NPA : Régionales : Divisions et confusions d'un parti qui se cherche

Publié le par dan29000

Pas vraiment facile en ce moment d'être militant au NPA.  Après plusieurs jours de vote à la base, les militants, anciens ou nouveaux se sont montrés divergeants  sur la stratégie pour les régionales.Pour une fois la majorité, position défendue par  Besancenot n'est pas majoritaire après le vote des adhérents.
Ce qui est une bonne chose vu les résultats passés de cette ligne majoritaire.
Une "motion de synthèse" sera présentée au Conseil politique national du NPA dimanche pour définir une "position nationale", annonce Pierre-François Grond, du comité exécutif. 
Ce qui, de l'extérieur pourrait prêter à sourire, car faire une synthèse avec trois projets aussi différents, bon courage ! Mais certains sont très forts dans cet art. Cela devrait donc donner une sorte de "Faut faire comme vous le sentez selon les régions" !

Trois positions étaient soumises au vote dans les assemblées départementales. 4.500 adhérents se sont exprimés sur les 8.000 membres à jour de cotisation, selon le NPA qui a donc perdu en quelques mois un millier d'adhérents.
On peut aussi noter, en passant, qu'il est inquiétant pour une jeune organisation de n'avoir qu'une bonne moitié de ses militants qui votent sur un enjeu aussi important.

La première position (A), signée notamment par Besancenot et Grond, a obtenu 36% des suffrages. Contre tout accord de gestion des exécutifs régionaux avec le PS et Europe-Ecologie, ce qui empêche une alliance nationale avec le Front de gauche, cette motion compte "poursuivre la politique de rassemblement dans les régions".

Le texte B de la fraction l'Etincelle de Lutte Ouvrière qui veut passer "directement" à la campagne du NPA, a recueilli 28% des voix. Enfin, 31% des voix se sont portées sur la position C, soutenue par Leila Chaïbi (membre de la direction), favorables à des "listes unitaires" de la gauche de gauche, à l'échelle nationale et régionale.
"On n'est pas majoritaire", le NPA est "assez partagé sur la politique régionale", a reconnu  Grond qui signale un "double reproche" de la part des militants. "On a été un peu pris en tenaille" entre ceux pour qui la politique unitaire est "vouée à l'échec", et "ceux qui reprochent de ne pas être allé jusqu'au bout" dans les discussions unitaires.
 Cochin (Convergences et Alternative), qui espérait "un choc" en faveur de l'unité grâce au vote des militants, craint que la motion de synthèse ne soit "pas à la hauteur des enjeux". "On veut laisser la liberté aux militants" de rejoindre des listes Front de gauche "ouvertes à des alliances plus larges".
"Avoir 36% des voix, ce n'est pas bon pour la direction d'un parti, il y a un vrai désaveu", a-t-il ajouté, se félicitant de la percée du courant unitaire depuis le congrès de fondation du NPA en février 2009 (+15 points).
Il est clair que ce vote est un clinglant désaveu de la direction du NPA, arcboutée, comme souvent, sur les grands principes révolutionnaires. Et ces grands principes se basent toujours sur l'idée d'être les meilleurs, et les meilleurs seuls. Pourtant on a pu voir aux dernières élections le résultat assez faible du NPA.
Comme un poisson dans l'eau dans les luttes, ce qu'il sait faire mieux que d'autres, le NPA n'a pas encore évolué sur une culture de "l'unité mais autour de nous",et donc cela bloque quand il s'agit d'élections. Gagner seul n'est déjà pas possible pour un grand parti réformiste, mais vouloir emporter des combats électoraux avec les petits bras du NPA, cela semble assez dérisoire, sauf pour une "vieille garde" qui n'a pas encore bien conscience des réalités actuelles.
Il y a encore beaucoup des pratiques de la LCR dans le NPA. C'est sans doute d'ailleurs une des causes de certains départs, cela et aussi la difficulté de la démocratie dans l'organisation.
Ou alors il reste encore l'option, s'occuper un peu moins des élections. Si elles devaient changer vraiment en profondeur la société capitaliste, elles seraient interdites depuis longtemps.

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