Paris : Pas le droit de manifester pour 240 Soissonnais accompagnés de 50 élus

Publié le par dan29000

Ça gaze à la Concorde !

 

 


Si vous appartenez à des régions dévastées par le chômage, si vos usines ferment, ne vous imaginez pas que monter ou descendre à Paris pour interpeler les pouvoirs publics va attirer leur écoute et leur bienveillance.


C’étaient des mœurs d’autrefois. Maintenant ces petites plaisanteries sont finies. Les manifestants doivent savoir qu’on présente ses doléances à ses risques et périls. Mieux vaut rester chez soi. Qu’on se le dise !

Ceci s’est passé chez nous, hier 5 décembre 2012.

240 manifestants venus du Soissonnais, accompagnés d’une cinquantaine d’élus qui avaient pris place à bord de six cars, se sont fait, d’une part, enlever par des gendarmes, toutes sirènes hurlantes, dès leur arrivée à Paris, puis conduire dans un coin de la place de la Concorde où ils sont restés bloqués cinq heures avec impossibilité de partir, encerclés, comme dans un western, par quatorze cars de gendarmerie ! Pipi ? On autorisait quatre personnes accompagnées à quitter un instant le groupe ! Au bout de quatre heures à rester debout certains commençant à trouver la plaisanterie saumâtre, une vingtaine a tenté une sortie et là, s’est fait gazer à bout portant. Pourquoi ce numéro de cirque ? Il paraît que les ordres étaient d’empêcher ces hommes du Soissonnais de rejoindre les Arcelor-Mittal qui étaient à l’assemblée.

Il est vrai que le danger était grand et que si ces élus chenus du Soissonnais avaient rejoint les Arcelor, tout chauds de leurs hauts fourneaux, cela aurait certainement donné une révolution ! Peut-être que ces enragés se seraient encore plus enragés en rageant de concert et auraient pris la décision d’aller égorger des ministres ! Oui, un immense danger planait sur la France si les maires du Soissonnais avec rejoint les furieux d’Arcelor….Merci à la gendarmerie !!

 

Tout avait commencé par un appel à manifester de Jean-Marie Carré - Président de la Communauté d'Agglomération du Soissonnais.

 De quoi se mêle-t-il ?

 Un DVG par-dessus le marché ! Ne faut-il pas partie de la majorité ? N’a-t-il pas compris que le gouvernement fait ce qu’il peut et qu’en 2017, sans doute, avec une certaine mortalité due aux famines, tout ira mieux dans ces régions ? Mais voici l’appel de cet inconscient.

 

 "Tous ensemble, salariés, citoyens, élus, doivent montrer leur détermination à voir s'arrêter la casse de l'emploi qui a déjà frappé 7000 salariés en 34 ans et 2000 emplois ces dix dernières années. Notre unité représente une force et c'est tous ensemble que nous allons à Paris pour demander à ce que le territoire et les salaries des entreprises soient entendus dans leurs revendications. Le fonds FEDER s'est vu alloué 200 millions d'euros et moins de 5% de ces fonds sont consacrés aux territoires en difficultés ! Pourquoi ? Ces aides pourraient aider le Soissonnais à se relever mais rien n'est fait. Le Soissonnais n'existe pas, il semble de moindre importance. Pour cette raison j'interpelle directement le préfet de région et lui demande de regarder ce qu'il se passe dans sa région, sur notre territoire. J'interpelle également les pouvoirs publics, c'est pour cette raison que je vous invite à venir manifester mercredi 5 décembre à PARIS.

 

Là-dessus, certains vont même jusqu’à éditer un tract.

 

LE GRAND SOISSONS INVISIBLE POUR NOS GOUVERNANTS !

Marre d’être invisible, SOISSONS expose son savoir-faire à PARIS

Les Salariés maltraités et les élus viennent ensemble présenter leurs revendications à l’Etat.

A Soissons, pour une agglomération de 51.000 habitants, 7.000 emplois industriels ont été détruits en 34 ans, soit une moyenne de 205 emplois par an. Un Florange tous les trois ans pendant 34 ans !

Des pans entiers de l’industrie effondrés, des savoir-faire de renommée mondiale disparus dans les secteurs de la chaudronnerie fine, du cartonnage, du verre, de la métallurgie, du caoutchouc. Et des noms d’entreprises qui faisaient la fierté de la France et qu’on aura bientôt oubliés comme BSL Industrie, Wolber-Michelin, AR Carton, Berthier, Trailor. Et puis d’autres sociétés, comme Saint-Gobain, qui ont très largement taillé dans l’effectif salarié.

A chaque fois, la catastrophe économique se conjugue avec un drame social et humain, des souffrances individuelles et familiales indicibles

Décembre 2012, un Joyeux Noël dans une bonne odeur de sapin !

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 .

 

Valls le Kyste, informé de ce projet, et très attaché, on le sait, à ce que la Nation ne soit pas abandonnée à ces islamistes enragés, (ah ! non pardon, il ne s’agit pas d’islamistes, mais bon, j’ai réussi à prononcer le nom deux fois, je vais être publiée dans les medias mainstream ! Chic !) Donc Valls le Kyste ou un de ces sbires a décidé d’accueillir cette meute désordonnée et de lui faire visiter un des coins de la place de la Concorde. De là à les laisser pendant cinq heures avec interdiction de bouger, une sorte de garde à vue en plein-air, on se demande si on rêve. Aucune baraque à frites mais, donc, un arrosage conséquent quand une vingtaine de gars a voulu sortir de ce traquenard.

 

 Il y a en France, en ce moment, un commerce qui marche du tonnerre, c’est celui des bombes lacrymogènes. Et en Europe aussi d’ailleurs. Reconvertissez-vous dans la bombe lacrymo et vous ferez fortune ! (On les fait à Taïwan et au Bengladesh ? Ah ! OK !)

 

Ont-ils été reçus au bout de cinq heures ? Non. Le gouvernement Hollande, on le sait, ne reçoit que Parisot et Mittal.

C’est alors que trottinant sur ses talons, et sortant de l’assemblée où elle venait d’interpeller le ministre le plus ridiculisé du gouvernement, ce Montebourg, qui voulant démissionner, ne démissionne pas parce qu’on lui a dit, contraint et forcé, qu’il a bien travaillé, après l’avoir baisé dans tous les sens et même à contre-sens, Madame Marie-Françoise Bechtel, élue du Soissonnais, arrive donc devant le groupe, s’approche sous les huées car il paraît qu’elle ne s’occupe guère de ses ouailles et est soudain interpellée par une journaliste qui couvre l’évènement : Catherine Dauriac. Celle-ci lui demande : « Pouvez-vous simplement nous expliquer pourquoi nous sommes bloqués ici depuis 4 heures après avoir été gazés ? » 

C’est alors qu’elle obtient une réponse que l’on peut qualifier, sans crainte, d’historique car je me demande où, quand et comment on a déjà entendu une réplique d’une telle pertinence. Mme Bechtel dit :

-Pourquoi ? Vous voulez sortir ?

Non, Mme Machin, ils voulaient rester là jusqu’à Noël pour faire leurs courses ! Ils avaient même l’intention de faire du camping !!!!! 

La dite Bechtel ayant enfin été confirmée dans ce désir étrange et incompréhensible, à savoir s’extraire de l’étreinte gazeuse de la maréchaussée, téléphone aussitôt au préfet, des ordres sont donnés et on laisse sortir les pique-niqueurs.

Tout ceci étant dit sur le mode de la plaisanterie pour éviter de dire ce qu’on va quand même dire :

Dites-donc, Hollande, président de la République PS, dites-donc, Le Kyste, ministre de l’Intérieur PS, vous trouvez que c’est normal de traiter comme ça des élus qui viennent manifester pour sauver l’emploi dans leurs régions ? Vous savez par qui vous avez été élus ? Pourquoi ? Jusqu’où irez-vous ? Jusqu’où faudra-t-il que les citoyens français aillent pour que vous compreniez qu’ils n’ont l’intention ni dans le Soissonnais, ni à Arcelor-Mittal, ni chez les Fralib, ni à Notre-Dame-des-Landes, ni partout ailleurs où l’on veut qu’ils crèvent en silence, d’être le charbon que l’on jette dans les fourneaux de la finance ?

Vous vous souvenez de l’histoire du vase de Soissons ?

C’est un certain Clovis à qui un des siens, avide de butin, avait fait insulte en brisant un vase qui lui était promis. Et peu de temps après, Clovis retrouvant cet homme et lui faisant reproche de sa tenue, lui explosa la tête, prononçant le célèbre : « Souviens-toi du vase de Soissons. »

Ce n’est qu’une histoire ancienne.

Mais il ne faudrait pas trop vouloir la remettre au goût du jour…

 « Gare à ceux qui remuent la vase de Soissons ! »

Les photos racontent l'histoire. 200 manifestants veulent montrer leurs banderoles aux députés. Certains portent des masques (Oui ! C'est interdit !). Un maire défie l'autorité et fait tout craindre et la gendarmerie se livre à son sport favori ; elle charge, bombes lacrymos en avant !!

Crédit photographique : Catherine Dauriac

 

 

 

Source : AGORA VOX, ARIANE WALTER

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