Mayotte, la révolte qui dure, face à l'indifférence de Sarkozy

Publié le par dan29000

 

Révolte à Mayotte : « Le désintérêt inacceptable de la métropole »


Julie J.

Vingt-trois jours de confrontation sociale dans le département français de Mayotte, dans l'indifférence de la « métropole », et mercredi le premier mort dans les affrontements. « Un désintérêt inacceptable et meurtrier de la part de l'Etat », nous écrit une riveraine de Mayotte.

 

 

(De Mamoudzou) Voilà aujourd'hui 23 jours que Mayotte est en grève contre la vie chère. Ce que je vous soumet comme témoignage ne peut être qu'un point de vue, quoique le plus objectif possible, ainsi que de nombreux ressentis. Ce n'est par ailleurs qu'un résumé, tant les faits ont été nombreux ces dernières semaines.

Le mouvement a commencé à l'initiative de plusieurs syndicats et avec le soutien d'une partie de la population. Il était principalement concentré sur la capitale, Mamoudzou, et consistait à fermer les commerces.

La population demandait la baisse des prix sur des produits de première nécessité (riz, sardines, poulet, gaz par exemple). Le pouvoir d'achat est en effet plus bas que celui de la métropole, et les produits sont à des prix bien plus élevés.

Très rapidement, la tension est montée, accompagnée de violences, et des barages ont été érigés un peu partout dans l'île afin de bloquer les axes principaux. Il faut dire que Mayotte est très facilement « bloquable », et que cette action est souvent utilisée pour se faire entendre des élus et obtenir ce que l'on revendique.

Tensions sous-jacentes

Seulement, à côté de la « vie chère », d'autres tensions sous-jacentes à l'île sont ressorties, notamment celle du statut de département qui n'est pas appliqué à part entière, ou encore celle des inégalités entre différentes catégories de la population (avec l'amalgame de considérer tous les « Blancs » riches, ayant le pouvoir, et avec un comportement colonialiste).

Les médias se sont vite faits sensationnels selon moi, et la peur a commencé à envahir beaucoup de monde.

Progressivement, toutes les catégories de la population ont rejoint le mouvement. Une marche le jeudi 13 octobre a rassemblé des milliers de personnes, toutes unies et solidaires dans la lutte.

A côté de cela, l'Etat a fait le choix de renforcer les forces de l'ordre, ce qui n'a pas été perçu d'un très bon œil par les manifestants, le vivant comme une provocation. Ces forces de l'ordre avaient l'objectif de débloquer les axes de circulation, alors que c'était là même ce que voulaient faire les manifestants.

Très vite, des confrontations ont eu lieu, jet de bombes lacrymogènes, de grenades, et riposte des manifestants avec des cailloux. Après plusieurs jours de confrontations de ce genre, les forces de l'ordre ont laissé faire les manifestants qui ont fait des marches pacifistes, sans violence, et les routes n'étaient pas bloquées.

La ministre chargée de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a aussi fait plusieurs discours, dont un à Mayotte même, mais toujours très décevants selon la population, et orientés à des fins politiques.

Les négociations sans fins perdurent tous les jours, générant un climat plein d'attentes, les gens sont tendus, et ces négociations n'aboutissent jamais.

Nouvelle poussée de tensions

Le lundi 17, beaucoup croyaient sortir enfin de la « crise », et espéraient obtenir des propositions satisfaisantes de la part des grandes distributions et de l'Etat. Seulement, ces propositions ne l'ont pas été selon l'intersyndicale et une partie de la population, qui a appelé à continuer le mouvement. Les syndicats se divisent, et les revendications perdent parfois leur clarté.

Mardi, les tensions montaient, les feux se rallumaient dans l'île. Ce mercredi, de nouvelles forces de l'ordre sont arrivées, à nouveau. Les barrages ont été paralysés l'île dès le matin, un jeune homme est décédé ce mercredi après-midi.

La situation économique et sociale est désastreuse, de nombreuses petites
et moyennes entreprises sont proches de la faillite et de nombreux salariés
sont sur le point d'être licenciés.

Le climat est oppressant, les passions sont déchaînées et le peuple est en
colère. Où va-t-on ? Pourquoi l'Etat, qui gère des conflits de par le monde
entier, ne parvient-il pas à gérer de simples revendications au sein d'un
de ses départements ?

Pourquoi la population en France métropolitaine n'est-elle pas au courant de l'ampleur du conflit que l'on vit ici ? Il s'agit d'une guerre civile ! Mayotte, qui est depuis trois semaines en feu, est aujourd'hui en sang. Ici, on le vit comme un désintérêt inacceptable et meurtrier de la part de l'Etat.

Aller plus loin

 

Source : RUE 89

    Publié dans actualités

    Commenter cet article

    willycat 21/10/2011 20:27



    il est vrai qu'on s'en bat les noix de Mayotte.



    dan29000 21/10/2011 22:09



    l'exemple même du commentaire minable fait par un inconscient qui devrait plutôt poster sur les sites du FN ou du PSG



    Mitsuko 21/10/2011 17:44



    Je trouve qu'il est profondemment monstrueux que personne ne réponde à Mayotte


    Ce désintérêt est inacceptable ... Ils sont français comme nous et à ce titre, ils doivent avoir des réponses et ne surtout pas les laisser sans rien leur
    dire ou leur amener ce dont ils ont besoin ...


    Moi, ça me met en colère car ce sont nos compatriotes et personne ne fait rien ...


    Alors j'ai envie de demander, ils sont payés à quoi ceux qui doivent s'occuper de l'Outre-Mer ...



    dan29000 21/10/2011 20:09



    certes ils sont Français, mais il y a français et français, certains sont plus français que d'autres comme nous le disait parfois Coluche, les plus français étant généralement toujours blancs
    riches et parisiens...