Montreuil : Dominique Voyent réquisitionne une usine désaffectée pour loger les Sorins

Publié le par dan29000

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Nous ne sommes pas toujours « tendres » avec la gestion municipale de l’équipe Verte et citoyenne de Montreuil (Pourquoi devrions nous l’être d’ailleurs ? Nous critiquons ce qui nous paraît critiquable et nous défendons ce qui nous paraît positif. Tout simplement)

Mais il y a des jours comme ça, où nous sommes fiers d’être adhérentEs VertEs.

Surtout si, en comparaison, on se souvient de la façon dont le maire PC précédent avait, il y a 15 ans, expulsé les résidents maliens du Foyer Nouvelle France. Sept fois, Jean-Pierre Brard – qui voudrait aujourd’hui qu’on oublie ce passé peu reluisant – sept fois, il avait envoyé les CRS contre ces pauvres gens. Je m’en souviens comme des coups de matraque que j’avais reçus (en protégeant les Africains qui faisaient la prière … eh oui, tout arrive).

Surtout quand, en comparaison, on sait la façon dont Marc Everbecq maire PC a expulsé au bulldozer les Africains du 92 rue Victor Hugo (en février 2010 par moins 5° dans la tempête de neige) et du 178 rue Robespierre (cet été).

Surtout si l’on sait, en comparaison, que les Sorins viennent de se voir signifier – à la demande du conseil général, présidé par Claude Bartolone (PS) - une expulsion du terrain du Boulevard Chanzy où ils avaient trouvé refuge.

Dominique Voynet, maire Verte de Montreuil,  a donc réquisitionné une usine désaffectée pour héberger les Sorins.

 Bravo Dominique.

Il y a des jours comme ça a du sens d’être écolo.

Pierre Mathon

Manif Montreuil 31juil11-14

Manifestation à Montreuil le 31 juillet 2011 après l’expulsion des Sorins

 

L’article du Parisien ce jeudi 22 décembre 2011 :

« MONTREUIL

200 ex-squatteurs trouvent refuge dans une usine désaffectée

Expulsables depuis la semaine dernière du stade de football de Montreuil qu’ils occupaient depuis presque quatre mois, hébergés temporairement par la ville au gymnase Henri-Wallon, le 250 anciens squatteurs de la rue des Sorins ont finalement trouvé un toit pour l’hiver. Et cette fois-ci, c’est la mairie qui a pris les devants en réquisitionnant jusqu’au 15 mars une usine désaffectée de 650 m2 située rue des Pavillons, dans le quartier Villiers-Barbusse.

Hier matin, la maire écologiste Dominique Voynet est venue rendre visite aux 190 adultes célibataires qui sont arrivés là il y a quelques jours – les familles et les enfants sont hébergés dans un autre lieu tenu secret – et a pu mesurer l’avancée des travaux. Car pour les accueillir dans des conditions d’hygiène et de sécurité acceptable, la ville a décidé d’acquérir et d’installer du mobilier modulaire, du même type que celui utilisé par les associations humanitaires.

Dans l’ancien atelier de menuiserie – propriété de l’office HLM de la ville qui prévoit à terme de le démolir pour construire des logements sociaux -, un bloc sanitaire composé de 11 douches, 10 WC et d’une batterie de lavabos a été aménagé en moins d’une semaine. « Nous avons aussi installé par sécurité un réseau électrique tout neuf et une chaufferie à air pulsé. Une cuisine a également été aménagée dans un local séparé et les bouteilles de gaz ont été sorties à l’extérieur détaille Sadri Ben Mlouka, l’entrepreneur qui a dirigé l’installation en coopération avec le directeur de la tranquillité publique, Denis Hochard.

« Je ne voudrais pas que l’Etat se dédouane de ses responsabilités
DOMINIQUE VOYNET (EELV), MAIRE DE MONTREUIL

Hier, des ouvriers s’affairaient encore pour réparer les fuites sur le toit et aménager une mezzanine de 300 m2 pour augmenter le nombre de couchages et de rangements.
« C’est l’hiver et il me paraissait urgent de vous mettre à l’abri, a expliqué hier Dominique Voynet aux anciens squatteurs, originaires de onze pays d’Afrique et pour les trois quarts sans papiers. Mais des logements, je n’en ai pas. Je ne voudrais pas que l’Etat se dédouane de ses responsabilités. »

Porte-parole des Sorins, Issa Cissé salue « un geste humanitaire dont on ne peut que se réjouir. Maintenant, nous attendons l’Etat pour le relogement de tout le monde et la régularisation des sans-papiers ».
En attendant, la maire a demandé aux ex-squatteurs d’être très attentifs à a sécurité du lieu, les implorant de ne pas fumer dans les locaux. « J’engage ma responsabilité personnelle dans cette affaire, a-t-elle rappelé. Si ça brûle, vous perdez vos vies et je vais en prison. »

Les anciens squatteurs devraient bientôt signer une convention d’occupation et devraient recevoir les conseils logistiques des travailleurs migrants du Centenaire, qui gèrent eux-mêmes leur lieu de vie depuis maintenant quinze ans.
JULIEN DUFFÉ

REPÈRES

- 30 juillet 2011. Sur décision du préfet, qui applique une décision de justice, les CRS évacuent 220 squatteurs installés depuis quatre ans dans une ancienne imprimerie du 94, rue des Sorins, à Montreuil. C’est la fin du plus grand squat du 93.

- 25 août. Après trois semaines passées sous des tentes et des bâches dans le square de la place de la République, les ex-squatteurs installent leur campement autour du stade de football André-Blain, boulevard Chanzy.

- 15 décembre. Saisi par le conseil général, propriétaire du terrain, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil ordonne l’expulsion des squatteurs. Le jour même, la maire, Dominique Voynet, décide de mettre à disposition le gymnase Henri-Wallon en raison des conditions météo. 

Légende photo :

MONTREUIL, HIER. Alors que 190 adultes célibataires sont installés dans cette usine désaffectée depuis quelques jours, les travaux se poursuivent pour améliorer les conditions de sécurité et d’hygiène des lieux.

 

Source : Bagnolet en vert + Le parisien

 

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