Paris : après l'expulsion du squat de la place des Vosges, entretien avec Margaux

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

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Expulsion d'un squat parisien : "Ça n'a pas réglé la question du mal-logement"

Sur Le Post, une porte-parole de Jeudi Noir dit qu'il faut s'attendre à une "radicalisation du mouvement".

 

 




Margaux Leduc a trouvé refuge chez une tante. "Pour quelques jours" seulement. Après, "il faudra trouver une autre solution".

La jeune femme de 25 ans fait partie des 32 squatteurs expulsés samedi matin d'un hôtel particulier de la place des Vosges à Paris. Un bâtiment occupé depuis presque un an par des membres de Jeudi Noir, un collectif de lutte contre la crise du logement.

La cour d'appel de Paris a confirmé, vendredi, la condamnation des squatteurs pour "atteinte au droit de propriété" pour l'occupation de cet immeuble vide de puis 1966. Les squatteurs ont, par ailleurs, été condamnés à verser une indemnité d'occupation de 82.000 euros, rappelle Metro.


Contactée par Le Post, Margaux Leduc, porte-parole de Jeudi Noir explique que le collectif n'entend pas en rester là. "Il y aura d'autres réquisitions de bâtiments vides pendant l'hiver" parce que, dit-elle "l'expulsion d'hier n'a pas réglé la question du mal-logement".

Où ont passé la nuit les squatteurs de la place des Vosges ? "La plupart ont dormi chez des connaissances plus ou moins éloignées, certains sont partis dans d'autres squats. Et puis beaucoup de gens nous ont proposé, sur place ou via Internet, des propositions d'hébergement. Spontanément."

Qui sont donc ces "squatteurs" ? "Nous sommes 32 personnes, toutes jeunes, de 19 à 37 ans, encore étudiants ou jeunes précaires qui travaillons", explique Margaux Leduc. "Mais nous n'avons pas accès au logement parce que nos revenus ne nous le permettent pas."

Pas possible pour eux de trouver une autre solution que le squat ? "Si bien sûr, on pourrait bosser aux 3/8", s'énerve Margaux Leduc. "On l'a déjà entendue celle-là. La propriétaire d'un autre squat nous a même dit un jour qu'il faudrait 'accepter la fatalité de notre situation' et abandonner nos études. Quel est ce discours ? Dans quelle société voulons-nous vivre ?"

Et que répondre à ceux qui les invitent à rester chez leurs parents ? "J'estime qu'à 25 ans, on peut aspirer à autre chose que vivre chez ses parents. Et eux n'ont pas à nous supporter jusque là", revendique-t-elle. Avant d'expliquer que tout le monde n'étudie ou ne travaille pas forcément sur le lieu de résidence de sa famille.

"Nous revendiquons l'accès au logement pour tous les jeunes, que ce soit à Paris, en région parisienne, ou ailleurs", enchaîne la jeune femme.

"Il faut s'attendre à d'autres réquisitions pendant l'hiver", prévient Margaux. "Avec une radicalisation du mouvement parce que même des associations plus institutionnelles que Jeudi Noir montrent leur impatience face au manque de solutions proposées par le gouvernement. Pourtant, il y a des centaines de logements et de locaux inoccupés en France..."

Pour les jours qui viennent, Margaux a un toit. Pour la suite, elle n'en sait toujours rien. "On décidera demain de la suite...", dit-elle simplement.

Un rassemblement doit avoir lieu lundi 18h, place des Vosges.
L’auteur


Violaine Domon
Journaliste à la rédaction du Post

Source : Le Post 

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