Marseille : qui sont les vrais casseurs du port et de la ville ?

Publié le par dan29000

 

 

 



Qui casse Marseille et son port ?

LETTRE OUVERTE DE L’UGICT CGT 13 AU PATRONAT ET AUX RESPONSABLES POLITIQUES MARSEILLAIS

 

 

 


DU PORT DE L’ANGOISSE A … Il y a déjà un an, le patronat dénonçait déjà les grèves du port (affiche populiste dénonçant le « port de l’angoisse »), accusant la C.G.T d’être responsable des destructions d’emplois. Un an après la privatisation, qui devait amener le dynamisme économique et les emplois, où en sommes-nous ? Le Port s’est il développé ?
Les Bouches du Rhône et notamment son secteur industriel profite-t-il de cette nouvelle privatisation ?
Le syndicat U.G.I.C.T des ingénieurs, cadres techniciens de la C.G.T des Bouches du Rhône dénonce la propagande patronale et appelle les cadres à réfléchir sur les vraies causes de la crise Marseillaise.


DU SYSTEME INDUSTRIALO‐PORTUAIRE… : au lendemain de la seconde guerre mondiale, le port s’est redéveloppé autour du concept de « système industrialo portuaire ».
Ce système était construit de la manière suivante : Les bateaux amenaient de la matière première pour les industries de transformation de Marseille (huileries, savonneries, agro alimentaire) et repartaient avec des produits finis.
C’est le principe même des ports que d’être une interface d’échange entre deux pays.
Mais le concept de « système industrialo-portuaire », stipule que le développement du port est étroitement articulé au développement industriel de l’hinterland, à savoir le territoire à proximité du port, favorisant ainsi l’emploi et le développement des Villes (La Ciotat / Construction Navale, Gardanes / Charbon, Martigues Fos et Etang de Berre (Pétrochimie), ce qui explique que le port de Marseille, dans une vision globale s’étend en définitive de, La Ciotat à Fos.


LA « CRISE INDUSTRIELLE » DES ANNEES 70 : la crise financière des années 60 (crise financière mondiale, qui remit en cause le système financier de change fixe (parité Or Dollar) et se traduisit par une envolée des cours du pétrole, de l’or et la chute du dollar, exactement comme aujourd’hui) a entraîné une crise industrielle qui a remis en cause le système « industrialo-portuaire ».


La bourgeoisie marseillaise a abandonné l’investissement industriel (l’industrie passe de 54 % des emplois à 20 % des emplois de 1968 à 2005), car ne pouvant plus profiter de la manne que représentait la possession des colonies (Algérie, Maroc, Vietnam).
Le port n’a plu été perçu que comme une interface d’importations des productions industrielles venues d’ailleurs et notamment de Chine.
C’est dans cette période qu’a été abandonné l’industrie (graphiques) en développant les restructurations (Panzani, Nestlé, Lesieur), fermée (Chantiers navals de Marseille et La Ciotat) et ou externalisée sur Vitrolles (Puget).
Tout ceci est aussi à mettre en relation avec les évolutions économiques du Pays (Privatisations, libéralisation, financiarisation).
Seule La C.G.T en se battant a permis le maintien d’activités industrielles (La Ciotat / Réparation Navale). La C.G.T est donc le syndicat qui défend le mieux les entreprises industrielles.


L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET LES VILLES NOUVELLES : La réalisation de Vitrolles, ville nouvelle, fut la première pièce du puzzle de la transmutation de l’aire métropolitaine Marseillaise. En délocalisant l’industrie de Marseille à sa périphérie (Vitrolles, Aubagne, Fos), il s’agissait à la fois :


• De sortir l’industrie de Marseille en vue de transformer la ville en Métropole (Le projet Euroméditerranée venant parachever 30 ans de transmutations urbaines) ;


• D’externaliser les ouvriers et donc les « luttes de classe » en périphérie de la métropole ;


• D’importer le modèle américain du consommateur dépendant [d’où le développement sur l’aire métropolitaine marseillaise des grandes surfaces commerciales (grand Vitrolles, Grand Littoral, La Valentine), visant à remplacer l’industrie défaillante ou plus exactement abandonnée].


DE LA NICOTINE A PLEIN POUMON : A chaque arrivé des bateaux de la C.M.A‐C.G.M, c’est de la nicotine à plein « poumon » (A Marseille, le port est considéré comme le poumon de l’activité économique) que reçoit l’économie Marseillaise.
A chaque porte container, qui débarque, c’est l’emploi industriel local qui est directement mis en concurrence avec les ouvriers chinois, dont le développement, à l’origine, est le résultat des investissements réalisé par des entreprises européennes…


NON A LA METROPOLISATION DES RAPPORTS SOCIAUX : le seul objectif des politiques qui se succèdent à Marseille et à Marseille Provence Métropole (de la droite libérale aux socio démocrates), c’est de transformer Marseille, ville portuaire, industrielle et populaire, en métropole de commandement du sud de l’Europe.
Pour cet objectif, ils sont prêts à tout vendre. La ville fleurit des mille chantiers urbains portés par les finances publics (Euroméditerranée) mais dont le seul objet final est de vendre la ville au privé.
C’est à ce titre que Lehmann Brother, banque américaine, depuis lors tombé en faillite, possédait la moitié de la Rue de La République. La métropolisation des rapports sociaux c’est :


• Quand l’industrie est abandonnée au profit des activités de négoce, et de commerce (plan de Campagne, La Valentine, Grand Littoral) et que la ville n’est plus qu’une vaste zone de chalandise, offerte aux marchands, d’où le travail du dimanche obligatoire visant à compenser les pertes des destructions d’emplois industriels ;


• Quand le « port industriel » se transforme en « grand port maritime privatisé » pour l’accueil des croisières et du tourisme de luxe (d’où le tramway allant des docks au centre ville) ;


• Quand les investissements publics ne se font qu’au centre ville, dénommé « hyper centre » et rien pour les prolétaires de la périphérie (emplois, salaires, logements) ;


• Quand le consommateur est la seule unité de compte de la réflexion politique, justifiant toutes les politiques de privatisation de l’énergie à la Poste, en passant par le transport, la propreté, la formation, la recherche, l’école etc.


• Quand le business des « tours de verre » se développe sur une précarité de masse (emplois, salaires, logement), développant de fait un R.M.I / R.S.A de masse ;


• Quand les cadres sont à la recherche de temps, de cohérence et de sens, tandis que les chômeurs sont à la recherche d’un emploi du temps, qui les fasse travailler et donne aussi un sens à leur vie ;


• Quand le « service public », devient, dans le temps d’un vote effectué par des députés godillots, un simple marché offert au profit, d’où la possibilité de supprimer la taxe professionnelle, annonçant de ce fait de nouvelles privatisations à venir…


C’EST LE MARCHE QUI PRODUIT LA CRASSE : jamais dans ces conditions, Marseille ne pourra être une ville propre, car c’est le marché qui crée la crasse (argent sale / Crédits pourris) et demande par la suite au service public de jouer les « nettoyeurs de l’impossible » (Poésie à consulter sur le site ugict.net).
La propreté d’une ville ne se mesure pas par sa capacité à ramasser les ordures (ménagères et autres…), mais dans sa capacité à construire des rapports sociaux qui mettent le citoyen au centre des décisions.
C’est la citoyenneté qui permet la propreté !
Cet aspect et cette approche nécessitent de fait un service public fondé sur la proximité à l’opposé des logiques de marché, qui fondent leur développement sur l’effet taille (taille critique suffisante pour le profit).


Nous lançons au patronat et aux forces politiques, le défi d’un débat public sur cette question.

Source : HNS info

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