Montreuil : dur dur d'être salarié à la CGT, déni de reconnaissance et entrave à l'activité syndicale

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cgt.gifFronde de la CGT au siège de... la CGT

 


"Il y a maintenant urgence. Les personnels en ont assez d'attendre. (...) Ils en ont assez du déni de reconnaissance et de l'entrave à l'activité syndicale." Les mots sont cinglants, à la hauteur de la gravité des reproches énoncés. Mais s'ils émanent de syndiqués de la CGT, ils ne s'adressent pas à une entreprise du CAC 40 ou à une quelconque PME accusées de maltraiter un syndicat. Ils figurent dans une "adresse à la direction confédérale" de la CGT, en date du 17 novembre, signée par le syndicat CGT des personnels de la confédération, des associations et organismes, qui compte une soixantaine de salariés. Du jamais-vu au siège de la CGT à Montreuil !



Réunis en assemblée générale, le 16 novembre, les personnels techniques et administratifs, les conseillers, les chargés de mission, les animateurs d'espace et les élus du personnel de la confédération CGT ont exprimé fortement leur malaise. Ils ont rappelé que, le 9 novembre 2009, à la veille du congrès de la CGT, le bureau confédéral, répondant déjà à une lettre ouverte des personnels, avait proposé "la construction d'un vrai projet commun sur l'organisation du travail, le contenu du travail, la définition du rôle et de la place de chacun". Un an après, ce "travailler ensemble" est resté lettre morte.

"Délit d'entrave"

"En lieu et place d'un dialogue constructif qui permettrait de trouver des solutions au mal-être et à la souffrance au travail, souligne l'adresse, nous constatons la multiplication des arrêts maladie, des demandes de mutation, de démissions, etc. Un climat de défiance s'est installé." Le texte accumule les griefs : "délit d'entrave et remise en cause de l'accord d'entreprise" ; "une administration de plus en plus agressive" ; des négociations sur l'organisation du travail "qui se réduisent" au stress ; de "multiples problèmes" dans divers secteurs de la confédération - du journal Le Peuple à la formation syndicale en passant par l'informatique -, et là où les salariés "n'osent pas en parler".

Les frondeurs n'agitent pas la menace de se mettre en grève mais se disent "à bout de patience". "Nous devons sortir de cette impasse !", écrivent-ils. Pour mettre fin à une "situation de plus en plus insupportable", ils jugent "indispensable d'assurer des rapports sociaux de qualité, de loyauté, de respect et aussi de reconnaissance vis-à-vis des salariés des organisations CGT".

Usant d'un vocabulaire inhabituel à la CGT, le syndicat presse la direction d'être "garante de la paix sociale dans le fonctionnement de la maison confédérale" et veut rencontrer le "patron", Bernard Thibault, qui devait le recevoir lundi 6 décembre. Pour la direction, "le personnel a exprimé légitimement ses préoccupations". "On n'est plus dans le conflit, ajoute-t-on, on est dans un processus de travail. On ne sait pas si le personnel sera satisfait de toutes nos réponses, mais on y travaille." Au siège de la CGT, il va falloir aussi expérimenter l'art du compromis.


Michel Noblecourt
Article paru dans l'édition du 07.12.10

Source : Le Monde.fr 

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jimmy12 08/12/2010 15:41



ben oui, c facile de donner des leçons aux patrons, mais moins facile de se comporter correctement avec ses propres salariés, on est qu'a demi surpris hélas...