Michaël Moglia, conseiller régional du Nord-Pas de Calais quitte le Parti socialiste

Publié le par dan29000

Démissionner… maintenant !



Vous êtes nombreux à m’interroger sur les raisons de ma décision de quitter le Parti Socialiste. Pour répondre à ces interrogations, je reproduis ci-dessous le contenu de l’intervention que j’ai faite hier matin devant mes collègues du Conseil régional. Une explication plus détaillée viendra dans la presse en début de semaine prochaine.

Je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui m’ont témoigné leur soutien ces derniers jours.

J’ai décidé de quitter le groupe « Socialiste, Citoyen et Radical ». J’ai au préalable pris la décision de quitter le Parti Socialiste et la conséquence est bien sûr ma démission du groupe Socialiste ici, en Région.

J’ai milité 23 ans dans ce parti : j’ai été responsable du Mouvement des Jeunes Socialistes dans ce département pendant 6 ans, Secrétaire National de ce même mouvement pendant 9 ans, et j’ai siégé 9 ans également au Conseil National du PS.

J’ai tout donné à ce parti avec les conséquences familiales, personnelles et professionnelles que cela implique.

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Je sais bien que cette démission du groupe Socialiste a des conséquences pour la vie de notre Institution. J’ai pris cette décision car, avec beaucoup d’autres, j’ai longtemps cru possible, notamment grâce à la démocratie interne de mon parti, d’ancrer le PS davantage à gauche, et j’ai enfin la lucidité (et il m’aura fallu 23 ans !) de constater que je me suis trompé. Depuis la victoire de mai dernier, nous ne faisons que reculer, abandonner, renoncer. Système d’attestation lors des contrôles d’identités, encadrement strict des dépassements d’honoraire des médecins, droit de vote des étrangers, limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises publiques : sur chacune de ces réformes, le Gouvernement a soit renoncé, soit reporté, soit affaibli leur contenu jusqu’à les rendre complètement inutiles.

Je n’accepte pas, alors que nous avons dénoncé avec force la TVA Sarkozy durant la campagne présidentielle, que celle-ci revienne sous une autre forme à l’occasion du rapport Gallois.

Enfin, la grande réforme fiscale – centrale dans le programme du candidat Hollande – ne sera probablement jamais mise en œuvre. La ligne du Gouvernement actuel porte un nom : l’austérité. Mais elle porte aussi un chiffre, comme une prison intellectuelle : les fameux « 3 % »

Il y a pour moi deux fautes majeures commise par le PS : n’avoir tiré aucun enseignement de la large victoire du NON contre le Traité Constitutionnel Européen de 2005. (J’étais partisan farouche du NON.) La seconde faute, plus récente, est le ralliement au traité Merkel-Sarkozy, largement pourtant rejeté par nos électeurs, traité imposant la « Règle d’Or », dont nous avions pourtant promis, il y a quelques semaines seulement, le rejet.

En réalité, l’Europe telle qu’elle est en train de se construire amène petit à petit les États à n’avoir plus aucune marge de manœuvre. Les politiques européennes pèsent sur les budgets des États, et puisque les Collectivités, privées de leur autonomie fiscale, vivent essentiellement des dotations de l’État, elles doivent désormais rogner sur leurs politiques. Voilà pourquoi, Président de la Commission des Finances, je ne peux cautionner la poursuite annoncée des baisses de dotations de l’État aux collectivités, après l’avoir dénoncée, au Conseil Régional et ailleurs, sans relâche pendant les cinq années de la présidence Sarkozy.

Alors une autre politique est-elle possible ? Évidemment, nous allons avoir deux jours de discussions autour des orientations budgétaires proposées par l’Exécutif ; l’objectif le mois prochain est bien d’avoir – qu’il n’y ait aucun doute dans mon esprit – un budget pour 2013. Pour que ce budget soit un budget de combat, un budget qui s’adresse prioritairement aux plus faibles de notre région, il nous faut engager un réel dialogue avec l’ensemble des partenaires de gauche présents dans notre hémicycle. Il faut chercher avec obstination le « talisman » de l’union, si cher à François Mitterrand, mais pour y arriver, il faut qu’il y ait discussions, échanges, que chaque partenaire de gauche soit écouté bien sûr, mais surtout entendu…

Je ferai tout ce qu’il est possible pour que nous y parvenions et je suis dans un état d’esprit complètement ouvert et positif.

 

 

SOURCE / BLOG DE MICHAËL MOGLIA, conseiller régional du Nord Pas de Calais

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