Palestine : à Gaza, le blocus est toujours bien en place, témoignage

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Gaza : le blocus toujours bien en place




Paradoxalement c’est en quittant la bande de Gaza que l’on comprend ce qui s’y passe. Il faut passer la ligne frontière pour réaliser qu’il règne dans ce minuscule territoire une ambiance d’enfermement qui vous comprime le thorax et qui disparaît une fois de l’autre côté. Il faut passer de l’autre côté pour réaliser que les villes et camps de réfugiés sont jonchés d’immondices parce que rien n’est fait depuis des années pour traiter les tonnes d’ordures qui s’amoncellent. Il faut sortir de Gaza pour que reviennent les souvenirs des femmes fantômes dans les rues et des tous petits qui marchent nus pied dans les ordures en donnant la main aux frères et sœurs plus âgés. Il faut sortir de Gaza pour comprendre que ce morceau de terre n’a pas connu de catastrophe naturelle, mais la guerre des hommes. Gaza se décrit en chiffres 40km de long sur 13 km de large. 1,5 million de personnes y survivent, 1,1 million d’entre elles ont le statut de réfugié et sont, par conséquent, aidées par les Nations Unies via l’agence UNRWA, plus de 50% de la population a moins de 18 ans.


La zone porte encore les stigmates de l’opération militaire israélienne « plomb durci » (hiver 2008/2009) : immeubles en ruines, usines rasées, impacts des frappes et de l’opération terrestre sur la santé mentale des habitants, pollution massive de l’eau.... Au delà des destructions de tout ordre, la bande connaît depuis la fin des opérations un blocus imposé illégalement par Israël. Comme l’a démontré un récent rapport commandité par des ONG : les assouplissements du blocus consentis par Israël à l’été 2010 restent illusoires. Si certains points de passage ont été aménagés de manière à faire potentiellement passer plus de camions de marchandises : élargissement des terrains, goudronnage des aires de stockage... les procédures administratives sont telles qu’elles rendent les opérations d’importation cauchemardesques. Au passage de KS les remorques attendent parfois plusieurs jours pour charger des marchandises. Celles-ci ont préalablement connues de multiples contrôles endommageant une partie du stock ou les rendant simplement impropres à la consommation à force de stagnation dans la chaleur du désert. Si les importations de marchandises alimentaires (ou médicales) sont plus nombreuses à pénétrer à Gaza depuis juillet dernier, le problème le plus criant reste la question de la livraison des matériaux de construction nécessaire à la reconstruction, mais également à la mise en place des projets immobiliers initiés par l’ONU (écoles, logements...). Sur toute la bande, on observe des chantiers à l’abandon, alors même que les financements sont assurés et que le taux de chômage est l’un des plus important de la planète. Accompagnant la pénurie organisée, l’inflation des prix des matériaux de construction est effarante, ainsi le sac de ciment coûte aujourd’hui 55 dollars US contre 15 il y a quelques années. Si peu de marchandises rentrent légalement, rien ou presque ne sort de Gaza. Les maigres exportations de fleurs et de fruits se font dans des conditions troubles au regard des entreprises exportatrices. Ainsi personne, y compris les autorités internationales, n’est en capacité de garantir l’étiquetage pourtant légal « made in Palestine » des marchandises.


Au delà de l’organisation de l’asphyxie économique le blocus imposé par Israël n’est pas sans conséquence politique. D’une part, il assure la fortune des propriétaires des tunnels creusés de part et d’autre de la ligne frontière. Ainsi, et malgré le mur souterrain de métal construit par l’Égypte, des centaines de ces installations permettent chaque jour le passage de marchandises, de tout ordre, revendues à prix d’or et transportées au péril de la vie de ceux qui y travaillent . D’autre part, il pousse la population dans les bras du Hamas qui met les habitants sous coupe réglée à tout les âges de la vie : école, aide sociale, nombreuses interdictions faites aux femmes...


Au sortir de Gaza de multiples questions se posent : quel est le projet israélien pour ce territoire ? Statut quo, qui mènera de manière quasi certaine à de nouvelles explosions de violence ? Création des conditions politiques permettant la mise en place d’un « protectorat égyptien sur la bande » qui amputera l’État palestinien d’une partie de son territoire ? Retour des colons dans la zone ? Où encore, comme se le demandent les étudiants de l’université de Naplouse : combien de temps la communauté internationale va-t-elle encore soutenir le blocus ?


Source : La princesse pour hns-info.net
 


Publié dans Monde arabe - Israël

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