Marine Le Pen et le FN : contre le Planning familial et l'IVG

Publié le par dan29000

IVG et Planning familial : Marine Le Pen dévoile ses idées anti-choix

Le 25 janvier, sur Rue 89, La présidente du Front national, Marine LE PEN, a déclaré qu’elle envisageait  un déremboursement de l’IVG et qu'elle prévoyait de mettre au pas le Planning familial, qu’elle qualifie de « centre d’incitation à l’avortement ».  Voici les propos de Marine Le Pen : « Je dis, s'il y a un choix à faire, s'il y a vraiment des économies à faire, l'avortement est quelque chose qu'on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d'éviter d'avoir une grossesse non désirée. Si j'ai un choix à faire, je vais l'assumer ».Pour résumer, Marine Le Pen s’attaque de front au droit des femmes à disposer de leur corps.

Plus de 35 ans après la loi Veil, on entend encore et toujours les rengaines moralistes et familialistes défendues depuis toujours par le Front national.

Sous  l’impulsion des revendications féministes, notre société a fait le choix d’affirmer le droit à l’avortement au nom de la santé publique, de la liberté sexuelle et de l’autonomie des femmes. 

Les femmes ont toujours avorté. L’avortement permet de séparer la sexualité de la grossesse : c’est donc un droit fondamental, qui permet aux femmes de choisir d’enfanter ou non et de vivre leur sexualité de manière totalement libre.

Selon Marine Le Pen, l’avortement n’est pas indispensable puisqu’évitable : « après tout, il y a des modes de contraception ».

Son propos fait l’éloge d’importants clichés et culpabilise les femmes : mesdames, si vous êtes en situation de grossesse non désirée, c’est que vous n’êtes pas capables de maîtriser votre contraception !

Ce discours écarte totalement  de nombreux faits socio-économiques et culturels :

  • un fait scientifique : aucun contraceptif n'est fiable à 100% ;
  • une réalité sociologique, celle du schéma contraceptif actuel qui cultive une norme contraceptive (quand on est jeune : c’est le préservatif, quand on est en couple : c’est la pilule, et si n a déjà eu des enfants : c’est le stérilet) en niant le fait que tous les modes contraceptifs ne conviennent pas à toutes les femmes ;
  • un contexte socio-économique qui ne met pas sur un pied d’égalité toutes les femmes en matière de libre disposition de leur corps : rappelons que tous les contraceptifs ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

Les mouvements féministes se sont toujours heurtés à la violente charge des ainé-e-s de Marine Le Pen dans leur combat pour la contraception et l’avortement libres.  Le mouvement politique dans lequel s’inscrit Marine Le Pen s’y est toujours opposé, et il continue de le faire.

Mais s'en prendre au droit à l'avortement ne suffit pas à Marine Le Pen : elle attaque de façon frontale le Planning familial, mouvement associatif créé en 1956qui a permis à des millions de femmes de disposer de leur corps, le qualifiant de « centre d'incitation à l'avortement ».

Le planning familial remplit pourtant, malgré des moyens de plus en plus faibles, sa mission d’information, faisant en sorte que femmes et couples puissent choisir de manière éclairée de mener ou non une grossesse à terme. Le matériel mis à disposition par l’association sur son site internet comme dans ses centres vise bien à présenter la palette des options  (grossesse, abandon, IVG, etc.) ainsi que les dispositifs d’aide qui existent.

Le Planning familial remplit une mission d’intérêt général.

A la lecture du propos de Marine Le Pen, une question se pose : quelles instructions la candidate du Front National souhaite-elle donner au planning familial ?

Osez le féminisme ! porte un projet de société qui met l’égalité femmes-hommes au centre. En s’attaquant au droit des femmes à disposer de leur corps par un projet de déremboursement des méthodes d’interruption volontaire de grossesse et la mise au pas du planning familial, Marine Le Pen confirme qu’elle est ni la candidate de l’égalité femmes-hommes ni l’alliée de la parentalité comme elle veut nous le faire croire, mais bien une candidate anti-choix.


Sarah GUETTAÏ


 

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