Neuilly-sur-Marne (93) : un centre d'hébergement réquisitionné par des SDF

Publié le par dan29000

Des SDF réquisitionnent leur centre d'hébergement

Aurélie Champagne | Journaliste Rue89
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Une cinquantaine de sans-abri hébergés par le 115 occupent depuis sept heures, ce mercredi, leur centre d'hébergement d'urgence, à Neuilly-sur-Marne (93).

Au petit matin, une dizaine de militants de l'association Droit au logement et monseigneur Jacques Gaillot sont venus leur apporter leur soutien.

Occupation d'un centre d'hébergement d'urgence

Neuilly-sur-Marne, le mercredi 28 mars

Ces sans-abri ont tous trouvé refuge dans ce pavillon vieillot de l'hôpital psychiatrique Ville-Evrard au cours de l'hiver. Ils ont entre 25 et 50 ans. Certains sont sans-papier, d'autres souffrent de problème de santé. Tous sont sans recours de logement, à quelques jours de la fin de la trêve hivernale, fixée au 2 avril prochain.

Ce mercredi matin, une quinzaine de travailleurs pauvres hébergés par le 115 sont partis travailler. Ndiaga, 38 ans, a décidé de manquer sa formation de conducteur routier. Idem pour Guillaume, 41 ans, actuellement en formation d'ingénieur système et réseau dans un IUT des Yvelines :

« Faut bien, c'est trop important. »

A côté, Daniel, 47 ans, et Koné, 35 ans, ont tous deux été expulsés de leur domicile à l'automne dernier et ne disposent d'aucune ressource.

Les pouvoirs publics rappelés à l'ordre par le Conseil d'Etat

Les hébergés protestent contre leur prochaine remise à la rue et demandent l'application de la loi.

Le 10 février dernier, le Conseil d'Etat a en effet rappelé à travers un arrêt jugé « historique » par le DAL, qu'il appartient aux autorités de l'Etat de proposer des solutions aux personnes à la rue à l'issue de leur prise en charge hivernale.

Faute de quoi, toute « carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut […] faire apparaître une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».

Pour monseigneur Jacques Gaillot, ancien évêque d'Evreux proche du DAL, « il s'agit simplement d'appliquer la loi ».

« A titre symbolique »... et pour faire des émules

« C'est une opération à titre symbolique », dit Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL : elle relance la question du logement, très peu présente dans la campagne.

Les sans-abri comme les militants espèrent que cette opération provoquera un effet boule de neige, amenant d'autres occupations de centres d'hébergement.

En attendant des négociations avec le préfet et les pouvoirs publics, le café chauffe et tout ce petit monde s'installe le plus confortablement possible, malgré le manque de place et de chaises.

 

 

Source : RUE 89

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