Michael Moore : Capitalisme : A love story" dans les salles

Publié le par dan29000

 Michael Moore s'est toujours mis en scène, alors son nouveau film sur les écrans depuis hier n'échappe pas à la règle, et parfois cela fatigue un peu. Même si le personnage est attendrissant et efficace dans son combat qui est juste.  Avec son sous-titre explicite This Time, It's Personal,  "Capitalism: A Love Story" assume cette dimension égocentrique. 
Parfois une belle séquence montre le père de Michael devant un immense terrain vague où se tenait  au siècle dernier,  l'usine automobile pour laquelle il travaillait.
En 1989, le réalisateur filmait le démantèlement de l'industrie automobile sur le territoire des Etats-Unis, raillant l'impuissance des syndicats, appelant à la révolte. Aujourd'hui, Michael Moore  possède la satisfaction masochiste du prophète de malheur à qui le temps a donné raison.
Dont acte. Il avait raison.
On découvrira donc, en début de film, les "polices de gueux morts" (dead peasant policies) que les grandes firmes américaines prennent sur la vie de leurs salariés, afin d'ajouter à leurs bénéfices commerciaux les revenus non imposables qu'apportent les décès prématurés de leurs collaborateurs ou la maison de correction du comté de Wilkes-Barre (Pennsylvanie), dont les gestionnaires rémunéraient les juges qui leur envoyaient de jeunes pensionnaires.  L'essentiel de l'argumentaire tourne autour du krach financier de l'automne 2008. Mais tout n'a-t-il pas déjà été dit ? Le capitalisme est en accusation, ce n'est pas nouveau, même aux USA.
La démonstration de Michael Moore n'apporte pas grand-chose de neuf. Mais on comprend qu' il est  aujourd'hui découragé. Certes il n'est pas le seul quand on voit à quelle vitesse le capitalisme peut se régénérer. La dernière séquence le montre en quinquagénaire fatigué, entourant le pâté de maisons de Wall Street d'un ruban jaune signalant le lieu du crime.
Bref un film à voir, mais peu original par rapport aux précédents. Peu mieux faire, Michael. Mais on t'aime tout de même. 

Le trailer est juste là : 1'58 en vo

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