Paris : festival des Résistances et des Alternatives (FRAP)

Publié le par dan29000

 

 

FRAP

Festival des Résistances et des Alternatives à Paris (FRAP) 2011 - 25 mai au 8 juin



EDITO

Mai 2011, qui se souvient encore que cet automne des millions de personnes sont descendues dans la rue ? Il est vrai que ce fut de manière inattendue ! Et qui aurait pu croire qu’une stratégie de grève de 24h à répétition organisée d’en haut par des centrales syndicales remporteraient un tel succès ?!! Deux mois et demi d’agitation, le FESTIVAL DES RESISTANCES ET ALTERNATIVES DE PARIS qui chaque année essaye de faire le point sur les luttes en cours reflète cette parenthèse dans le temps de l’acceptation sociale. De ce mouvement, il reste ce foisonnement souterrain d’initiatives sur Paris, ces multiples rendez-vous qui tous les jours donnent des migraines à celles et ceux qui veulent être là où les luttes sont. Nucléaire, gaz de schiste, éducation, Rroms, etc. Malheureusement, à l’image des journées de cet automne qui ne surent pas devenir "mouvement", toutes ces luttes restent émiettées et dans un cadre bien national.

 

Cette année, le FRAP a donc décidé de se joindre aux réseaux qui dénoncent le G8-G2O et de se donner un caractère plus international en revenant sur les luttes contre les dictatures en Afrique, mettant en lumière la Russie antifasciste, les luttes populaires en Amérique latine, etc.

 

Sinon, à son habitude, pour battre en brèche les cloisonnements, le festival se veut cocktail entre individus et collectif, entre générations, au-delà de nos milieux sociaux. Débats, actions, repas, musique, théâtre, nuit de projection il ne saurait y avoir un cadre établi pour les journées du FRAP. Sexualité, art et politique, critique du sport, LUTTOPIE se doit d’être globale. Enfin, en cette période pré-électorale, la dernière journée sera consacré à un atelier de préparation à la grève générale car il faut bien préparer le futur !

 

Le programme du FRAP sera marqué du sceau de notre fantaisie car la résistance n’est pas un sacerdoce et aussi dédié à nos amours car enfin, nos désirs doivent être à la hauteur de nos révoltes et nos révoltes à la hauteur de nos désirs.

 

PROGRAMME

Mercredi 25 mai

 

Ouverture du FRAP
lieu à préciser / 19 h Apéro avec numéro de clown et de magie.

 


Jeudi 26 mai

 

Mobilisation anti-G8-G20
lieu à préciser / Journée de mobilisations : réservez votre matinée  ! / La Petite Rockette, 6 rue Saint Maur – métro Voltaire / 19 h Débat sur les enjeux du G8-G20 et les résistances internationales.

 


Vendredi 27 mai

 

Mobilisation anti-G8-G20
Métro Belleville, jusqu’à Gambetta / 18 h Manifestation-parade contre le cirque sécuritaire. / La Petite Rockette, 6 rue Saint Maur – métro Voltaire / Soirée concert.

 


Samedi 28 mai

 

Afrique : dictatures, révolutions, migrations
Le Carrosse, 14-16 rue du Capitaine Marchal – métro Porte de Bagnolet / 19 h Débat “Afrique : dictatures, révolutions, migrations”. / 21 h Nuit de projections.
[LE FRAP SOUTIENT — pl. de la République, 14 h : «  D’ailleurs nous sommes d’ici  », manifestation contre le racisme, contre la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers]

 


Dimanche 29 mai

 

La Rôtisserie en lutte
La Rôtisserie, 4 rue Ste Marthe – métro Belleville / 10 h Brunc h et débat sur la Rôtisserie, restaurant associatif de quartier menacé d’expulsion. Education : alternatives
Lycée Autogéré, 393 Rue de Vaugirard – métro Porte de Versaille / 13 h Film (à préciser) & introduction sur l’histoire de l’école. /
Présentation-débat sur les méthodes alternatives-émancipatrices. /
Conférence gesticulée de Pauline Christophe : “En sortant de l’école”, suivie d’un débat. / Concert : Les Campeuses Sauvages et fête.
[LE FRAP SOUTIENT — Maison de la Plage, rue Dénoyez – métro Belleville, 14 h : «  Articulture - Land Art Urbain : faire pousser l’art et le végétal dans sa ville  »]

 


Lundi 30 mai

 

Critique du sport en paroles & en acte
Moulin à café, 8 Rue Ste Léonie – métro Pernety / 19 h Apéro-bouffe (et peut-être jeu de boules) / 20 h Film La solitude du coureur de fond. / 21 h
Débat, sans personne supposée-savoir.

 


Mardi 31 mai

 

Rroms : villages d’insertion
Sans Plomb, 9 rue Ernest Renan – métro Mairie d’Ivry / 19 h Projection du documentaire Xasarde droma, les routes perdues d’Aude-Léa Rapin et Adrien Selbert (La naissance d’un bidonville aux portes de Paris, jusqu’à ce que survienne un matin l’expulsion... et la résistance). / 20 h Écoute d’un montage sonore sur les villages d’insertion suivie d’une discussion autour de plusieurs expériences de villages d’insertion en Île-de-France. / Repas, bar, infokiosque, table de presse.

 


Mercredi 1er juin

 

Écologies collectives
Jardin d’Ecobox, 8-10 impasse de la Chapelle – métro Marx Dormoy / 19 h À partir des présentations et témoignages de différents collectifs, nous verrons comment ils fonctionnent, en essayant de comprendre les problèmes rencontrés et les solutions envisagées : circuits courts, achats collectifs et systèmes d’échange (Amap, groupements d’achat, SEL, boulangerie coopérative à Montreuil), expériences d’habitat collectif (jardin d’Alice), habitat coopératif (Zelda, Clip), vie de quartier - lien social (jardins partagés, La Rôtisserie, l’Interloque). / 20 h Conférence gesticulée sur les Villes en transition / 21 h Mise en perspective des différentes associations avec le mouvement Villes en transition / 22 h Repas, bal.

 


Jeudi 2 juin

 

SexTAZ 2 : zone érogène autonome
lieu à préciser / 10 h 30 Accueil / 11 h Film Vade retro spermato. / 12 h 15 Atelier “Règles et contraception”. / 13 h 30 Pause. / 14 h Débat “Sexe et norme et inégalités”. / 16 h Musique avec les Punaises. / 17 h “ Ni propriétaires, ni locataires, amours libres” : débat en petits groupes non mixtes sur la possessivité, la jalousie et l’amour libre. / 18 h Retour en mix-cité. / 19 h Bouffe (+ théâtre s’il y a). / 20 h Écoute collective de l’émission “Cas libres” (en direct tous les jeudis soir). / 20 h 30 Concerts.

 


Vendredi 3 juin

 

Gaz de schiste et nucléaire
lieu à préciser / 19 h 30 “Gaz de schiste, nucléaire : les énergies destructrices”, débat sur les fausses solutions du capitalisme.

 


Samedi 4 juin

 

Critique du sport en paroles & en acte
Parc Montreuil / 11 h Jeu traditionnel “Poules-renards-vipères”. Critique du sport de compétition à travers un jeu qui contredit la logique binaire d’affrontement propre au sport. Peut-on trouver son plaisir dans le jeu et non dans l’écrasement de l’autre ? / 13 h 30 Pique-nique et débat.

 

Luttes populaires en Amérique latine
Casa Poblano, 15 Rue Lavoisier, Montreuil – métro Robespierre / 13 h Documentaires proposés par le collectif Guatemala (Le business de l’or, conflit autour d’une mine d’or et d’argent), et le collectif brésilien Vira Lata (contestation face à des projets de barrages hydroélectriques en Amazonie). / Débat sur les réactions et organisations populaires face à des projets aux coûts sociaux et environnementaux très lourds. / 16 h 30 Pause musicale-théâtrale. / 17 h Projection de documentaires très courts (10-15 min.) proposés par les collectifs Alerte Honduras (vidéos d’organisations féministes sur la protestation du peuple hondurien dans la rue pendant le coup d’Etat), Pico y pala (un cas de “gatillo facil” – ”gachette facile” – de la police de Buenos Aires, et les réactions populaires – “escraches” devant les postes de police pour réclamer vérité et justice) et les Trois passants (Éducation et résistance, sur la répression des professeurs à Puebla au Mexique en 2009). / Débat autour de la répression, de la criminalisation des mouvements sociaux, de la désinformation et de l’organisation de la population qui tente d’y faire face. / 20 h Buffet-repas. / 21 h Concert (à confirmer).

 


Dimanche 5 juin

 

Politique-art
Le 60 AdaDa, 60, rue Gabriel Péri – métro St Denis-Basilique Dans le cadre du festival EXcroissance et du FRAP. / 13 h 30 Film Nous, Arzonautes : première expérience parisienne de squat artistique. / 14 h Débat : “Squat, art et subversion”. / 15 h 30 Conférence-diaporama “La Main dans la gueule du passant” : promenade dans l’affiche politique à travers le thème de la main, par Sébastien Marchal, graphiste, suivie d’un débat. / 17 h 30 Performance par Laurent Chanel (A.R.N). / 18 h Débat : “Pendre le dernier artiste avec les tripes du dernier militant, est-ce la bonne solution ?” Échange d’expériences et de points de vue sur les articulation possibles entre art et politique, avec (sous réserve) John Jordan, Gérard Paris-Clavel (Ne pas plier), Homorattus, Comipok’, A.R.N, Goxo, Valérie Saint-Do (Cassandre). / 20 h Art culinaire. / 21 h 30 Moment spectaculaire avec Ouffnon ou Permaloso.

 


Lundi 6 juin

 

Résistances en Russie
lieu à préciser/ 19 h 30 Projection d’un documentaire sur les résistances en Russie. / 21 h Débat.

 


Mardi 7 juin

 

Critique des médias
La Commune libre d’Aligre, 3 rue d’Aligre – métro Gare de Lyon / 19 h Film Fin de concession de Pierre Carles. / 21 h 15 Buffet et débat sur la presse alternative avec CQFD, Offensive, L’Autre Ment, Fakir, Article 11...

 


Mercredi 8 juin

 

Préparer la prochaine grève générale
lieu à préciser/ 19 h 30 À partir des expériences du mouvement sur les retraites : comment se sont organisées les caisses de grève, les AG interpro, les AG de ville...

 

CHARTE

Ecrite pour le FRAP 2006 valable en 2007, réactualisé en AG pour 2008, et re-valable en 2009-10-11.

 

Soutenir les luttes et les alternatives, créer un espace public de réflexion, de rencontre, d’expérimentation, de créativité et de fête.

 

Chaque année, des individu-e-s, des associations, des squats et des collectifs préparent au sein d’assemblées générales organisatrices, le Festival des Résistances et des Alternatives à Paris (FRAP).

 

D’où vient le FRAP ?

 

Les "Festivals des Résistances" apparaissent à la fin des années 90 à Limoges, puis à Rennes (1999) et Grenoble (FRAKA, Festival de Résistances et d’Alternatives au Kapitalisme, 1999). En 2001, cet engagement s’étend sous des noms différents à Gap, Angers, Bayeux, Lyon, Brest, Saint-Etienne, Dijon et Paris.

 

Des fils se tissent entre ces festivals, mais les échanges restent limités. Tous ne renouvellent pas l’expérience. Les organisateurs-trices des FRA ne souhaitent pas créer de coordination nationale, mais décident parfois de mutualiser leurs expériences. En 2003, le FRAP est en lien avec le FRAKA de Grenoble et le Festival des Résistances et des Alternatives de Saint-Etienne. Depuis 2004, des festivals ont lieu à nouveau à Grenoble, à Lyon ou à Nantes. En 2005, le FRAP a eu lieu du 5 au 22 mai dans différents lieux à Paris.

 

Pas de subvention !

 

Le FRAP s’auto-finance grâce à la libre contribution de chacun et est fidèle aux principes de gratuité, d’accès et de prix libres. Un but du FRAP est de mutualiser des moyens humains et techniques à notre disposition (récup’, glanage, auto-production) tout au long de l’année, pour mettre en place un projet commun. Ce faisant, le FRAP démontre qu’on peut faire des choses avec un petit budget et dément l’idée reçue selon laquelle, plus on a d’argent plus on a de moyens. Cette pratique d’échange et de solidarité fait que nous, artistes, squatteurs, militants, associations, collectifs, syndicats et individus, gagnerons ensemble en autonomie. Certaines organisations subventionnées participent au FRAP, mais le FRAP lui-même n’est pas subventionné.

 

Agir hors du champ électoral !

 

Le deuxième élément indiscutable de l’identité du FRAP est un positionnement contre le spectacle électoral. Jusqu’en 2002, le Festival a eu lieu au moment d’élections nationales. Un des buts du FRAP est de proposer des alternatives au modèle présenté par les candidats et journalistes. La conséquence première de ce positionnement est de refuser des groupes qui veulent participer au FRAP pour soutenir un parti ou une candidature à des élections.

 

Sous le principe de zone d’autonomie temporaire, le FRAP se réapproprie l’espace public. A la fois éphémère comme lieu de discussions, d’échanges, de propositions, c’est aussi un espace de respiration sociale, de partage et de construction d’alternatives plus tenaces. Comme le militantisme n’est pas un ascétisme, la fête et les formes d’expression artistiques, anti-répressives et (ré)créatives participent à la rencontre et à l’élaboration collectives des résistances.

 

Vers une organisation collective et autogestionnaire de l’événement.

 

Le FRAP est organisé collectivement, avec des assemblées générales décisionnaires non-hiérarchiques. C’est là que sont discutées toutes les propositions et qu’ont lieu les débats entre participants. L’organisation est donc décentralisée et autogérée. Les lieux de réunions et de festivités correspondent à sa volonté de subversion et d’indépendance. Le travail préparatoire en ateliers rend compte en assemblée générale de ses propositions de réflexions et d’actions. C’est une double revendication de contenus théoriques et de réalisations communes. Cependant, le FRAP ne se contentera pas d’une « critique de la vie quotidienne » mais vivra quotidiennement sa critique. Ici, il y a un vouloir-vivre le monde pour le changer et un vouloir-changer le monde pour y vivre. Le FRAP réclame aussi son éclectisme. Cela ne veut pas forcément dire chercher le consensus à tout prix. Le FRAP tente de mêler diverses approches du militantisme ou de l’engagement, à provoquer des rencontres inattendues avec d’autres modes de vie, de pensée, d’action...

 

Le FRAP est son propre média

 

Le FRAP revendique l’autonomie dans sa communication. La récupération par les média dominants des discours et des images des luttes implique que nous fassions notre propre communication par l’affichage, la diffusion de programmes, l’annonce des thématiques sur les médias alternatifs. La continuité des FRAP et la circulation d’informations toute l’année permettent une mise en réseau informelle et pourtant durable.

 

Que devient le FRAP en 2008 ? Est-il mort comme Paris est mort ?

 

L’actualité s’accélère, les enjeux politiques semblent devenir plus graves, la société prend des allures de plus en plus autoritaires. En 2008, le festival sera encore ce que les organisateurs-trices qui se rassembleront voudront en faire. Un des objectifs sera de permettre aux participants de plus en plus nombreux de prendre part à la vie du FRAP et de favoriser la pratique de l’autogestion. Le FRAP est un espace dans l’année qui permet de prendre du recul et de réfléchir ensemble, ce moment de réflexion n’est pas contradictoire avec l’action. En refusant le rythme des gouvernements, des média, et leurs règles, en sortant aussi de l’urgence militante tout en soutenant les luttes, nous voulons être dans l’actualité autrement.

 

Ce sera avant tout une aventure collective. Si vous souhaitez participer, ajouter votre pierre à l’édifice, proposer une exposition, une action, un espace, du matériel, des talents (cuisine, musique…), une idée…

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