NPA en crise : Grond, bras droit de Besancenot, quitte la direction

Publié le par dan29000

NPA : la rébellion d'un homme de l'ombre

     par Le Nouvel Observateur   

Pierre-François Grond, ancien bras droit d'Olivier Besancenot, a rompu avec le postier. Par Maël Thierry

 

Sa rupture politique avec Besancenot est bel et bien consommée. Pierre-François Grond a toujours sa carte au NPA mais l'ancien bras droit du postier et la cheville ouvrière du mouvement a repris sa liberté.

Il défendait une ligne unitaire, qui maintienne le dialogue avec le Front de Gauche ? Le facteur et ses amis en ont décidé autrement. Il souhaitait une candidature Besancenot en 2012 ou, à défaut, celle de Myriam Martin ? Ce sera celle d'un ouvrier inconnu, Philippe Poutou.


Alors "PF", comme on l'appelle, en a tiré les conséquences. Il n'est pas venu aux journées d'été. Il a quitté la direction. Il s'est longuement expliqué avec "Olivier" et est revenu sur leurs désaccords, passés et présents, de l'affaire Jean-Marc Rouillan à celle de la candidate voilée. Dans les deux cas, il ne partageait pas les mêmes convictions.


Il a aussi prévenu ses camarades : il ne fera pas la campagne Poutou dont il ne voit pas "la fonction politique". Un coup dur pour le NPA qui joue désormais sa survie. Mais le coeur n'y est plus.


Grond se fixe deux objectifs : d'abord animer avec ses amis un courant unitaire, à l'intérieur et à l'extérieur du NPA, en essayant de retisser le lien avec les déçus. "De 4 000 à S 000 personnes sont parties, parce qu'elles trouvaient le NPA trop sectaire ou à cause de la candidate voilée", dit-il. Un premier rendez-vous est fixé les 5 et 6 novembre à Saint-Denis, en présence de Clémentine Autain du Front de Gauche.


Jean-Luc Mélenchon ? Pas question de rallier pour l'instant l'ancien socialiste, malgré ses appels du pied. Car Grond estime qu'il reste une ambiguïté sur la participation du Front de Gauche à un gouvernement socialiste.

Il attend l'heure de vérité, après la présidentielle : si le PS est au gouvernement, on verra qui le rejoint ou pas. "Ceux qui n'iront pas deviendront alors des partenaires pour la constitution d'un bloc de gauche anticapitaliste", dit-il, convaincu qu'"il y a de l'espace à gauche après 2012, même s'il y a d'ici là un mauvais moment à traverser".


Maël Thierry - Le Nouvel Observateur


Article publié dans Le Nouvel Observateur du 27 octobre 2011

 

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