Paris : autogestion en Argentine, "Nosotros del Bauen" de Didier Zyserman

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

 

 

hotel--50--.pngmercredi 20 octobre 2010 à 20h Lieu : Paris 5e

Cinéma La Clef  21 rue de La Clef  Métro Censier-Daubenton

Nosotros del Bauen (Nous autres du Bauen) 

Rendez-vous du documentaire engagé

Projection-débat organisée par Politis et Voir&Agir

 

 

 



La projection sera suivie d'un débat animé par Antoine GIRARD avec Didier ZYSERMAN, réalisateur du film, Jérémie REICHENBACH et Maxime QUIJOUX, auteur d'une thèse sur les usines récupérées d'Argentine. enseignant en sociologie à Paris Ouest et chercheur au GISCOP 93.

Libre participation aux frais.
Nosotros del Bauen

Un film de Didier ZYSERMAN
avec la collaboration de Jérémie REICHENBACH
2010, 95 mm


Le mouvement des entreprises récupérées d'Argentine, après la crise économique et financière qui a frappé le pays en 2001, suscite d'autant plus d'intérêt que la crise est, aujourd'hui, devenue mondiale.

Dans le coeur de Buenos Aires, l'hôtel Bauen, fut construit sous la dictature militaire, pour accueillir la coupe du monde de football. Durant 25 ans, ses employés ont servi l'élite argentine et accueilli les touristes venus du monde entier. Depuis mars 2003, ils travaillent en autogestion, se partageant les tâches et les salaires, votant lors des assemblées générales toutes les décisions les concernant. Elena, Osvaldo, Santiago, Marcello, sont quelques-uns des employés de la coopérative. Ils luttent aujourd'hui contre leurs anciens patrons, désireux de récupérer l'immeuble à leur profit. Droit au travail contre droit à la propriété, quelle légitimité l'emportera ?

À partir de ce lieu unique, témoin de l'histoire tourmentée de l'Argentine, s'expérimente, chaque jour, le travail sans patron. Le film plonge au cœur de l'autogestion et rend compte de l'Argentine d'aujourd'hui.
L'histoire de l'hôtel
1978, le Bauen est inauguré en grande pompe par son nouveau propriétaire, Marcello Iurcovich. Ce dernier bénéficie, en raison de ses liens avec les hommes de la dictature, d'un prêt exceptionnel de 20 millions de pesos jamais remboursé.
1989, Carlos Menem nouveau président de la république prononce son discours d'investiture au salon Ambassadeur. Les images feront le tour du monde entier. Ces années-là, marquées par la corruption et le partage du pays au profit d'intérêts privés seront surnommé les années « pizza et champagne ». On raconte que d'immenses orgies se déroulaient dans les salons du Bauen, rassemblant politiciens péronistes et hommes d'affaires.
1997, face à la concurrence des nouveaux hôtels de luxe, le Bauen périclite. Il est vendu à la société chilienne Solari SA, avant de fermer définitivement ses portes en décembre 2001.
Mars 2003, une trentaine d'employés venus réclamer l'arriéré de leurs salaires, occupent durant 1 an le hall de l'hôtel. Après s'être mis en relation avec le MNER (Mouvement National des Entreprises Récupérées, syndicat des coopératives ouvrières de production), mouvement le plus important parmi les entreprises récupérées, ils créent la coopérative ouvrière des travailleurs du Bauen, puis rouvrent progressivement l'hôtel au public.
Mars 2004, ouverture des salons, puis des chambres au public. La cafétéria l'UTOPIA est entièrement reconstruite, grâce à l'aide entre autres de l'usine de céramiques Zanon.
Décembre 2005, vote par le parlement de Buenos Aires de la restitution de l'hôtel à la famille Iurcovich. Début de la mobilisation en faveur de la coopérative. La loi sera annulée en juin 2006.
Février 2007, suite à un court-circuit, un début d'incendie prend dans une chambre du quatrième étage. Avant l'arrivée des pompiers, l'hôtel est évacué en 7 minutes par les employés. C'est le prétexte qu'attendaient les Iurcovich pour dénoncer les conditions de sécurité de l'hôtel. Une centaine de policiers bloque l'entrée de l'hôtel.
Avril 2007, création d'un nouveau syndicat, le FACTA (Fédération Argentine des Coopératives de Travail Autogérées), dans le but de remplacer le MNER considéré comme défaillant.

Source : http://voiretagir.org/spip.php?article122

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