Paris : Jeudi d'Acrimed, le sexisme dans les médias

Publié le par dan29000

Prochain « Jeudi d’Acrimed » : « Sexisme des médias, sexisme dans les médias » (26 janvier)

par Acrimed, le 5 janvier 2012

 

 

Si le sexisme continue à structurer la société française, il ne s’arrête évidemment pas à la porte des grands médias. Bien au contraire, ces derniers constituent l’un des principaux vecteurs de reproduction et de légitimation de la domination des hommes sur les femmes : des femmes rendues quasiment invisibles ou réduites à quelques clichés éculés, des violences masculines banalisées, des inégalités entre hommes et femmes minimisées, un mouvement féministe ringardisé. Ce « jeudi d’Acrimed » a donc pour but d’ouvrir le débat : quelles formes nouvelles prend le sexisme médiatique ? Comment s’opposer au sexisme des médias et dans les médias ? Des médias anti-sexistes peuvent-ils, dans l’état actuel de la presse, émerger et trouver une audience de masse ?

« Jeudi d’Acrimed »
jeudi 26 janvier 2012 à 19 heures
à la Bourse du travail de Paris
3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e

Avec Sylvie Tissot, professeure à l’Université Paris-8 Saint-Denis, militante féministe et co-animatrice du site Les mots sont importants, et Christine Delphy, sociologue et militante féministe (sous réserve).


En guise de présentation du débat

Le 7 décembre dernier, la Commission de réflexion sur l’image des femmes dans les médias publiait un long rapport, traitant de la place des « expertes » dans le paysage médiatique français [1]. Le verdict de l’étude est implacable : on apprend ainsi que dans la presse hebdomadaire « généraliste », les femmes ne représentent que 14,6 % des « experts » convoqués (universitaires, analystes, journalistes spécialisés...) ; dans les principaux journaux télévisés, les experts sont à 84 % masculins.

Le 25 septembre 2008, la même commission remettait un autre rapport [2], proposant une analyse plus globale de la place des femmes dans les divers médias (presse écrite, télévision, radio et internet). Un rapport aux conclusions déjà sans appel : en effet, malgré quelques timides « avancées », le document relevait, nombreux exemples et chiffres à l’appui, « une pléthore d’archaïsmes et d’atteintes à la valeur des femmes ». Plus précisément, « une infériorité numérique tous médias confondus », « un statut secondaire et une invisibilité des thèmes de la modernité des femmes », « une normalité du corps et du sexe qui joue comme normativité » et « un conformisme général qui perpétue les stéréotypes de genre ».

L’invisibilisation médiatique des femmes, relevée par le récent rapport sur les « expertes », est donc en réalité la partie émergée de l’iceberg, un phénomène qui s’inscrit dans une logique sexiste aux multiples facettes. Ces derniers mois, « l’affaire DSK » a joué à cet égard un rôle de puissant révélateur : des « plaisanteries » sexistes les plus ignobles à la remise en question permanente de la parole des femmes dans les affaires de violences, en passant par les analyses d’une grande finesse sur les « pulsions masculines » et sur les places respectives (et immuables) des hommes et des femmes dans la société, rien ne nous aura été épargné. C’est ainsi de mille manières – parfois difficiles à débusquer – que les médias dominants contribuent au maintien de la subordination des femmes, y compris la presse dite « féminine », qui ne vient souvent que redoubler et réactiver, sous des formes prétendument « modernes », les plus vieux clichés machistes.

Quelles formes nouvelles prend le sexisme médiatique ? Comment s’opposer au sexisme des médias et dans les médias ? Des médias antisexistes peuvent-ils émerger et trouver une audience de masse, dans l’état actuel d’un monde médiatique largement soumis aux exigences de profitabilité et dépendant des revenus publicitaires ?

Ce sont ces différentes questions que l’on aimerait aborder dans ce « jeudi d’Acrimed », en lien avec le dossier de notre magazine imprimé : Mediacritique(s) n°2, récemment paru.

Notes

[1] Le rapport en question s’intitule : « Les expertes : bilan d’une année d’autorégulation collective » et se trouve disponible ici.

[2] Celui-ci, disponible ici, s’intitule : « Rapport sur l’image des femmes dans les médias

 

Source : Acrimed

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