Notre Dame des Landes : ce samedi, manifestations partout contre l'aéroport de Vinci-Ayrault

Publié le par dan29000

photos-25 6404NDDL : Nombreuses manifestations contre l’aéroport le 8 décembre

 


  

Une journée d’action a été décidée par les opposants à l’aéroport pour exiger « l’arrêt immédiat » du projet, et prendre pied dans la brèche qu’ouvre le flottement du gouvernement devant la détermination des oppositions et leur montée en puissance. Les manifestations appellent non seulement à s’opposer à l’aéroport, mais aussi aux projets d’aménagement locaux ou régionaux qui suscitent une forte controverse locale, et autour desquels la contestation anti-aéroport fait tache d’huile.

 

 

 

Cinq manifestations prévues en Bretagne


A Nantes, la grande manifestation partira à quinze heures de la place Bretagne. Un lieu doublement symbolique, d’abord, parce que la contestation est d’abord une lutte Bretonne, ensuite, parce que la Tour qui domine la place a été construite à peu près au même moment qu’était initié le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. En effet, elle a été imaginée en 1966 par l’architecte Claude Devorsine et construite de 1971 à 1976, alors que le site de Notre-Dame des Landes fut choisi en 1967  pour accueillir l’aéroport.  C’est donc d’une place dont le visage actuel est hérité du martyre subi en 1943-44 par la capitale de Bretagne et de l’élan qui la porte depuis – une ville pour laquelle tout semble possible – qu’un cortège s’élancera pour dénoncer en vrac un « mode de vie toujours plus encadré et contraint, tourné vers le seul profit », une « échelle urbanistique toujours plus grande » et un projet d’aéroport qualifié de « délire de développement de barons locaux vieillissants ».

Ailleurs en Haute-Bretagne, à Assérac (Azereg, 44), un concert de soutien aux occupants de la ZAD aura lieu à 19 h salle Fontaine. A Fougères (Felger, 35), c’est le 2e rassemblement contre l’aéroport, façon pardon Breton. Le point de rassemblement est fixé à 14h à la Préfecture, d’où partira une « procession » dans les rues de l’altière place forte des Marches de Bretagne, pour aller « offrir à Notre Dames des landes , un hommage , une place, une porte , une rue…. dans notre chère ville ». Ajoutons par ailleurs qu’en prélude aux manifestations du 8 décembre, le traditionnel rassemblement de soutien aux opposants à l’aéroport, qui se tient chaque vendredi à Châteaubriant (Kastell-Briant, 44), autre forteresse des marches de Bretagne, est maintenu (lire sur Châteaubriant Actualités).

En Basse-Bretagne, une action de sensibilisation est prévue à 9h sur le marché de Carhaix (Karaez). Enfin à Brest, les collectifs du département, qui envisagent de s’unir, organisent un rassemblement à 11 h place de la Liberté. Nous avons reçu l’appel à manifester « contre les projets nuisibles », en « soutien aux expulsés » et pour « l’arrêt immédiat du projet d’aéroport à NDDL ». Le rassemblement dénoncera aussi d’autres projets « nuisibles et inutiles » pour l’environnement, tels que « la centrale à gaz à Landivisiau, la rocade sur la vallée du Restic à Brest, la  Zone Artisanale de Daoulas, le centre de formation du Stade Brestois à Plougastel ».

Les autres départements Bretons sont très représentés dans la contestation contre l’aéroport, et parmi les soutiens et les occupants du site. Une carte des comités de soutien vient de paraître. Pour la seule Bretagne, on dénombre 23  collectifs. Dans le Finistère, Brest, Quimper, Pont l’Abbé, Concarneau, Riec sur Belon et Carhaix ont des comités locaux, qui s’apprêtent à se regrouper en un comité unique. Dans le Morbihan, quatre structures, à Lorient, Pontivy, Vannes et Questembert. Deux dans les Côtes d’Armor, Guingamp et Saint-Brieuc. Quatre en Ille-et-Vilaine (Rennes, Redon, Saint-Malo, et le comité de Fougères non présent sur la carte). Sept en Loire-Atlantique (Châteaubriant, Saint-Nazaire, Orvault, Nantes, Clisson, le Loroux, Vallet). Fort soutien Breton qui se retrouve aussi sur place, où l’on trouve plus de voitures immatriculées en Finistère qu’en Anjou ou en Vendée. Sur l’ensemble de la France, on trouve des collectifs de soutien dans les Cévennes, l’Aveyron, la vallée du Rhône (Aubenas, Crest, Valence, Romans, Vienne, Lyon…), la Provence (Marseille, Toulon, Draguignan, Nîmes, Avignon), le grand Sud-Ouest (Charente, Gers, Gironde) et les départements limitrophes de la Bretagne (Anjou, Vendée, Perche, Val de Loire et Normandie).


D’autres manifestations ailleurs en France


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avoie), une manifestation part à 14 h de la Préfecture. A Châlons sur Saône, à 18h, un rassemblement est prévu pour écrire, avec force bougies, l’opposition à l’aéroport. Un rassemblement a lieu à Saint-Etienne (Loire) à 14 h place Jean Jaurés. A Lyon, manifestation à 13 h 30 place Bellecour contre trois « projets inutiles », le TAV (TGV Lyon-Turin), le stade de l’Olympique Lyonnais à Décines et l’aéroport de Notre-Dame des Landes. A Montpellier, rassemblement à 14 h devant la maison de la Démocratie. A Paris, la manifestation part du métro Belleville à 14h et s’opposera aussi au projet du nouveau centre de formation du PSG, qui prévoit d’avaler 60 hectares de terres agricoles céréalières vers Poissy (78), à Marseille, elle débute au kiosque à musique des Réformés sur la Canebière à 17h, à Valence, un rassemblement est prévu à 10 h place des Clercs et les habitants de Besançon braveront, à partir de 15 h 30 sur la place du 8 septembre, le froid polaire et la neige qui sévissent neuf mois de l’année en Franche-Comté pour informer la population et s’opposer à l’aéroport.

A Mulhouse, rue du Sauvage à 11h, une manifestation s’opposera tout à la fois à Notre-Dame des Landes, la prison départementale qui suscite une forte opposition à Lutterbach, les déchets ultimes très polluants enfouis une vieille mine de potasse par la société Stocamine  et le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. La manifestation appellera aussi à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Debout la République s’invite dans le débat politique

Après Lutte Ouvrière, le Parti de Gauche, le Front National et l’UDI de Borloo, voilà DLR, Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan qui entre dans le débat en invitant l’association britto-angevine d’usagers des réseaux ferrés Nexus  – opposée au projet – et l’ACIPRAN, favorable au projet d’aéroport à présenter leurs deux projets et à débattre en présence du porte-parole national du parti, Jean-Pierre Enjalbert. La rencontre, à 10 h au salon Duchesse Anne de l’aéroport Nantes-Atlantique, sera suivie d’une conférence de presse où DLR ébauchera des pistes « afin que chacun puisse sortir la tête haute » du conflit.

Schizophrénie au front de gauche

En ce qui concerne l’aéroport, le Front de Gauche est déchiré entre schizophrénie et opportunisme politique. Son leader politique Mélenchon, voyant qu’il y avait par le soutien aux opposants moyen de sortir du néant politique où sa défaite aux législatives contre Marine le Pen l’a plongé, a rejoint haut et fort la lutte, suscitant au passage une forte méfiance – c’est un euphémisme – des militants et paysans. Mais au Front de Gauche, si le leader charismatique est Mélenchon, il ne s’appuie que sur un petit parti, le Part de Gauche (PG), qui revendique 12.000 adhérents et tourne autour des 10.000 à jour de cotisation. Le gros des militants et des bastions politiques se trouve au PCF (138.000 adhérents revendiqués, 70.000 à jour de cotisation); l’appui syndical est, lui, du côté de la CGT (650.000 membres). Or, au niveau national, le PCF est à fond pour l’aéroport, vu comme une « chance de développement pour le Grand Ouest« . Soit dit en passant, le PCF ignore allégrement la Bretagne, l’Anjou, le Maine, le Poitou, ce que Marx qualifiait de « vestiges des nationalismes locaux petits-bourgeois« . Quant à la CGT, elle en est à demander un « chantier exemplaire » en terme des droits des salariés.

Mais voilà. La schizophrénie a ses limites, et localement, les sections du PCF tendent à s’éloigner des consignes de Moscou, enfin de Paris, et s’aligner sur leur base, plutôt opposée à l’aéroport propulsé par des barons locaux socialistes auxquelles l’opposent de vieilles méfiances mal éteintes. La fédération PCF de Vendée a demandé un « moratoire » sur le projet, emboîtant le pas avec celle du Maine-et-Loire à la fédé du Morbihan qui l’a demandé la première en mai 2012, la section PCF du Sud-Finistère s’est prononcée contre le 14 novembre, et maintenant la fédé de Sarthe s’est aussi ralliée à l’opposition à l’aéroport, en dénonçant dans un communiqué paru le 3 décembre « les violences et les intimidations répétées à l’encontre des opposants à ce projet » et le « gaspillage des fonds publics » qui arriverait si l’aéroport voyait le jour. Seule la fédération PCF de Loire-Atlantique tient bon dans le camp du oui, même si ses élus ne sont pas tous favorables à l’aéroport et bien des militants sont « pensifs, sceptiques, voire carrément contre ce projet« , comme nous le confie l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat.

 

 

SOURCE/ BREIZHJOURNAL

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