Notre-Dame-des-Landes : un moratoire ne suffit pas

Publié le par dan29000

fnautLa FNAUT (Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports) interpelle le Président élu et dénonce l’obstination des promoteurs du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 

 

 

Paris le 14 mai 2012

 


Les opposants à la construction de cet aéroport viennent d’obtenir un premier succès : la suspension des expulsions des propriétaires et exploitants agricoles présents sur les terres concernées par le projet. Ce moratoire constitue une décision positive mais ne suffit pas.

La FNAUT comme d’autres associations nationales, s’est opposée de longue date à ce projet d'aéroport. Elle estime que ce moratoire doit traduire un souci d’écoute véritable et déboucher sur un abandon pur et simple de ce projet ruineux, nuisible, dont l’utilité n’a jamais été démontrée de manière sérieuse (cf. annexe ci-jointe).

Ainsi le nouvel aéroport comporterait deux pistes. Or l’aéroport de Genève (plus de 13 millions de passagers en 2011) ne dispose, comme l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique (moins de 3,5 millions de passagers en 2011), que d’une seule piste !

 

La décision qui sera finalement prise par le Président élu sera un test de sa volonté de mettre en œuvre une politique écologique et économique des transports.

La FNAUT rappelle qu’un troisième aéroport parisien, autre ineptie économique et écologique, a été longtemps considéré comme « inéluctable », mais est devenu brutalement « inopportun » en 2002, au lendemain d’une autre élection présidentielle. Il n’en est résulté aucune catastrophe.

Contact presse :

            Régis Bergounhou, secrétaire général de la FNAUT, 06 82 55 54 91

            Jean Lenoir, vice-président, 01 48 73 84 81

            Jean Sivardière, président, 04 76 75 23 31

 

Rappel : les arguments de la FNAUT contre la construction

de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

1 - Si le déplacement de l’aéroport de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes répond à un impératif de sécurité, comme l’affirme les élus locaux promoteurs du projet, on ne comprend pas pourquoi la Direction Générale de l'Aviation Civile n¹est pas intervenue plus tôt pour assurer la sécurité. Un collectif de pilotes de lignes a d'ailleurs nié tout problème de sécurité à Nantes, aéroport tout aussi sûr que beaucoup d'autres aéroports proches d'une grande ville.

2 - Pour réduire les nuisances aériennes subies par les Nantais, il est possible d'améliorer les procédures d'approche, de réorienter la piste de Nantes-Atlantique de l'axe nord-sud sur un axe est-ouest, ce qui coûterait dix fois moins cher que la construction d'un nouvel aéroport et éviterait de sacrifier un poumon vert de l'agglomération nantaise.

3 - Les élus locaux croient que Notre-Dame-des-Landes permettrait de mettre en place des vols internationaux et d'assurer ainsi le développement économique du Grand Ouest. C'est une illusion : même à Lyon-Saint-Exupéry, aéroport qui dispose d'une zone d'achalandise bien plus importante, il est difficile de pérenniser des vols vers la seule destination de New-York. Curieusement, cet argument n'est d'ailleurs plus mis en avant par les élus, qui préfèrent maintenant parler du bruit et de la sécurité.

4 - La volonté de construire le nouvel aéroport est contradictoire avec la prochaine mise en service de la ligne à grande vitesse Bretagne qui facilitera l'accès des habitants du Grand Ouest à l'aéroport de Roissy qui offre toute une panoplie de vols internationaux, et celle de l'interconnexion Sud qui facilitera l'accès à l'aéroport d'Orly.

5 - Le nouvel aéroport serait surdimensionné et sa construction ruineuse – près de 600 millions d'euros sans compter les accès routiers et ferroviaires - pour un résultat économique démontré uniquement par des slogans : il y a manifestement mieux à faire aujourd’hui de l'argent public et privé disponible !!!

Une étude réalisée en 2011 par un bureau hollandais, financée par "les élus doutant du projet", comparant différentes solutions pour desservir Nantes, préconise l'amélioration de l'aéroport existant et remet fondamentalement en cause l'étude ancienne qui justifiait Notre-Dame-des-Landes. Ses promoteurs refusent cependant toute confrontation des arguments et des scénarios.

6 - Pour la Fnaut, il serait plus prioritaire et plus écologique de pousser au transfert sur le rail des trafics aériens courte distance (Nantes-Paris et Nantes-Bordeaux) ou moyenne distance (Lyon, Lille, Strasbourg,...). Pour la voie ferrée Nantes-La Rochelle-Bordeaux, les collectivités qui se sont engagées à financer Notre-Dame-des-Landes (Etat, Région, Départements) sont aussi celles qui rechignent à réunir les financements nécessaires pour réduire de près d'une heure le trajet (4 h 15 actuellement contre 3 h 45 il y a vingt ans) entre ces métropoles atlantiques, dans une zone en fort développement.

7 - Indépendamment de la destruction d'un territoire agricole précieux et du risque de gâchis financier, la construction du nouvel aéroport ne peut qu’encourager, du moins tant que le kérosène restera d'un prix abordable, le développement du transport aérien dont les effets sur le réchauffement climatique ne peuvent plus être occultés (la contribution affichée de l’avion à l’effet de serre est d’ailleurs sous-estimée d’un facteur 2 car on oublie généralement l’émission de vapeur d’eau en haute altitude, qui se traduit par la création des traînées de condensation et des cirrus, voir une note publiée par l’Institut Français de l’Environnement en novembre 2004). Dans ces conditions, qualifier l'aéroport d'investissement «durable» relève de l'ignorance ou de la tromperie pure et simple.

 

Annexe Juridique

La déclaration d’utilité publique de février 2008 autorisant la construction de l’aéroport du grand ouest à Notre-Dame-des-Landes a fait l’objet, de la part des opposants au projet, d’un recours en Conseil d’Etat.

Ce recours dérogeant à un usage du Conseil d’Etat, pour un projet de cette importance, a été jugé par la 6ème sous-section du contentieux et non par l’assemblée générale.

La 6ème sous-section a rejeté ce recours sans argument juridique valable. De ce fait, l’arrêt rendu fait l’objet d’une plainte à la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour procès inéquitable (article 6 de la convention), plainte qui a été déclarée recevable par la Cour.

Actuellement plusieurs recours demandant l’annulation du décret de décembre 2010 désignant la société VINCI comme concessionnaire pour la construction et l’exploitation de l’aéroport du grand ouest à Notre-Dame-des-Landes sont en instruction au Conseil d’Etat.

Pour que ces recours soient traités équitablement par le Conseil d’Etat, il serait très souhaitable que ce dossier soit jugé en Assemblée du Contentieux.

 

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