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À l’issue de son congrès nous décidons de quitter le NPA.


 


de : eric


lundi 14 février 2011


Issu-e-s d’origines et de traditions politiques et militantes diverses, nous avions répondu à l’appel de la LCR de construire un nouveau parti rassemblant le meilleur des traditions du mouvement ouvrier et des différentes histoires de la gauche, pour proposer une alternative à la crise du capitalisme et au social-libéralisme. Mais au lieu d’être un facteur positif dans la recomposition de la gauche de transformation sociale et d’avancer vers une nouvelle force pluraliste et ouverte, le NPA s’est de plus en plus éloigné de cet objectif. Ce congrès aurait dû être l’occasion de tirer les bilans d’une orientation politique qui, notamment lors des élections européennes et régionales, nous a amené à l’isolement. Il aurait dû permettre d’analyser et de comprendre les raisons de l’importante désaffection militante qu’a subi le NPA depuis son congrès fondateur et qui s’est notamment traduite par sa rétractation sur le seul courant de l’extrême-gauche traditionnelle autour de l’ex-LCR et de petits groupes. Cela n’a pas été le cas, les bilans n’ont pas été tirés. Si cette analyse avait été menée elle aurait permis, au sortir d’un mouvement social inédit, de comprendre l’attente de dizaines milliers de salarié-e-s, acteur-trice-s du mouvement social, syndical, associatif et politique, hommes et femmes de gauche et des classes populaires.


Face à une majorité présidentielle devenue illégitime dans le pays, à un régime institutionnel de plus en plus décrié, une véritable alternative politique à gauche est attendue et indispensable pour mener la bataille idéologique et politique contre les responsables de la crise économique et de la misère sociale, ceux qui font payer cette crise aux peuples en France, en Europe, comme dans le reste du monde. Beaucoup n’en peuvent plus de l’éparpillement irresponsable da la vraie gauche qui l’empêche d’incarner une alternative crédible à un parti socialiste dont on sait qu’il ne fera pas autre chose qu’un Papandréou ou un Zapatero, une fois au gouvernement.


Rassembler l’ensemble des forces politiques à la gauche du PS pour défendre en 2012 et après un programme en rupture avec toutes les variantes du libéralisme : telles sont les urgences de la gauche politique. Les déclarations de dirigeants du NPA pour une candidature « des luttes » ou « du mouvement social » ressemblent plus à une dérobade qu’à une avancée, puisque dans le même temps le congrès du NPA refuse d’engager la discussion pour chercher un accord politique avec les forces rassemblées dans le Front de Gauche ou la FASE. Ce n’est qu’en acceptant d’entrer dans une dynamique unitaire que l’on peut sérieusement engager la discussion sur le programme, et les candidatures les plus à même de représenter le rassemblement. Sans majorité politique à son congrès, le NPA se dirige à nouveau vers la répétition d’une politique isolationniste.


Pour autant, nous considérons toujours que l’expérience accumulée par le NPA ne devrait pas faire défaut à la nécessaire recomposition de la gauche. Mais au regard des échéances sociales et politiques présentes et à venir, la priorité pour nous est désormais de participer à tous les actes concrets qui rapprochent de la constitution d’un front social et politique de la gauche antilibérale et anticapitaliste, qui fasse pièce à la droite sarkozyste comme à la montée de l’extrême droite, et propose une alternative crédible au social-libéralisme. Le Front de Gauche peut être un premier pas dans ce sens, en passant à une nouvelle étape de son développement, en s’ouvrant à d’autres forces politiques, en se transformant pour accueillir dans des collectifs toutes celles et ceux qui veulent les rejoindre sans nécessairement adhérer à l’une des organisations et ne pas se réduire à un cartel de sommet.


Il faut impérativement que toutes celles et ceux, organisations, courants, citoyen-nes engagé-e-s, qui partagent cette même volonté d’unité fassent force politique ensemble.


L’orientation majoritaire du NPA tourne le dos à cette perspective. Membres de la direction sortante nous en prenons acte et nous décidons de ne plus en être. Nous continuerons ce combat notamment avec le courant Convergence et Alternative et avec toutes celles et ceux qui partagent cet objectif, qu’ils aient quitté le NPA ou qu’ils y restent. Nous reprendrons par d’autres chemins le projet que nous croyions possible lors de la fondation du NPA.

 


Leila Chaibi (ex-CE et CPN NPA L’appel et la pioche), Yann Cochin (ex-CE et CPN NPA Clamart), France Coumian (ex-CPN NPA Paris 19e), Maël Goepfert (ex-CPN NPA Paris centre), Danièle Obono (ex-CE et CPN NPA Aubervilliers), Anthony Smith(ex-CPN NPA Reims), Stéphanie Treillet (ex-CPN NPA 94)


De : eric
lundi 14 février 2011

Source : Bella ciao

 

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Le premier congrès du NPA tourne au fiasco


Vincent Duse (P4), Gaël Quirante (P2), Myriam Martin (P1), Léonce Aguirre (P3).  

 

Myriam Martin a le sens de l’euphémisme. Requise dimanche après-midi pour représenter la direction du NPA à la conférence de presse finale du premier congrès de l’organisation anticapitaliste, la jeune femme, membre du comité exécutif, a d’emblée évoqué un congrès « compliqué et difficile », soulignant le caractère « très polyphonique » de son organisation. De la pure langue de bois, quand des délégués quittaient la salle, quelques minutes plus tôt, en pestant sur « un congrès de merde », ou en évoquant de probables « nouveaux départs ».


Entrée dans le congrès avec un texte d’orientation (position 1) qui n’avait recueilli que 40,83 % des voix auprès des 3.550 militants ayant participé aux congrès locaux, la direction du NPA n’est pas parvenue à dégager une orientation commune.
Même l’idée d’un « appel » a minima pour une « candidature de rassemblement anticapitaliste » à la présidentielle, voulue par Olivier Besancenot, qui l’évoquait dans l’entretien accordé à Politis (10 février), n’a pas abouti. Une partie des délégués ne souhaitaient pas que le NPA s’engage dans une préparation de la présidentielle, tandis que d’autres voyaient dans cette proposition un leurre préparant la candidature du facteur de Neuilly en 2012.

Tout au long du week-end, la direction du NPA est apparue tiraillée entre des « identitaires » incarnant le noyau dur trotskiste, qui présentaient deux positions concurrentes (position 2, 28,29% et position 4, 3,4%), et les partisans de l’unité à la gauche du Parti socialiste, dont l’orientation (position 3) était soutenue par 27,20% des adhérents.


Le NPA n’est pas parvenu non plus à trancher le débat qui l’agite depuis la candidature d’une jeune femme voilée aux régionales. Après bien des discussions animées, la question a finalement été renvoyée à une prochaine conférence nationale.


Seul un texte intitulé « nos réponses à la crise » et une motion de « solidarité avec les peuples tunisien et égyptien » ont obtenu un vote très majoritaire.
Cela ne permet pas de sauver l’image d’un congrès désastreux où aucun bilan véritable n’a été tiré des deux premières années d’existence du NPA. Deux années marquées par une importante hémorragie militante : de l’aveu de ses dirigeants le NPA revendique 6.000 adhérents, dont au mieux 5.000 à jours de cotisations (contre 9.000 à 10.000 cartes revendiquées en février-mars 2009).


A l’issue du congrès, sept membres de la direction sortante [1], membres du courant unitaire Convergences et alternative et favorables à un rapprochement sous conditions avec le Front de gauche, ont annoncé dans un communiqué adressé aux militants du NPA, puis à la presse, qu’ils reprenaient « par d’autres chemins le projet [qu’ils croyaient] possible lors de la fondation du NPA » (voir encadré). Sur Mediapart, un autre militant, Guillaume Hervier, fait part de son dépit d’avoir été « berné par une vieille garde de la LCR identitaire, sectaire et imbécile ».


A l’issue de ce congrès calamiteux, la perspective de voir la gauche anticapitaliste et antilibérale rassemblée sur des candidatures communes aux élections présidentielle et législatives de 2012 paraît bien improbable. De tous les fiascos de ce congrès, ce n’est pas le moindre.


Tag(s) : #actualités

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