Notre monde, un film de Thomas Lacoste, en salles ce mercredi

Publié le par dan29000

 

notremonde

 

 

 

 

 

 

 

  Un nouveau film de Thomas Lacoste est toujours un événement. En effet son travail, que cela soit en 2007 avec "L'autre campagne", ou en 2012 avec le formidable coffret de DVD "Penser critique" que nous avions particulièrement apprécié, est un indispensable mouvement de résistance à la domination de "l'air du temps". Un travail qui donne à réfléchir, en donnant la parole à de belles personnes que les médias dominants ignorent. Dans ce nouveau film, Thomas Lacoste rassemble plus de 35 intervenants issus de la philosophie, de la sociologie, de l'économie, de la justice, de l'université ou du monde médical. Certains sont très connus, et depuis longtemps, d'autres moins, tous ayant en commun une parole passionnante et surtout des propositions innovantes concernant notre monde, qui, comme on le sait tous, ne va pas particulièrement bien.


  Pourtant le résultat nous laisse dubitatif.


  Prenons, par exemple deux ou trois noms dont nous connaissons un peu la pensée : Toni Negri, Etienne Balibar et Robert Castel. Des pensées en mouvement, souvent aussi riches que complexes. Des paroles, et des pensées donc, qui demandent tout le contraire du dispositif proposé. Une toute petite poignée de minutes pour chacun. A peine un sujet est esquissé, que le suivant est déjà là... Soit le spectateur connaît déjà Toni Negri ou Castel, et cela n'apporte rien, soit il y a peu de chance, en cinq minutes, qu'ils gagnent de nouveaux lecteurs. Et c'est dommage. Ce qui faisait la force de "Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crises", était justement de donner du temps au temps, le temps de la réflexion, le temps d'écouter, de saisir une pensée.

 

  Pourtant nous ne pouvons que conseiller à nos lecteurs d'aller voir ce film car il se situe tout à fait dans la mouvance de ce que notre site défend depuis sa création il y a quatre ans. Les spectateurs jugeront si au-delà du profond intérêt des invités, et des thèmes choisis, éducation, santé, frontières, culture, travail, économie, démocratie, il est utile, par exemple, de filmer des caméras qui filment. N'est pas Godard qui veut...

 

  En conclusion, on ne peut qu'être en accord avec la ligne directrice du film "Faites de la politique". Sans partager le : "et si possible autrement". Il est toujours possible de faire de la politique autrement, comme d'autres films le démontrent, car la politique "à l'ancienne" est déjà en phase finale.


 

  Dan29000

 

 

Notre monde

Thomas Lacoste

avec Marianne Denicourt

et 35 intervenants, économistes, philosophes, magistrats, sociologues

 Fiction adaptée d'après le roman de Marie NDIAYE
(Trois femmes puissantes, Gallimard, 2009)

119 ' / 2013 / En salles à partir du 13 mars


Avec les contributions de Eric Alt
Etienne Balibar Hourya Bentouhami  Luc Boltanski Matthieu Bonduelle
Laurent Bonelli Michel Butel Barbara Cassin  Robert Castel
Monique Chemillier-Gendreau  François Chesnais Claude Corman
Anaïs de Courson  Thomas Coutrot  Christophe Dejours
Keith Dixon  Elsa Dorlin Jean-Pierre Dubois Mathilde Dupré
Eric Fassin Bastien François Alain Mercuel  Christophe Mileschi
Jean-Luc Nancy Pap Ndiaye Toni Negri Gérard Noiriel
Bertrand Ogilvie Susan George Louis-Georges Tin François Gèze
Jean-Luc Godard André Grimaldi Nacira Guénif-Souilamas Patrick Henriot
Françoise Héritier Delphine Moreau Frédéric Neyrat Sophie Wahnich

 

 

Voir le site du film

 

« Ne respectez plus les puissants de ce monde : admirez de plus impressionnantes personnes. N'interrogez plus les experts de ce monde, palabrez avec de plus sages personnes… Faites de la politique… et si possible autrement. »

 

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ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR :

 

Entretien avec Thomas Lacoste et Christophe Mileschi

Des éclats de voix brefs, volontairement étouffés, lui parvinrent du côté des trois ou quatre individus qui venaient d'entrer. Khady avait compris qu'il se passait enfin ce que les gens de la cour avaient attendu.

 

Marie Ndiaye
Trois femmes puissantes
(Gallimard, 2009)


CM : Thomas Lacoste, vous sortez un nouveau film qui s’appelle Notre Monde (118’, 2013, Agat/LBP/Sister, distribution Shellac), sur lequel vous avez travaillé avec toute votre équipe pendant plusieurs mois et qui va sortir en salle le 13 mars 2013. En guise d’introduction à notre entretien, pourriez-vous revenir rapidement sur les présupposés et les attendus de cette entreprise conséquente ?

TL : Il s'agit d'un projet cinématographique collectif en acte. Le film qui sort en salle au printemps, Notre Monde, en est une introduction, qui va proliférer avec toute une série de rencontres et de débats publics et dont le site notremonde-lefilm.com sera à la fois le réceptacle et l'outil de mise en perspective.

Le projet est structuré autour d'un texte et d'une femme – nous devrions plutôt dire, comme nous le verrons, de plusieurs femmes –, Khady Demba, migrante malgré elle, dont l'histoire prend corps au sein du dernier récit de Trois femmes puissantes de Marie Ndiaye (Gallimard, 2009). A partir de la narration de la vie de cette apatride, nous avons cherché à déployer une phrase filmique autour des multiples questions que suscite cette vie. Cette phrase qui débute par la recherche d'un lieu de pensée commune (Jean-Luc Nancy), va nous conduire à une réflexion qui part de l'enfance (Christophe Mileschi et Bertrand Ogilvie, rejoints sur le site par Barbara Cassin, Keith Dixon et Frédéric Neyrat), passe par une primordiale attention au soin (André Grimaldi, rejoint par Claude Corman et Alain Mercuel), se poursuit par une réflexion sur notre rapport à l'autre autour de la justice et des libertés (Matthieu Bonduelle, Laurent Bonelli et Patrick Henriot), de la reconnaissance de la différence (Elsa Dorlin, Eric Fassin, Nacira Guénif-Souilamas, Françoise Héritier, Pap Ndiaye et Louis-Georges Tin, rejoints par Hourya Bentouhami), du partage et de la culture (Michel Butel, François Gèze, Jean-Luc Godard et Gérard Noiriel), du travail et de ses souffrances (Luc Boltanski, Robert Castel, Christophe Dejours, Patrick Henriot et Toni Negri), de l'économie et de la redistribution (Eric Alt, Jean-Pierre Dubois et Susan George, rejoints par François Chesnais, Thomas Coutrot et Mathilde Dupré, notons ici que la question centrale de l'écologie sera prise en charge ultérieurement par Geneviève Azam), de nos relations aux autres et à l'international (Etienne Balibar, rejoint sur le site par Monique Chemillier-Gendreau) et se conclut sur l'impérieuse nécessité, pour que la vie soit acceptable, de réhabiliter et de rechercher de nouveaux lieux du politique (Bastien François et Sophie Wahnich)… Voilà, c'est l'histoire d'une vie et de ses potentialités contenues dans une unique phrase cinématographique chorale. Une phrase qui s'adresse à tous. Une phrase-monde qui nous regarde. Une vie qui est aussi la nôtre.

Mais sur tout cela nous reviendrons, j'imagine…

 

 

Appeler le « peuple à venir »

Parcours et décloisonnements



CM : Je trouverais intéressant de resituer ce film dans votre parcours, dans ce que vous avez fait et dans ce que vous ferez par la suite. Est-ce que vous voulez bien nous raconter comment vous en êtes venu à faire du cinéma ? Car ça n'est pas votre premier film…

TL : Il y a une date officielle qui correspond à une mise en circulation publique de nos images : c'est le printemps 2007, un printemps électoral. Le moment pour nous de L'Autre campagne. Mais mon histoire avec le cinéma est beaucoup plus ancienne. Elle commence dans les salles obscures que j'ai assidûment fréquentées jeune homme. Un peu plus tard, elle se lie avec le travail politique et éditorial que nous avons mené jusqu'en 2006 avec la revue internationale de pensée critique Le Passant Ordinaire, que j'ai lancée à Bordeaux en 1994. Avec cette revue, nous avions alors pour premier souci – en complément des travaux politiques que nous développions qui s'appuyaient sur les sciences humaines et sociales – de faire appel à différentes disciplines artistiques en convoquant la photographie contemporaine, la littérature, le cinéma, les arts plastiques, la danse, le théâtre, etc. Ce choix de croiser disciplines artistiques et réflexives se traduisait dans chaque coin des pages de la revue, mais également – temps pour nous déterminant – lors de rencontres publiques. C'est ainsi que nous avons créé un festival en 1998 : les RIO (les Rencontres Internationales de l'Ordinaire), avec pour ambition d'entrelacer les cinémas, les littératures et les sciences sociales et humaines au sens large. Nous étions convaincus qu'il nous fallait revenir à l'art si nous voulions être pertinents dans nos questionnements.

 

CM : Donc un travail de décloisonnement ?

TL : Exactement. C'était un leitmotiv permanent. Notre signature. Une volonté féroce de décloisonner, de déconstruire et de former une bande cosmopolitique et apatride. La rédaction était internationale et avait entre autres objectifs de ruiner toute idée de frontière.

Suite et fin ICI


 

 

  Espace Saint-Michel
7 Boulevard Saint-Michel
75005 Paris
Mercredi 13 mars 2013 à 19h30
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Vendredi 15 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Dimanche 17 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Lundi 18 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Mercredi 20 mars 2013 à 19h30
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Jeudi 21 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Dimanche 24 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Lundi 25 mars 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Mardi 02 avril 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Jeudi 04 avril 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.
Dimanche 07 avril 2013
Rencontres autour de chacune des thématiques du film.

 

  Utopia
24 Rue Montardy
31000 Toulouse
Jeudi 14 mars 2013 à 20h30
Intervenants : Thomas Lacoste et Geneviève Azam, économiste, maîtresse de conférences à l'Université Toulouse II et membre du comité scientifique d'ATTAC

 

  Le Métropole
26, rue des Ponts-de-Comines
59800 Lille
Lundi 18 mars 2013 à 20h00
Thomas Lacoste et Christophe Mileschi (Italianiste, traducteur et écrivain, Université de Paris 10)

 

  Projection à l'Amphi Pierre Daure (organisée par le Café des images)
Université de Caen Basse-Normandie, Esplanade de la Paix
14000 Caen
Mercredi 19 mars 2013 à 19h30
Intervenants: Thomas Lacoste et Bertrand Ogilvie, intervenant du film, philosophe, psychanalyste et professeur de philosophie à l'Université de Paris 8, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie

 

  Le Sémaphore
25 Rue Porte de France
30900 Nîmes
Jeudi 21 mars 2013 à 20h00
Dans le cadre du Festival Attac, en présence de Jean-Marie Harribey, économiste, maître de conférences à l'Université de Bordeaux IV et membre du comité scientifique d'Attac.

 

  Le Lido
3, av. du General-de-Gaulle
87000 Limoges
Mardi 26 mars 2013 à 20h00
En présence de Thomas Lacoste et de Frédéric Neyrat intervenant dans le projet, sociologue, université de Limoges, ancien président de l'association des sociologues enseignants du supérieur.

 

  Théâtre National de Bretagne
1 Rue Saint-Hélier
35040 Rennes
Dimanche 14 avril 2013 à 18h
En présence de Thomas Lacoste






 

 

 

 

 

 


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