NPA : déclaration du courant minoritaire (40 %) après la conférence

Publié le par dan29000

 

 

ANTICAPITALISTES, FEMINISTES ET UNITAIRES

Déclaration du courant minoritaire (4o%) a l’issue de la conférence du Npa à Nanterre ce 24 JUIN 2011


1. Sous l’impulsion d’une nouvelle majorité de direction, la conférence nationale du NPA tourne le dos au projet de rassemblement des anticapitalistes et à toute perspective unitaire. Ce faisant, elle va au-delà d’un simple positionnement pour l’élection présidentielle. Elle considère que le NPA est capable à lui seul de répondre aux défis de la période, de contester, sur la base d’une orientation de rupture, l’hégémonie du PS et du social-libéralisme.

Les dirigeants de la Position A expliquent dans TEAN que "l’idée de regrouper des antilibéraux et des anticapitalistes dans les élections comme en dehors, sur la seule base de la non-participation à un gouvernement avec le PS" est un "obscurcissement de notre projet" et que "l’axe central du NPA" doit être "le dialogue direct avec les salariés, les jeunes, les chômeurs". Jamais dans la brève histoire du NPA, une majorité de direction n’avait porté une telle stratégie : réduite à l’auto-affirmation et la construction autocentrée, en rupture avec le projet de parti large enclenché par la LCR. Un comble pour un parti qui se voulait beaucoup plus large !

2. Cet isolement proclamé et programmé ne peut conduire qu’à une impasse et privera le NPA de toute capacité de peser sur les débats qui naîtront des grandes échéances à venir. Dans une situation politique riche de potentialités mais aussi lourde de menaces, un tel repli est profondément inquiétant. La crise du capitalisme, ses effets d’endettement et d’austérité en Europe, les menaces climatiques et environnementales et la crise alimentaire latente qu’elles entraînent, la raréfaction des ressources et les risques de guerre qu’elles font peser, la brutalité des politiques menées par la droite et par la social-démocratie, les soulèvements et résistances qu’elle provoque, de la Grèce à l’Espagne, de la France à l’Italie, la montée de l’extrême droite, le printemps arabe et la catastrophe lente et inexorable de Fukushima ; la situation est inédite, mouvante et contradictoire.

Dans ce contexte, il nous faut être encore plus un parti ouvert, capable de prendre des initiatives, d’intervenir globalement sans dissocier les nécessités sociales et écologiques du politique, la rue et les urnes et donc de porter un projet de rassemblement anticapitaliste indépendant du PS. s’adressant aux animatrices et animateurs du mouvement social sans contourner les forces et les courants politiques.

Nous souhaitons que la droite et le FN soient battus en 2012. Il s’agira alors de regrouper, dans un bloc d’opposition de gauche, les forces sociales, écologistes et politiques qui refuseront de participer ou de soutenir la politique menée par les socio-libéraux. C’est un enjeu décisif qui se prépare dès maintenant avec la détermination de celles et ceux qui savent qu’un tel rassemblement est une nécessité absolue pour construire une alternative. C’est l’objet d’une bataille politique permanente avec comme programme un plan de rupture anticapitaliste et éco-socialiste, à partir du document adopté lors de notre dernier Congrès : « nos réponses à la crise ».

3. Concernant les possibilités d’un accord électoral avec d’autres forces pour la présidentielle de 2012, nous continuons d’affirmer qu’une candidature unique de rassemblement à gauche du PS était souhaitable. Mais pour nous, tout accord électoral suppose que toutes les composantes affirment clairement l’impossibilité de gouverner avec le PS et de constituer avec lui une majorité parlementaire. Force est de constater que ces conditions n’ont pas pu être réunies avec le front de gauche.

Nous pensons qu’une politique offensive du NPA aurait pu faire bouger les lignes.

Nous constatons également qu’il existe de nombreux courants et militant-e-s d’accord avec nous, qui ne se résignent pas à la division qui règne à gauche de la gauche et qui refusent la perspective d’un accord gouvernemental avec le social-libéralisme.

Au contraire d’une politique de dénonciation et d’auto-affirmation contre productive, il faut donc poursuivre la confrontation politique, pour peser dans la reconstruction/recomposition du mouvement social et politique (luttes sociales, élections législatives notamment).

4. Si nous reconnaissons le résultat du vote des militant-es, nous ne pouvons assumer les conséquences des décisions de cette CN : celles d’une posture identitaire d’un NPA n’ayant plus aucun lien avec son projet fondateur qui voulait faire « vivre le meilleur de l’héritage des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires. » et rassembler celles et ceux qui, nombreux « dans et autour des partis de la gauche institutionnelle, n’ont pas renoncé à changer radicalement la société ».

Ce projet n’était pas celui de construire un parti en agglomérant des "anonymes" autour d’un noyau d’"autenthiques anticapitalistes", s’adressant directement aux masses, dans une logique « anti-système ». « Un parti n’est pas un but en soi. C’est un outil pour se rassembler, pour gagner en efficacité dans le combat collectif » affirmaient nos principes fondateurs.

Et « rassembler les anticapitalistes » passe par la construction d’initiatives sur tous les terrains pour faire vivre une alternative politique qui puisse polariser le plus largement possible les anticapitalistes d’horizons, de traditions, d’expériences, de générations différentes.

Les choix faits sur le programme, le profil du NPA et la méthode de désignation du candidat sont bien ceux d’une campagne d’auto affirmation et pas d’une campagne pour le rassemblement des anticapitalistes. Au cours de la Conférence Nationale la quasi-totalité des délégué-es de la position A a voté contre un amendement qui proposait d’intégrer à leur texte une référence à « Nos réponses à la crise », document programmatique majoritairement adopté au dernier congrès. Ils ont aussi exclu que le NPA soit représenté par une de ses porte-paroles à l’élection présidentielle. Cela ne manquera pas d’être reproché à une organisation féministe qui avait enfin l’occasion de présenter une candidate.

Nous ne nous reconnaissons pas dans le démarrage de cette campagne électorale qui ne rassemble pas notre parti. Nous continuerons à prendre toute notre place dans celui-ci tout en défendant d’autres choix.

5. A l’issue de cette Conférence Nationale qui a vu s’affirmer une opposition qui rassemble 40% des militant-es et des délégué-es, nous appelons les camarades qui se reconnaissent dans cette orientation pour le NPA à s’organiser en un courant, anticapitaliste, écosocialiste, féministe et unitaire. Notre volonté est de continuer à faire tout ce qu’il est possible de faire avec l’ensemble des militant-e-s du NPA. Et nous nous donnerons aussi les moyens de faire vivre le projet fondateur de notre parti auquel une majorité vient malheureusement de tourner le dos. Nous organiserons une assemblée constitutive de ce courant en octobre. En l’attente nous mettons en débat son fonctionnement collectif et démocratique, les outils dont nous allons nous doter, et le type de relations que nous entretiendrons avec d’autres forces politiques, sociales et écologistes en France et dans d’autres pays.

 


Catherine Faivre d’Arcier, Coralie Wawrzyniak, Damien Joliton, Emre Cirak, Flavia Verri, Fred Borras, Guillaume Liégard, Hélène Adam, Ingrid Hayes, Léonce Aguirre, Marie-Do Bartoli, Monique Migneau, Myriam Martin, Olivier Mollaz, Pierre-François Grond

 

 

Source : REZO CITOYENS

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