Novissen, manifestation et forte résistance à l'élevage intensif et à la malbouffe dans la Somme

Publié le par dan29000

La manif de NOVISSEN à Paris

un lion dans la manif ?un lion dans la manif ?© la dame du bois-joli

Dimanche 3 mars. Nous voilà arrivés en car d’Abbeville et d’Amiens. 13 heures, gare Montparnasse. Soleil et vent frais. Conditions idéales pour manifester. Banderoles. Sono juchée sur un petit bus. Pancartes. Porte-voix pour les slogans. Chaussures confortables. Un bonnet.  Des citoyens lambdas. Les habitants des villages concernés par le projet gigantesque de ferme-usine de M. Ramery et de ses acolytes, près d’Abbeville, dans la Somme. Des maires résistants, leur écharpe tricolore en travers du ventre. Des associations comme Picardie Nature, L214, la fondation Brigitte Bardot, Picardie Nature, Good Food et d’autres. Le PCF, le front de gauche ont déployé quelques drapeaux. EELV est là, la confédération paysanne aussi.  On compte les troupes. En route. Concert de cloches à vaches et de sifflets.


Au départ, la manif ressemblait à ça 

Novissen fait front ! Novissen fait front ! © la dame du bois-joli

 

 

puis un lion est arrivé ...

un lion dans la manif'un lion dans la manif'© la dame du bois-joli

 

2 000 personnes (et un lion donc qui garde le troupeau …) commencent leur manifestation vers la porte de Versailles, pour se réunir devant le salon de l’agriculture, lieu emblématique pour nous. Beaucoup de curieux aux fenêtres, des applaudissements, des bravos sur notre passage. Notre mouvement est populaire car il se situe au milieu des  scandales sanitaires actuels, comme le cheval dans les lasagnes ou la viande avariée dans un Flunch, ou encore des matières fécales dans des gâteaux, sans compter les projets de faire de la viande avec de la merde, oui vous avez bien lu, de la merde, de la vraie merde, des shit burgers que ça s’appellera, voir là  http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-anne-kraft/060313/refusons-de-manger-de-la-merde.

Nous disons tout haut ce que de plus en plus de consommateurs, qui commencent à douter de la qualité des produits,  murmurent encore.

 

 

 

Le bol est plein. Nous disons Ras le bol.

Ras le bol de manger n’importe quoi. De ces viandes dures, qui ne veulent pas cuire ou gorgées d’eau, ou de lymphe,  ou de quoi en fait ?

de retrouver dans nos assiettes  le produit de ces élevages industriels et tous les antibiotiques et autres substances qu’il a fallu donner aux animaux pour qu’ils ne meurent pas avant d’être rentables. Qui peut nous affirmer que ces produits sont sans danger pour la santé ? Qui ?

de l’opacité des circuits de production et de distribution.

de  voir un saucisson ou un pack de yaourts faire le tour de l’Europe pour être produit, conditionné, vendu, revendu et enfin mis sur le marché. Bonjour le bilan carbone.

de ces étiquetages douteux qui vous font croire qu’un produit alimentaire est français alors qu’il s’est promené dans 5 ou 6 pays parfois. Qu’a-t-il de français ce produit ? Il est français parce que la dernière usine où il est passé est en France et a posé l’étiquette « made in France » sur son emballage ?

de cet étiquetage qui ne donne pas le pourcentage de sel ou de sucre sur les emballages. Et ras le bol de devoir prendre une loupe pour lire les lignes sur les cartons et boîtes et paquets de nourriture.

des aides européennes en grande partie réservées aux importants exploitants ou éleveurs.

de cette agriculture subventionnée qui oublie les fermes de petite taille, qui laisse sur la paille les paysans et les éleveurs sans beaucoup de moyens.

des promesses du Grenelle de l’environnement qui devait faire émerger une agriculture de plus en plus bio. Or qu’en est-il aujourd’hui ? Vous les voyez fleurir les fermes bio ? Les fermiers qui veulent faire du bio sont-ils aidés ? Enquêtez autour de vous et sur les marchés et vous aurez la réponse.

des produits toxiques qui empoisonnent les abeilles. Allons-nous bientôt voir, en France, comme aux USA, des camionnettes et des apiculteurs qui se promènent avec des abeilles pour aller polliniser des cultures dans des régions où les abeilles auront disparu ? En Chine, ils pollinisent à la main… la main d’œuvre y est bon marché.

des monocultures bardées de désherbants et de pesticides qui font fondre la couche d’humus, tuent les vers de terre, les insectes, les oiseaux.

de voir ces terres appauvries, sèches et grises comme des vieilles veuves de guerre, dont la matrice est recroquevillée et stérile. Allez faire un tour dans des vignes, en Champagne, grattez la terre, si vous trouvez un seul ver, envoyez-moi une photo, je l’encadrerai et l’accrocherai au-dessus de la cheminée.

de voir ces technocrates en gants blancs, ces manageurs, ces investisseurs, qui veulent faire du fric et du fric et encore du fric sur le dos des animaux.

de toute cette souffrance animale, de ces vaches au pis énorme , et tellement gros qu’elles peuvent à peine se lever et quand elles ne sont plus bonnes à rien pour leur bourreau d’éleveur, elles partent à l’abattoir. Ras le bol de les voir se tordre les pattes sur du béton. Elles ont besoin d’herbe, merde ! et d’air et de se frotter contre une clôture, et de s’allonger pour ruminer tranquillement, comme elles le font depuis des milliers d’années. Certaines vaches sont traites 3 fois par jour, car elles doivent donner toujours plus toujours plus de lait, pour faire de plus en plus de yaourts, de desserts lactés, de fromage, encore, encore, encore. 10 000 litres de lait par an pour les Holstein. Ce ne sont plus des animaux, ce sont des usines à lait.

de tout ce lait, de toute cette viande. Nous pouvons nous nourrir autrement, avec des céréales, des oléagineuses, des fruits, des légumes. Et si nous ne sommes pas encore prêts à sauter le pas vers plus de végétarien, nous pouvons décider de manger de la viande, de temps en temps, de la bonne viande, issue d’animaux élevés dignement, dans des élevages de petite taille, sur de l’herbe. Et ainsi nous aiderons l’éleveur, le boucher, le paysan qui fait son travail correctement, dans des fermes à taille humaine.

 

 


de cette nourriture insipide, reconstituée, dont le mauvais goût est masqué par des adjuvants, des colorants, ou rehaussé par des exhausteurs de goût.

de voir les vaches tuées, transformées, pilées, découpées, écrasées, mélangées, ratatinées en minerai. Quel cerveau malade a osé inventer le mot même de minerai ? Non, les animaux ne sont pas des usines à lait ou du minerai, MM les technocrates, ce sont  nos co-habitants et nous vivons ensemble, sur la planète Terre.

de voir ces poulets qui vivent toute leur très courte vie sur une feuille A4, sous la lumière de leurs hangars, dans un brouhaha incessant.

de voir ces porcs mutilés, aux oreilles coupées, aux dents limées au bistouri ça fait bien mal, faut croire que les gens qui font ça sont des sadiques.

de voir ces veaux arrachés à leur mère dès leur naissance, engraissés pour faire des blanquettes quelques mois plus tard.

Stop à la folie humaine!Stop à la folie humaine!© la dame du bois-joli

 


de voir ces lapins dans des cages, tapis, apeurés, malades.

de ces ministres français de l’agriculture et de l’environnement, incapables de faire se développer une agriculture respectueuse de l’environnement et des animaux. Ils roulent pour l’agro-bizness, les multinationales agroalimentaires, les fabricants de poisons divers  et pensent qu’ainsi ils sauveront les fameux emplois après lesquels ils courent sans jamais pouvoir les attraper. Cette automatisation des élevages nécessite de moins en moins de main-d’œuvre, mais ils ne l’ont pas encore compris. Monsieur Le Foll vous êtes bien fol et Madame Batho, vous nous menez en.

eh oh! les ministres, vous nous entendez?eh oh! les ministres, vous nous entendez?© la dame du bois-joli

 


Ras le bol des sols pollués de nitrates et de phosphates, des nappes phréatiques souillées et irrécupérables. Combien d’entre elles ont été empoisonnées par l’atrazine, un désherbant pour le maïs utilisé dans les années 60, pendant une bonne trentaine d’années ? Les communes cherchent des nouveaux captages pour trouver une eau potable. Ces travaux coûtent cher. Ni responsables, ni coupables. On peut empoisonner les sols et l’eau sans rendre de comptes

des allergies, des cancers, de l’asthme dûs à la pollution agricole.

 

 

La joyeuse et calme troupe de 2 000 manifestants et un lion dit fermement STOP !

STOP aux fermes-usines. NON ! Non au projet de la ferme des 1000 vaches au-dessus d’Abbeville ! Non aux élevages surdimensionnés et aux fermes-usines. NON AUX ELEVAGES CONCENTRATIONNAIRES.

L’association NOVISSEN qui porte la contestation, a été rejointe par d’autres citoyens d’autres régions (Bourgogne, Bretagne, Nord/Pas de Calais), inquiets de voir surgir sur leur territoire des projets similaires.

Nous ne voulons plus de ces investisseurs sans état d’âme tout juste occupés à faire fructifier leur pognon, au détriment du bien-être général, humain et animal.

Nous réclamons une agriculture respectueuse, durable, équitable, biologique. Une agriculture qui assure l’avenir de notre planète et le bien-être de ses habitants.

 

 

 

Nous réclamons des élevages qui respectent l’animal. L’animal a des émotions, il n’est pas une machine. Tout être humain qui considère que l’animal est à son service et qu’il peut en faire n’importe quoi a perdu la part d’Humanisme et d’Humanité qui est en lui. 

 

Nous avons le choix, nous consommateurs. BOYCOTTONS les entreprises qui pratiquent l’opacité et privilégient leurs super-profits. Il y a des AMP, des jardins à cultiver dans la France entière, des fermiers à soutenir dans leurs projets de révolution douce vers plus  de bio.

 

 

 

Nous sommes à un tournant essentiel et capital de l’évolution de notre espèce humaine. C’est le moment de faire les bons choix. Un manifestant a employé le mot de sociocide.  Notre société est manipulée et contrôlée par des groupes d’intérêts, des lobbies, des banquiers, des fonds de pension. Au prix des désastres sociaux que nous connaissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 4 mars, une centaine de manifestants sont venus soutenir devant le commissariat d’Abbeville, leur président Michel Kfoury contre lequel le sous-préfet a porté plainte après avoir reçu une lettre de Novissen signée par son président et qui ne lui a pas plu. A suivre … On lâche rien et les manifs , on y prend goût !

 

 

Dans quelques jours, à Strasbourg, le 13 mars, va être votée la nouvelle PAC. L’association Good Food et la confédération paysanne  se mobilisent à Strasbourg, le 12 mars,  pour tenter d’infléchir les décisions et dire nos volontés de citoyens/acteurs de notre avenir.. Résistants alsaciens, c’est à vous de jouer. Ainsi que tous ceux qui auront la possibilité de se déplacer en Alsace ce week-end.

 

la confédération paysanne soutient NOVISSEN© la dame du bois-joli

 

 

 

Le bonheur est dans le pré. Avec les vaches, les cochons et les poulets. Est-ce que tu le vois ?

 Courzyvit’courzyvit’ dépêche-toi.

Dès que t’as le dos tourné, ça bétonne derrière ton dos, ça s’frotte les mains ça ricane ça  compte et recompte  ses euros

Courzyvit’courzyvit’ dépêche-toi et ne dis pas, plus tard, que tu ne savais pas

 

 

 

SOURCE / MEDIAPART

Publié dans environnement

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