Marseille : Guéant, la valse des préfets, signe d'échec de Sarkozy

Publié le par dan29000

 

Claude Guéant à Marseille : symbole de l'échec d'une politique

L'arrivée d'un nouveau préfet à Marseille ne suffira pas à lutter contre la recrudescence de la violence, il faut des moyens supplémentaires pour la police et le système judiciaire.


Sélectionné et édité par Mélissa Bouana

 

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est à Marseille pour installer le nouveau Préfet délégué à la sécurité et à la défense, Alain Gardère, qui aura pour mission d'"innover" en faveur de la sécurité de la ville. Vaste programme !

 

 

 

Mais quand je lis ce matin les propos du Ministre qui nous dit que "la sécurité n'est pas qu'une affaire de moyens" je m'interroge.

D'autant plus que mon interrogation se fonde sur deux exemples récents :

 

- J'assiste à une agression en plein centre de Marseille, il est bientôt 22h le 11 juillet 2011. Un appel au 17, réponse de mon interlocuteur : "on vous envoie une patrouille". 40 minutes plus tard, personne. On attend toujours.

- En juin dernier, une maison cambriolée dans le quartier d'Endoume avec de jolies empruntes sur les vitres. "On vous envoie du monde pour le relevé d'empruntes", le propriétaire attend toujours.

 

Manque de professionnalisme, je ne le pense pas. En revanche, manque d'effectifs, très probablement.

 

Les chiffres, indicateurs de l'échec d'une politique

 
Dans les Bouches-du-Rhône, on recense, pour les six premiers mois de l'année 2011, 479 vols à main armée, contre 403 pour la même période de 2010, soit une hausse de 18%. Sur ce nombre, 289 ont été commis à Marseille, contre 206 en 2010, soit une augmentation de plus de 40%. Hors Marseille, les vols à main armée baissent en revanche de 3% avec 190 contre 197 l'an dernier.

 

Fin 2010, on parlait déjà d'un manque de plus de 300 policiers. Réponse de Claude Guéant, 39 hommes affectés à la police judiciaire et une compagnie de CRS provisoirement ! Aujourd'hui, les syndicats de police estiment qu'il manque 250 policiers à Marseille avec 2700 policiers nationaux contre 2840 en 2007.

 

Au PS, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l'inaction du président de la République, notamment le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande.

 

Ce qu'il faut à Marseille, c'est comme ce qu'il faut à la France. Une nouvelle dynamique, un nouveau cap, de nouvelles espérances. Concernant la sécurité, des effectifs de police supplémentaires et des moyens pour qu'ils puissent travailler correctement. Mais tout cela ne pourra être efficace que si ensuite, la justice a les moyens. Et cela, c'est une autre histoire. Ce qu'il faut aussi, c'est un véritable travail de fond pour atténuer les problèmes qui gangrènent Marseille, le chômage, les emplois précaires, l'habitat indigne, le manque criant de logements sociaux. Un chantier que Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Gaudin n'ont pas commencé et n'ont pas l'intention de commencer.

Auteur parrainé par Aude Baron

 

Source : Nouvel obs

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