais vus, établi un contact avec leurs familles. Parmi eux il y a aussi un caporal qui était stationné au nord du Mali depuis douze ans et il a été capturé avec un autre soldat le 3 février à Niafunké.

 


Qu’est-ce que ces prisonniers vous ont raconté ?

Ils demandent à avoir un contact avec les autorités militaires maliennes dans l’espoir d’être libérés le plus vite possible. Ils m’ont tous confirmé que les combattants du MNLA les traitent correctement et que leur dignité n’a pas été touchée. J’ai demandé au caporal stationné dans la région depuis douze ans si l’armée malienne présente dans l’Azawad a eu à affronter des éléments d’AQMI. Sa réponse est : « Non ». Et lorsque je lui ai demandé plus de précisions, il me dit ceci : « Je ne peux pas le dire car nous sommes juste des exécutants ».

Les médias parlent beaucoup des accointances du MNLA avec l’AQMI. Qu’avez-vous constaté sur le terrain à ce sujet ?

J’ai photographié dans deux bases différentes pendant trois jours et je ne peux pas dire que j’aie ressenti le moindre lien entre le MNLA et L’AQMI.

Propos recueillis par Masin FERKAL


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