Midi-Pyrénées : Martin Malvy (PS) sous-traitant de la politique de Sarkozy

Publié le par dan29000

Budget 2012 de la Région

Martin Malvy sous-traite en Région

la politique libérale de Fillon et Sarkozy

 


Le NPA Midi-Pyrénées appelle les élus de gauche de l’assemblée régionale à voter contre le budget 2012 présenté par son président, Martin Malvy, le 24 novembre dernier, et qui sera soumis à leur vote définitif le 22 décembre prochain.

Cela pour trois raisons : la première, d’ordre général, valable dans toutes les Régions, concerne le financement indu sur fonds publics des profits privés des actionnaires des multinationales implantées dans notre Région ; les deux autres, d’ordre local, concernent la participation de la Région au financement du projet écologiquement désastreux et socialement injuste de la LGV Toulouse-Paris, et l’abandon par la Région de l’objectif de la gratuité des manuels scolaires des lycéens, pourtant au programme de Martin Malvy depuis 2004.

 

 

1. Cessez de subventionner les patrons

« Le soutien aux TPE et PME se poursuivra grâce au déploiement du Schéma régional de développement économique (SRDE). Un fonds d'amorçage pour les entreprises innovantes doté de 30 M€ sera également lancé début 2012 en partenariat avec la Caisse des dépôts », rapporte La Dépêche du 25 novembre, rendant compte du discours de Martin Malvy lors de l’assemblée plénière de la veille.

Voilà que vont être dilapidés 30 M€ pour un « fonds d’amorçage » aux PME et TPE « innovantes », inclus dans les 103 M€ (8,5 % du budget) d’aides et de subventions que la Région octroie cette année aux « entreprises » qui aboutissent tous… dans les poches des actionnaires des grandes entreprises des « pôles de compétitivité », l’avionneur EADS-Airbus, les trusts pharmaceutiques Sanofi et Pierre Fabre qui tirent sur les prix des commandes et étranglent les PME et TPE régionales qui travaillent à 95 % pour elles, celles-ci répercutant leur manque à gagner sur leurs propres travailleurs payés de salaires de misère.

Élus de gauche de Midi-Pyrénées, voter ces 30 M€-là, comme les autres millions d’euros d’« aide aux entreprises », c’est conforter les bénéfices de nos pires adversaires, les grands capitalistes amis de Nicolas Sarkozy. C’est à eux, qui ont fait des milliards de bénéfices, d’« aider » et de « subventionner » les « amorçages » des innovations des PME et TPE. Ce n’est pas aux contribuables midi-pyrénéens de payer leur facture. Votez contre !

2. Préservez la planète et refusez de financer les rapaces de Vinci

« Le versement de la première partie du financement de la Ligne Grande Vitesse Tours-Bordeaux, préalable à la ligne Bordeaux-Toulouse, a été approuvé […], avec le soutien du groupe Osons-Midi-Pyrénées, qui se réjouit de l’avancée de ce projet dont l’aboutissement devrait se situer en 2020. »

C’est en ces termes que les élus UMP de la Région, satisfaits, rendent compte sur leur site de la commission permanente du conseil régional du 29 septembre 2011.

Que ceux-là approuvent une « convention de financement » de la Région Midi-Pyrénées de 100 M€ d’ici 2020 (10 M€ par an) pour construire une ligne ferroviaire privatisée dès sa gestation pour 60 ans au profit de Vinci, se fichent comme d’une guigne de la destruction de villages en Tarn-et-Garonne, de la dévastation de milliers d’hectares de terres agricoles, de forêts et de pâtures, en Midi-Pyrénées, Aquitaine, Limousin et Pays poitevin, est tout à fait dans l’ordre politique des choses. Les actionnaires de Vinci font partie du « premier cercle » des adhérents de l’UMP cotisant à 7 500 € l’an.

Mais que les élus de gauche midi-pyrénéens (à l’exception d’EELV qui a voté contre et du Front de Gauche qui s’est abstenu) leur emboîtent le pas est tout simplement contradictoire avec le programme politique de 2010 de Martin Malvy qui disait s’opposer à la privatisation du transport ferroviaire voyageurs programmée par l’Union européenne à partir du 1er janvier 2012. Contradictoire avec ses engagements de campagne électorale de préserver la planète et de réduire l’empreinte écologique.

Car, on le sait, la démonstration technique en a été faite par des centaines d’associations écologistes et de défense de l’environnement, de Poitiers à Toulouse, en passant par Limoges, le projet LGV pour mettre Toulouse à 3 heures et 5 minutes de Paris est socialement injuste et écologiquement désastreux, quand l’aménagement de la ligne existante POLLT en train pendulaire, qui couvrirait la distance en 4 heures, coûterait dix fois moins cher et diviserait par cent la facture écologique.

Élus de gauche de Midi-Pyrénées, voter ces 100 M€-là, c’est faire chorus avec la droite en Midi-Pyrénées. Votez contre, comme les élus Terre de Gauche en Limousin, et les élus de gauche en Poitou-Charente !

3. Défendez la gratuité de l’École publique   

Cerise sur le gâteau du budget 2012, Martin Malvy demande aux élus de sa majorité régionale de mettre sous conditions de ressources des familles l’aide aux lycéens (le chéquier-lecture) qui comble en partie les frais d’achat des manuels scolaires. En contradiction totale avec ses engagements de 2010 (« Nous l'avons fait, nous continuerons : la gratuité des livres scolaires avec le chéquier lecture dont bénéficient chaque année 118 000 lycéens et apprentis », page 4 de son programme électoral).

S’il est un domaine sur lequel tout élu de gauche se doit de tenir ferme sur les principes, c’est bien la gratuité de l’École. C’était l’engagement pris par Martin Malvy lors du transfert de compétences État-Région sur les lycées en 2004, il y a sept ans, répété personnellement à chaque séance des conseils d’administration des lycées de Midi-Pyrénées par les conseillers régionaux qui y siègent comme administrateurs.

Ce choix budgétaire honteux du président Malvy a fait l’objet d’un avis négatif unanime du CESER (Conseil économique, social et environnemental régional), le 21 novembre dernier, à la suite d’une intervention de son vice-président, représentant de la FCPE Midi-Pyrénées. Ici, le communiqué de la FCPE.

Élus de gauche de Midi-Pyrénées, suivez l’avis du CESER. Votez contre la mise sous conditions de ressources du chéquier-lecture et proposez une ligne budgétaire garantissant la gratuité totale des manuels scolaires !

Pour conclure (provisoirement)

Martin Malvy prétendait en 2010, lors de la campagne électorale des régionales, ériger la Région en « contre-pouvoir » du pouvoir sarkozyste. Son budget 2012 est en complète contradiction avec ses promesses. Il appartient à ses colistiers de premier tour, aujourd’hui conseillers régionaux du PS, du PRG, de la société civile, de le lui rappeler, en votant contre des mesures budgétaires qui déclinent en Région les politiques anti-sociales et anti-écologiques prônées par la droite, et approuvées par les élus UMP midi-pyrénéens.

Il appartient aux élus du Front de Gauche, promoteurs de la « révolution par les urnes » lors de la campagne de 2010, de passer aux actes en ne se contentant pas d’une abstention mais en émettant un clair vote contre d’opposition de gauche à Martin Malvy.

Il appartient aux élus EELV, qui ont mené campagne en 2010 promettant de mettre le social et l’économique sur le même plan que l’écologie, de ne pas s’en tenir seulement à leur opposition au financement de la LGV en commission permanente, mais de traduire cette opposition par un vote contre le budget 2012 qui enregistre ce financement

 

 
 
12 décembre 2011,

pour le NPA Midi-Pyrénées,

Myriam Martin, porte-parole

Publié dans actualités

Commenter cet article