ONU et presse internationale pointent la xénophobie d'Etat en France

Publié le par dan29000

L’Onu vient de dénoncer une "recrudescence notable du racisme" en France. Institutions internationales, presse étrangère : ils sont de plus en plus nombreux à pointer du doigt la xénophobie d’Etat que met en place le gouvernement français.

Reprise dans la presse internationale, la nouvelle ne manque pas de faire du bruit. Le pays des droits de l’homme aurait un petit problème avec les étrangers. Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'Onu (CERD) a dénoncé mercredi une "recrudescence notable du racisme" en France. La délégation française a eu beau présenter un magnifique rapport de 90 pages sur les efforts fait par l’Etat pour lutter contre les discriminations depuis 2005, les dix-huit experts sont formels : le racisme et la xénophobie augmentent, faute de "vraie volonté politique".

Traitement des gens du voyage et des Roms, débat sur l'identité nationale, non-reconnaissance du droit des minorités dans la législation et durcissement du discours politique : tout a été passé en revue. Les experts ont particulièrement critiqué le système d'attribution de visa de circulation pour les gens du voyage ainsi que le droit de vote conditionné à plusieurs mois de vie dans la même commune.

Une récente montée des critiques

Mais les pays étrangers n’ont pas attendu ce comité de l’Onu pour dénoncer le racisme à la française. On se souvient de l'éditorial du New York Times daté du 5 août, titré Xénophobie : la chasse aux non-Français. D’après le journal, Nicolas Sarkozy "attise dangereusement les sentiments anti-immigrés" au nom de "calculs politiques à court terme".

Deux jours plus tôt, le quotidien belge Le Soir organisait un chat sur "la dérive droitière de Sarkozy".

Au rang de l’actualité politique qui aura le plus choqué la presse internationale : les expulsions de Roms. Le Daily Mail évoquait ainsi, le 30 juillet, les accusations de racisme et de "nettoyage ethnique" envers le président de la République française. Des accusations relatées la veille par United Press International.

Le débat sur l’identité nationale, organisé par Eric Besson, avait déjà suscité des réactions d’indignation. Le quotidien suisse Le Temps s’étonnait des "dangereux délires d’Ubu Besson" et de ses "dérives xénophobes". Le quotidien britannique The Guardian voyait pour sa part la loi d’interdiction du voile intégral comme le "visage découvert" du racisme. Un racisme envers les musulmans exposé par le Los Angeles Times, qui relatait, le 21 juillet dernier, leur sentiment de discrimination.

Les médias étrangers, dont le New York Times, n’avaient pas non plus manqué de remarquer la condamnation de Brice Hortefeux pour injure raciale.

Le reproche ne date pourtant pas d’hier. En 1998 déjà, un rapport de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), relayée par la BBC, dénonçait le racisme français et l’absence de politiques publiques.

Une France qui oublie son histoire

Certains vont plus loin et s’interrogent sur de supposés relents vichystes.

Le 11 mai, Newsweek s’interrogeait sur les similitudes entre la France de 1940 et celle d’aujourd’hui. A côté de la place de l’Etat, du rôle des intellectuels ou encore du cosmopolitisme, la xénophobie liée à l’immigration reste une constante, selon l’hebdomadaire. Il n’hésite pas à comparer la virulences des débats et des politiques xénophobes de 1940 à celle de 2010.

C’est d’ailleurs "son histoire" que "la France oublie", selon les Canadiens du Winnipeg Free Press, en voulant "créer des catégories séparées de citoyens".

Certains experts de l’Onu se sont eux-même un peu emportés sur l’ADN fascisant de l’Etat français. Le nigérien Waliakoye Saidou s’est ainsi exprimé sans détour : "Le carnet de circulation nous effraie, nous rappelle l'époque de Pétain."

Il faut bien reconnaître une chose : loin des idéaux républicains, la France passe pour un pays raciste.

Source : Les inrocks

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