Palestine : BDS : criminalisation de l'appel au boycott des produits israéliens

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

Criminalisation de l’appel au boycott des produits israéliens


Paru dans Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek (Luxembourg)

Solidarité avec la Palestine
Criminalisation de l’appel au boycott des produits israéliens

 



S’il est devenu coutumier que, lorsque quelqu’un se permet de dénoncer les agissements intolérables du gouvernement, de l’armée ou encore des services secrets israéliens, cette personne est rapidement taxée d’antisémite, il semble qu’en France les choses s’aggravent, et on assiste à une véritable criminalisation de la solidarité avec la Palestine.



C’est le cas notamment à Mulhouse, où cinq militants de la cause palestinienne, accusés d’incitation à la haine raciale, ont été convoqués le 13 septembre dernier devant le tribunal correctionnel de Mulhouse. Leur « crime » est d’avoir, le 26 septembre 2009, distribué des tracts appelant à boycotter les produits importés d’Israël, et endossé des t-shirts avec l’inscription « Palestine vivra, Boycott Israël » devant l’hypermarché Carrefour d’Illzach.

Nous avons rencontré, à l’occasion de son passage à Luxembourg, pour assister à la conférence de Stéphane Hessel, Farida Trichine, de l’association Justice pour la Palestine Alsace, qui est une des cinq inculpés.

Pour Farida Trichine, la Palestine est synonyme d’injustice avec un grand I. Elle considère qu’elle est le Vietnam d’aujourd’hui et que lutter pour la Palestine, c’est non seulement lutter pour le droit de tous les peuples, mais c’est également défendre le droit international.

Défendant cette cause depuis des années, elle a participé aux manifestations, aux différentes campagnes et conférences, etc. mais malheureusement, à ce jour, tout a été infructueux. Non seulement il n’y a toujours pas d’Etat palestinien, mais il y a toujours occupation et colonisation, le blocus persiste et le mur est toujours là.

Elle explique que la campagne internationale BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) a été lancée en 2005, par 170 organisations représentatives de la société palestinienne, à l’occasion de l’anniversaire de l’arrêt de la Cour internationale de justice qui déclare le mur illégal, et est soutenue par des organisations et des personnalités israéliennes telles que, par exemple, la Coalition des femmes israéliennes pour la Paix, le politologue et historien Neve Gordon, l’historien Ilan Pappe, le cinéaste Eyal Sivan, etc.

C’est en 2009, après le massacre de Gaza, que cette campagne est lancée en Europe. Farida Trichine rappelle que le boycott est une action pacifique qui a déjà été utilisée par Gandhi pour lutter contre l’Empire britannique, par Martin Luther King pour lutter contre la ségrégation raciale et qui a aussi été utilisée dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud.

A l’occasion de la distribution de tracts, Carrefour a fait appel à la Gendarmerie qui, après avoir fait le constat, a relevé l’identité des cinq militants. Carrefour a porté plainte contre eux, suivie en cela par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, qui est une association privée ayant pour objectifs de lutter contre l’antisémitisme et de défendre l’image d’Israël. Pour Farida Trichine, la colonisation est l’expression par excellence de l’inégalité entre les peuples, et elle va à l’encontre des principes républicains : « Liberté-Egalité-Fraternité ».

Elle rappelle qu’Alliot Marie, ministre française de la justice, a envoyé une circulaire à tous les procureurs en les « invitant » à agir avec plus de fermeté envers tous ceux qui appellent au boycott des produits israéliens.

Elle s’inquiète du fait qu’à ce jour 80 plaintes ont déjà été déposées pour les mêmes faits, dont une à l’attention de la sénatrice Alima Boumediene Thiery qui est accusée (tient donc !) d’incitation à la haine raciale. Elle considère, à juste titre d’ailleurs, que l’on assiste à la criminalisation de la solidarité, une manœuvre visant à mettre un terme à la campagne BDS et à museler la liberté d’expression.

Une semaine avant l’audience, Avocats sans frontières, la Chambre de commerce France-Israël et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) se sont joints aux deux premiers plaignants. Lors de l’audience, qui intervient 11 mois après les évènements, la partie civile a demandé le report pour... étudier le dossier. Celle-ci a été reportée au 29 novembre prochain. Il y a 63 ans, à cette date, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé la partition de la Palestine...

Face à de tels agissements, on ne peut qu’exprimer notre entière solidarité avec les militants pro-palestiniens poursuivis pour avoir tenté de défendre le droit international et la justice... et surtout espérer que de telles pratiques ne s’étendent pas à d’autres pays, car il est clair que le danger de contagion existe.

I.P.I Ivano Iogna Prat vendredi 24 septembre 2010

Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek (Luxembourg)

Source : Justice pour la Palestine

Publié dans Monde arabe - Israël

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Laurent Grenoble 09/10/2010 07:11



Bonjour... (et merci d'avoir relayé l'info)


ce serait bien d'ajouter ( je n'ai pas vu)  =


pour signer en ligne l'Appel,  ( sur site  Collectif national pour une paix juste et drurable au Proche Orient)  = http://www.urgence-gaza.net/


(des actions nationales à ce sujet se préparent....)



dan29000 09/10/2010 08:48



oui nous avons prévu de faire un article avec l'appel dans les prochains jours...