Notre Dame des Landes : nombreux blessés, désinformation du Préfet et récit de l'équipe médicale de la ZAD

Publié le par dan29000

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Photo : danactu-resistance

Notre-Dames-des-Landes : le récit accablant de l’équipe médicale


Après les affrontements particulièrement violents du week-end, les opposants au projet d’aéroport dénombrent « une centaine de blessés ».



Des dizaines de personnes convergaient à nouveau lundi matin vers « la Châtaignerie », à Notre-Dames-des-Landes, pour soutenir les opposants au projet d’aéroport, qui ont réinvesti des cabanes évacuées vendredi 23 novembre. Une quarantaine de tracteurs sont enchaînés autour de ce terrain appartenant à un agriculteur qui n’a pas encore été exproprié.

Après un week-end de violence, les forces de l’ordre sont de nouveau intervenues sur le site pour « déblayer des gravats » d’une ferme détruite vendredi (le Rosier), selon la préfecture citée par l’AFP. Les gendarmes mobiles se sont déployés en début d’après-midi autour des « barricades du Far West », qui bloquent la route départementale D42 depuis près de trois semaines.


Au terme des affrontements violents qui ont eut lieu samedi, la préfecture de Loire-Atlantique dénombrait 4 blessés du côté des opposants et 2 parmi les gendarmes. Le cas d’un CRS blessé par un jet de pavé faisait, quant à lui, le tour des médias samedi.

L’équipe médicale de la Zad présentait, samedi 24 novembre, un bilan nettement différent. Extrait du communiqué :

« Nous avons atteint aujourd’hui un pic de violence avec une centaine de blessé(e)s, dont une trentaine graves pris en charge à l’infirmerie de l’équipe médicale établie à la Vache rit, l’une des nombreuses équipes de soins sur la zone.

On dénombre une vingtaine de personnes touchées par des éclats de grenades assourdissantes, aux jambes, aux bras, à la lèvre, au bas-ventre. Ces bouts métalliques ou plastiques entrent dans les chairs, on peut rarement les extraire, et ils restent souvent à vie.

Les grenades assourdissantes sont censées être utilisées selon un protocole précis : notamment en cas d’encerclement des forces de l’ordre, et en direction du ciel, ce qui n’était clairement pas le cas aujourd’hui. Les gendarmes mobiles les utilisent de façon à ce qu’elles explosent à côté ou sur les manifestants, provoquant des blessures graves.

Une personne a été touchée au bas-ventre par un éclat d’une de ces grenades offensives, provoquant un gros hématome et des lésions internes. On constate chez deux personnes 10 impacts chacune dans les jambes. Une personne risque de perdre son œil droit. On constate également une plaie au tympan due à un tir de grenade, provoquant une surdité brutale. Suite à des tirs tendus de flashball, on dénombre quatre blessures au thorax, avec fractures de côtes et état de choc, de multiples blessures aux jambes et aux mains, une blessure hémorragique au visage. » (Lire en intégralité)

Le bras de fer continue

Au niveau politique, le blocage est total. Samedi, le gouvernement proposait la constitution d’une « commission de dialogue » et un report de six mois des travaux de défrichage qui devaient commencer en janvier, tout en réaffirmant que le projet suivrait son cours : il ne s’agit « aucunement de revenir sur le projet d’aéroport », indiquait dimanche Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, sur Radio J. Les discussions ne porteront que sur l’aspect écologique du projet. Le projet « se fera (...) dans tous les cas de figure », promettait encore Frédérique Espagnac, co-porte-parole du PS, lors du point presse hebdomadaire du parti, lundi matin.

Les opposants au projet ont rejeté cette proposition, en faisant du retrait des forces de l’ordre un préalable à tout dialogue avec les pouvoirs publics.

- Mise à jour, lundi 26 novembre à 17h. Ajout des déclarations de Frédérique Espagnac.

SOURCE / POLITIS

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