Manifeste des maquisards pour une convergence des luttes

Publié le par dan29000

Manifeste des maquisard-e-s pour une convergence des luttes

Première contribution


Nous croyons que c’est aujourd’hui plus que jamais que nous devons décloisonner les anciennes lignes de rupture (citoyen-ne-s/syndicats, libertaires/militant-e-s d’organisations politiques etc.) pour rendre tangible de nouveaux imaginaires subversifs et être collectivement offensifs face à ce monde qui s’effondre.

Nous, ce sont les grévistes indéboulonnables, les squatteur-se-s de tout poils, les hacker-euse-s anonymes, les occupant-e-s de places publiques, les syndicalistes désillusionné-e-s, les paysan-ne-s en devenir, les activistes nomades,  les yourteux-se-s, les bricoleur-se-s de bouts d’autonomie, les gratteur-se-s de papier, les féministes enragées, les théatreux-ses aux gorges déployées, les associatif-ve-s de terrain et tout autre empêcheur-se-s de tourner en rond.

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Si un premier temps d’échange et de rencontres s’est déroulé au Maquis, à la ferme autogérée de Cravirola, nous nous revendiquons maquisard-e-s car nous voulons prendre le maquis, autant pour nous soustraire à la marchandisation généralisée que pour la combattre.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine mobilisation, courir derrière le prochain mouvement, être débordé par nos contestations. Nous voulons être le mouvement, les faire déborder par nos offensives plurielles, les faire se démobiliser pour mieux nous retrouver.

Nous voulons nous revoir au fur et à mesure des espaces qui, tout en s’inscrivant dans une perspective de convergence des luttes, associent vie politique et vie collective, comme nous l’avons fait par la suite sur la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, autour d’une base commune qui ne demande qu’à s’étoffer au gré des réflexions collectives.

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Au delà des affinités politiques et humaines,  nous voulons avant tout dessiner les premiers champs politiques qui nous réunissent, nous portent et autour desquels nos luttes convergent. Nous mettons également en œuvre un corpus de pratiques lors de nos différentes rencontres, pratiques qui prennent part entière dans nos tentatives d’esquisser un imaginaire politique commun.

L’ÉMANCIPATION. Si en tant qu’individu à part entière chacun-e cherche à s’émanciper (aussi bien dans nos réflexions politiques que dans nos vies quotidiennes), cette émancipation individuelle ne sera entière que si il existe les conditions d’une vraie émancipation collective.

La RÉAPPROPRIATION de nos vies et de tout espace (public, géographique, médiatique, sémantique, etc.) de plus en plus confisqués par toute volonté d’étendre toujours plus les territoires alloués au capital.

L’AUTONOMISATION. En tant que processus, elle nous permet l’autonomie de réflexion en dehors de tout dogmatisme et de tout parti. Quant à l’autonomie matérielle, elle a pour objectif de briser les rapports marchands, de se rapproprier pleinement la question de la production sans être une fin en soi.

Le RÉSEAU. Notre rapport de force s’exprime à travers les contours indéfinissables et sans cesse mouvants d’une nébuleuse constituée d’individus, de collectifs et toute autre organisation formelle ou informelle. C’est au sein de cette mise en réseau que dialoguent et s’échangent sans cesse réflexions, savoirs théoriques et savoir-faire. La construction d’un rapport de force effectif passe alors par la mise en place de solidarités inter-luttes au sein même de notre réseau : mutualisation de caisses de grèves, caisses anti-répression, aide juridique, cantines sauvages, prêt de matériel sont autant d’initiatives qui permettent de dépasser l’impasse perpétuellement renouvelée de la contestation.

Les PRATIQUES AUTOGESTIONNAIRES. Assemblées générales, horizontalité des prises de décisions, intelligence collective, démocratie directe… les pratiques d’organisation et de discussion plurielles sont pour nous les outils de base pour contrer l’illusion représentative et déconstruire tout rapport de domination lors de nos instants collectifs.

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Cette première contribution est réappropriable par tous-tes. Elle n’est qu’une tentative de mettre en forme les réflexions issues des Rencontres du Maquis de l’été 2011 et ne demande qu’à être étoffée, rayée, supprimée, contestée.

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une adresse mail

une  liste  de  discussion

un site (bientôt)

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Des gens se sont motivé-e-s pour organiser des rencontres en 2011.

Des listes de matos, des lieux,  des contacts sont dispos pour réorganiser des rencontres  pour toutes personnes motivées à recréer ces instants collectifs en 2012.

À vous de jouer !

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