Paris : le conseil de Paris vote enfin une diminution de la pub de 30%

Publié le par dan29000

 

 

A Paris, la pub perd de l'espace

Le conseil de Paris a voté, ce mardi, un texte portant sur la place de la publicité dans la ville. Sa présence dans les rues va diminuer de 30%.


Par MATHIAS DESTAL

 

 

Le conseil de Paris, réuni lundi et mardi à l'hôtel de ville, a voté le règlement local de publicité (RLP). Ce règlement, légèrement modifié en 2007, va conduire à réduire le nombre des publicités dans les rues de la capitale d'environ 30%. Une mauvaise nouvelle – attendue – pour les professionnels du secteur soutenue par les élus UMP qui ont critiqué un projet irréaliste.

«Les panneaux publicitaires parisiens sont très importants pour nous. C'est la meilleure vitrine qu'on puisse attendre», estime Stéphane Dottelonde, président de l'Union de la publicité extérieure (UPE), le syndicat des afficheurs tel que le géant JC Decaux. Selon ses estimations, la réglementation souhaitée par Betrand Delanoë et son équipe municipale correspondrait à un manque à gagner de l'ordre de 40 à 45 %. Mais, en bon professionnel, Stéphane Dottelonde affirme que «l'important n'est pas qu'il y ait le plus de publicité possible dans les rues mais qu'on la trouve là où elle est utile».

Du plomb dans l'aile

Le groupe de travail, réuni depuis avril 2010 autour de Danièle Pourtaud, adjointe de Delanoë chargée du patrimoine, et incluant des représentants de l'Etat et du monde de la pub, a arrêté plusieurs dispositions contraignant les intérêts de l'UPE. En premier lieu, il y a la mise au banc des 920 panneaux 4 par 3 (12 m2) que compte la capitale. Soit 40 % des 2413 panneaux fixés aux murs des immeubles.

Le RLP prévoit également de mettre fin aux zones de publicité élargie, les plus souples en matière d'affichage. Il s'agit principalement des espaces périphériques où s'enchaînent des dizaines de panneaux publicitaires les uns à la suite des autres.

Les publicités lumineuses, elles aussi, prennent du plomb dans l'aile. Les réclames lumineuses sur les immeubles haussmanniens vont être décrochées. Mais l'UPE a réussi à contraindre les velléités de la Ville qui souhaitait aller plus loin sur ce point. «Nous sommes parvenus à modifier cette disposition. Elle prévoyait d'élargir l'interdiction aux toits-terrasses», précise Stéphane Dottelonde. Comprendre: la suppression des toits, essentiellement localisés en périphérie, revenait à entériner la disparition presque totale de l'affichage lumineux en hauteur.

Cadre de vie

Un élément toutefois n'est pas passé sous les fourches caudines des afficheurs: la disparition des affiches à moins de cinquante mètres des établissements scolaires. Un élément dont Stéphane Dottelonde avait fait «un combat de principe»: «cela va de soi qu'il faut protéger les enfants mais c'est un contrôle injuste des messages sachant que nous ne faisons pas de ciblage dans leur direction.»

«Pourtant, ce n'est pas ce qui va le plus pénaliser les sociétés d'affichage», s'étonne Danièle Pourtaud. La présidente du groupe de travail se dit confiante. Ce point, comme les autres, devrait être largement accepté lors du vote de mardi. D'autant que le nouveau RLP n'a rien de radical dans son contenu. «Il ne s'agit pas de faire disparaître la publicité», précise avec insistance l'ancienne sénatrice de Paris. «Nous ne sommes pas anti-pub.» Rien à voir avec le projet fou entrepris par le maire de São Paulo, Gilberto Kassab. Il est parvenu à faire de la mégalopole brésilienne la première ville du monde sans publicité. (Voir la vidéo ci-dessous)

 

Danièle Pourtaud dit simplement essayer de répondre à «une demande des Parisiens qui sont de plus en plus soucieux de leur cadre de vie ». Et du point de vue économique – l'affichage extérieur a représenté une manne de 26 à 28 millions d'euros pour la ville en 2011 – elle se veut rassurante. Les trous dans la caisse municipale ne devraient pas être trop importants. Car «les afficheurs trouveront rapidement un nouveau modèle pour occuper le marché», pronostique-t-elle. Les premiers effets visibles du texte prendront dès le mois de juillet.

 

Source : libération

 

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