Michel Onfray répond aux attaques de Roudinesco sur Freud

Publié le par dan29000

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Suite à la publication sur Mediapart du texte d'Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine?, consacré à une réfutation du livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Michel Onfray nous a adressé le texte suivant.


Roudinesco sur Onfray
Où l'on apprend ce qu'est la position du missionnaire...


Elisabeth Roudinesco a affirmé à un journaliste sidéré qu'elle allait créer une polémique planétaire contre moi, une polémique dont je ne me remettrai jamais! Tudieu! Quelle force de frappe! Quelle puissance pour une si petite dame qui croit pouvoir activer ses réseaux intergalactiques afin de pouvoir continuer à distiller son fiel, enseigner la légende, et puis, bien sûr, empocher les bénéfices de ce petit commerce (très) rentable... Pour ce faire, elle inonde internet d'un «communiqué d'Elisabeth Roudinesco» de dix-huit pages, celui qui fut envoyé à l'Agence France Presse (!), qui est un tissu d'insultes, de mensonges, de contre vérités qui la ridiculisent gravement plus qu'elles ne me nuisent. Elle a intitulé la chose: « Pourquoi tant de haine? (suite)». En effet: Pourquoi tant de haine?


Cette haine, on la cherchera en vain dans mon livre, on pourra également lire les entretiens, visionner les émissions de télévision, écouter mes conversations radiophoniques qui n'ont pas manqué avant même la parution du livre, sinon assister à mes séminaires de l'Université Populaire (où mon amie psychanalyste, Myriam Illouz, enseigne, à ma demande, la psychanalyse -car je crois, pour ma part, aux vertus de la saine confrontation, du dialogue intelligent pour que le public se fasse lui-même une idée juste) : on n'y trouvera aucune haine.


A moins d'estimer que célébrer les vertus de l'histoire contre la dangerosité de la légende ce soit manifester de la haine! Auquel cas, je ne peux rien faire et veux bien être traité de haineux par une femme qui fait de moi à longueur d'ondes, d'entretiens, de papiers, de discours, un nazi, un vichyste, un pétainiste, un compagnon de route des négationnistes, un révisionniste, un antisémite, un défenseur de l'idéologie de l'extrême droite française!


Dans ce «travail» de Madame Roudinesco qui met à jour toute l'épistémologie dont elle est capable, je me contenterai juste d'une remarque pour éviter de reprendre point par point ce chapelet d'insanités. Pas question en effet de répondre de manière circonstanciée et développée à cette phrase tellement ridicule qui prétend qu'avec Le crépuscule d'une idole, j'aurais fait de la psychanalyse «une science nazie et fasciste» (page 15)!


Pas question non plus de faire autre chose que rire à gorge déployée à la lecture de cette sottise crasse: parlant de Freud je l'aurais tellement admiré que je l'aurais lu dans «mon enfance» (quel talent!) en me masturbant (page 8) (quel autre talent!)...
Pas question de commenter le diagnostic digne d'un élève de terminale (après sa première leçon de psychanalyse dans son cours de philo...) concernant la «haine» (page 8) que j'aurais pour ma mère, une information prélevée dans La puissance d'exister un livre justement dédié... à ma mère!


Pas question de répondre à l'assertion que j'aurais lu Freud en cinq mois quand, dans la préface, je signale avoir commencé ma lecture en 1973 alors que, sans craindre la contradiction, elle prétend elle-même que son Mentor me servait à me tripoter dans les cabinets dans mon «enfance»...


Pas question de montrer que ce livre, prétendument «dénué de sources et de notes bibliographiques» (page 2) comporte une bibliographie de vingt pages, interligne «un», soit plus de 50.000 signes, et de faire remarquer que les notes ne sont pas en bas de page, mais derrière chaque citation tant il y en a, (quatre ou cinq par pages en moyenne...) , ce que précise la seule note en bas de page de mon livre (page 37)!


Pas question de relever le mépris venu des beaux quartiers parisiens que ses honoraires lui permettent d'habiter contre moi qui suis tout juste un goy terroir «du bocage de Basse-Normandie» (page 7).

Pas question de tourner le couteau dans la plaie en relevant les passages dans lesquels Madame Roudinesco défend les pédophiles et la pédophilie (page 12) et attaque ceux qui l'attaquent -dont moi qui préfère me trouver de ce côté-là de la barrière que du sien, pour ça comme pour le reste....


Pas question de raviver le prurit en commentant cette assertion que j'aurais écrit «la première biographie non autorisée de Freud (en) laissant croire que ne sont aujourd'hui disponibles que celle d'Ernest Jones et de Peter Gay, parues la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988» (p.2) alors que je renvoie, pour le travail le plus récent, aux presque mille pages intitulées Si c'était Freud... de Gérard Huber paru en août 2009 -mention donnée dans la bibliographie (p.584). Par ailleurs, je n'ai nulle part dit qu'il s'agissait d'une «biographie non autorisée»!


Pas question de préciser que, concernant la correspondance de Freud avec Max Eitingon (dont Madame Roudinesco écrit: il «ne la cite pas puisqu'il ne connaît pas le détail de cette affaire», page 11) se trouve être précisément à la base des développements des deux chapitres intitulés «Salut respectueux de Freud aux dictateurs» et «Le surhomme freudien et la horde primitive» avec un détail de l'analyse des lettres échangées entre les deux hommes pp.549-550. Le livre que je ne connais donc pas est mentionné dans cette fameuse bibliographie qui n'existe pas non plus page 590! On y lira: «Sur la question politique, sur celle des relations entre psychanalyse et national-socialisme, quelques lettres à Eitingon constituent une mine, Correspondance (1906-1939), traduction d'Olivier Mannoni, Hachette, 2009. Egalement indispensable pour approcher la machinerie de l'institution psychanalytique»).


Pas question de montrer mes quartiers de noblesse de gauche (la chose est connue publiquement, la dame le signale elle-même dans ce même texte en me présentant, sans craindre le ridicule d'affirmer l'exact contraire de sa thèse, comme «un freudo-marxiste» (page 1) pour réfuter l'assertion selon laquelle je «réhabilite le discours de l'extrême droite française» (idem)!


Madame Roudinesco qui fut longtemps stalinienne au Parti Communiste français a gardé les tics d'une pathologie qu'on ne soigne jamais: elle est toujours bel et bien l'éleveuse des vipères lubriques et des hyènes dactylographes, ces animaux d'un temps qui fut le sien, celui de sa gloire passée, mais c'était un temps où je n'étais pas encore né...

Juste une remarque: le fichier qu'elle diffuse d'une manière hystérique et compulsive sur le net et qui contient cette prose scientifique (dans le sens que Freud donnait à ce mot...) a pour titre : «Roudinesco sur Onfray»... Si j'étais psychanalyste, ce qu'à Dieu ne plaise, j'y verrai quelque chose comme un acte manqué qui trahit un désir inconscient! Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan – puisque c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les pathologies mentales, non?


Publié dans lectures

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Benoît Charuau 22/04/2010 14:40



Hélas, la pensée de M.Honfray n'est pas moins impulsive que celle de Roudinesco. Ses propos sont réactifs et puérils, bien peu dignes de l'exigence philosophique.


Sur ce sujet, je vous invite à onsulter mon blog : http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.ListAll&friendID=183005481



Gavroche 19/04/2010 20:44



Onfray, l’histoire et l’extrême droite


Dans la polémique entre Elisabeth Roudinesco et Michel Onfray, Guillaume
Mazeau,maître de conférences à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne nous a fait parvenir ce texte.


«Avant même sa parution, le dernier brûlot écrit par Michel Onfray contre Freud (Le crépuscule d'une
idole, Grasset), fait déjà l'objet d'un violent débat. Beaucoup de bruit pour rien? L'historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco n'exagère-t-elle pas en décrivant Onfray comme un
usurpateur qui réhabilite les thèses de l'extrême droite? Bien au contraire.
Les dérives de l'intellectuel médiatique ne sont pas nouvelles et méritent d'être portées à la connaissance du public. En 2009, Michel Onfray a publié une apologie de Charlotte Corday (La religion du poignard.
Eloge de Charlotte Corday, Galilée). Sortie dans une relative indifférence mais plutôt bien accueillie par les médias, cette histoire est pourtant historiquement médiocre et
politiquement scandaleuse. Dans ce brûlot truffé d'erreurs énormes, Onfray veut montrer que Charlotte Corday peut aujourd'hui inspirer ceux qui lassés d'une gauche impuissante et rongée par les
luttes fratricides, restent fidèles à l'action et à la vertu. Marat, censé personnifier cette gauche dévoyée, est stigmatisé comme un charlatan, un fou et un dictateur... clichés colportés par
l'extrême droite depuis deux siècles. En les reprenant, Onfray ignore superbement les dizaines de travaux scientifiques publiés depuis une quarantaine d'années et qui ont contredit cette image.
Presque à chaque page, le lecteur se voit infliger les citations les plus haineuses, inventées de toutes pièces. Ainsi, Marat n'a évidemment jamais dit «je voudrais que tout le
genre humain fût dans une bombe à laquelle je mettrai le feu pour la faire sauter» (p. 27)... Non, les élites politiques de la Révolution n'étaient pas toutes corrompues. Non, les
sans-culottes ne peuvent pas être décrits comme des cannibales ni comme des sauvages. Comment Onfray peut-il réduire la Terreur à une immense giclée de sang due à des meurtriers en série
comme Marat ou Sade (chap. 9)? Surtout, jamais Charlotte Corday n'a été athée ni libertaire, mais une noble défendant une conception conservatrice des rapports sociaux et de la religion! Michel
Onfray se rend-il compte que la quasi-totalité de ce qu'il dit provient de Mémoires ou d'écrits apocryphes pour la plupart publiés au 19e siècle par l'historiographie catholique et royaliste?
Mais est-ce un hasard? La Charlotte Corday qu'Onfray cherche à ériger en modèle n'a jamais existé... sauf sous la plume des déclinistes proches de la droite fascisante qui comme Onfray
aujourd'hui, suggéraient qu'il était possible de sortir de la crise des années 1930 à coups d'antiparlementarisme et d'appels à la violence. Lorsqu'elles sont commises par un des auteurs les plus
médiatiques et les plus aimés du grand public, ces révisions de l'histoire et ces dérives idéologiques sont susceptibles d'être dangereuses. Elles doivent donc être dénoncées avec la plus grande
fermeté.»


Guillaume
Mazeau, maître de conférences à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne,


Institut d'Histoire de la Révolution française et membre du CVUH.


Auteur du Bain de l'Histoire.
Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (1793-2009), Seyssel, CHazmp Vallon, 2009. 



dan29000 19/04/2010 21:29



merci  pour ce com., nos lecteurs seront juges de l'ensemble des attaques, orchestrées sans doute, contre Onfray. Notre site, depuis ses débuts, soutient l'action de Michel Onfray et de son
université populaire, nous n'allons pas changer d'avis face à la meute qui semble s'organiser en ce moment...Sans doute un phénomène de mode, sur lequel nous reviendrons en temps utile.


S'il fallait une petite preuve à cette campagne orchestrée contre Onfray, c'est la première fois que notre site, dans la meme journée, ce lundi, reçoit de deux sources différentes, le meme
article...Pur hasard surement !!!?



Thomas 19/04/2010 02:32



Onfray, l'histoire et l'extrême-droite par Guillaume
Mazeau, maître de conf à Paris 1 

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/180410/onfray-l-histoire-et-l-extreme-droite