Paris : Pour Delanoë, Paris-plage plus important l'urgence sociale

Publié le par dan29000

 

Sur les pavés la plage !

 

 

À regarder ce qui se passe à Paris en cette période estivale, on pourrait croire que la grande priorité de Monsieur le Maire de Paris, ce n'est ni la misère qui jonche les trottoirs de la capitale, ni la fermeture du Centre du Samu social Bd Richard Lenoir, ni même le fait que désormais il n'y a plus à Paris un seul lit disponible pour les femmes en situation d'urgence, non, rien de tout ça : l'urgence de Monsieur le Maire aujourd'hui, c'est l'ouverture et l'animation de Paris plage!

 

Il faut ce qu'il faut : les sdf  n'ont que rarement conservé la possibilité de voter, contrairement aux bobos,  réputés eux, bons électeurs, et que dont fins observateurs de la vie politique à Paris ont identifiés les convictions comme parfois socialistes mais surtout en partie seulement juilletistes ! Ce 21 juillet est donc désormais marqué à Paris par l'ouverture opportune de la célèbre plage BCBG de façon à satisfaire tout à la fois juilletistes  et aoutiens, les uns partants les autres revenants entre le 14 juillet et le 15 août : bien vu Monsieur le Maire.

 

Grâce en soient rendues à Monsieur Delannoë,  on peut donc au moins bronzer idiot à Paris - du moins on le pourrait si le temps détestable de ce juillet bien peu propice aux jeux de plage le permettait - tandis que les miséreux obstinés à crever la dalle sur les quais avoisinants sont mystérieusement déplacés vers la banlieue et les centres d'urgence extra muros.

 

Une fois de plus le Maire de Paris, qui n'avait rien trouvé de mieux que d'installer une patinoire au premier étage de la Tour Eiffel alors que les sdf crevaient de froid sur les trottoirs parisiens, joue avec une frivolité désolante, pour la galerie, pour les touristes, tout pour la montre en somme, afin de donner à voir encore plus beau si possible dans la plus ville du monde ainsi parée et grimée...

 

Malheureusement cette fameuse « image d'Epinal » très belle et insolite que vantait tout à l'heure un responsable de Paris Plage devant les caméras de BFM, cette belle vue des quais les plus connus de la Capitale couverts de sable et qui même sous la pluie reste un spectacle ravissant pour touristes et promeneurs, devient complètement insupportable pour tout citoyen doté d'un tant soit peu de conscience politique et sociale.

 

Nul n'est plus censé voir la misère qui plus que jamais envahi les rues de Paris, grâce à cette superbe mise en scène en effet en tous points dignes des images d'Epinal dont la fonction devenue proverbiale est avant tout, faut-il le rappeller aux gens de la Mairie, de propagande pure : cette opération Paris Plage de Monsieur Delanoë rappelle impitoyablement la grande Catherine de Russie qui croyait visiter des villages mais à qui on ne montrait que des décors et des figurants.

 

Sauf que le Maire de Paris parfaitement conscient lui, de la détresse des familles jetées sur le trottoir par la politique délibérée de la droite, ne peut guère se permettre  de faire semblant, d'applaudir les jolis parasols et les belles chaises longues en ne se désolant que du manque de soleil ! 

 

Il n'en a, en cette campagne politique déjà bien lancée,  ni les moyens politiques, ni le droit moral, lui qui est censé incarner à Paris une certaine idée de la gauche que Martine Aubry, qu'il soutient, souhaite incarner en proposant notamment la fameuse politique du « care » afin que chacun sache bien que les politiques de gauche se soucient de nos petites personnes. 

 

Bien entendu, sauf à être membre de l'UMP, nul ne doute un instant qu'avec son cynisme habituel - et désormais sa cruauté - ce gouvernement d'habile méchanceté vient délibérément de jeter sur le pavé parisien un grand nombre de familles : au prétexte de changer de type d'accueil d'urgence en passant des hôtels provisoires à de vrais logements, sans que ces logements soient disponibles avant un voire deux ans ! 

 

Difficile de faire pire dans l'hypocrisie et la cruauté arrogante que le triste M. Apparu ou la lamentable Kosciusko-Morizet qui laissent le minable Wauquiez loin en arrière dans l'horreur politique : instrumentaliser ceux que l'on désigne comme un cancer en les jetant dehors dans les pattes de la Mairie de Paris avec un aussi bon timing, voila qui réjouit ces fous furieux qui réussissent à jouer ce  « bon coup » politique  en mettant femmes et enfants à la rue sans l'ombre d'un état d'âme.

 

Ils peuvent se féliciter de piéger ainsi  la Mairie de Paris socialiste, qui ne peut en aucun cas se permettre politiquement de rester sans réaction face à cette exécrable provocation : 

 

le hic c'est que si on peut espérer que la Mairie prenne enfin les mesures d'urgence qui ne lui incombent pas administrativement, le manque de réaction de ces derniers jours dévoile cette faillite morale de gouvernants socialistes incapables d'anticiper sur une crise sociale et un tel scandale humanitaire aussi parfaitement prévisible.

 

Quelque chose, décidemment, fait défaut à ces sociaux-démocrates bien propres sur eux  toujours à la recherche du « concept » à la mode qui trotte, et qui confondent résilence et résistance, care et solidarité !

 

D'autant qu'à l'heure où les ténors socialistes, Hollande en tête, crient aux manoeuvres de basse politique et aux boules puantes à propos de l'affaire DSK, force est de constater qu'ils restent complètement silencieux face à de pareilles exactions gouvernementales : à croire que décidemment, cette gauche là marche sur la tête et que les héritiers supposés de Mai 68 ont, avec la pauvreté, la faim, et le pain dur des pauvres, enterré les pavés sous la plage.

 

 

Gilles Sainati                                                

Gilles Olivier Silvagni

 

 

Source : MEDIAPART

 

Publié dans environnement

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guevaranita 27/07/2011 18:21



TON  ARTICLE  EST  SUPER  BIEN,  mais oh ! les hollande  ,aubry, les stausskaka et leurs  clans ne sont pas les héritiers de 68.............Ce  sont
des bourgeois et s'ils avaient eu l'âge  de faire la grève en 68 , je pense qu'ils seraient restés au chaud, moi, j'ai fait 28 jours de grève  sur le tas et je t'assure que je m'en
souviens et j'en suis fière et je crois qu'en vieillissant je suis encore plus "gauchiste" qu'avant, j'avais 27 ans en 68  et suite à celà  je me suis engagée à fond dans le
syndicalime......Au PS , ils sont fâchés  avec la classe ouvrière , il n'y a que Ségolène qui s'en préoccupe et un peu Montebourg....Plus à gauche ,il y a Mélenchon, que j'écoute
volontiers....J'aimais bien aussi  Besancenot , plus syndicaliste que Politique ..DELANOE  est un snobinard de la pire espèce !!! comme la  KM .......Tu vois 68 , il 
faut  l'avoir  vécu .......CONTINUE  A FAIRE DE BONS ARTICLES  ET AMICAL  SALUT  D'UNE VIEILLE  SOIXANTHUITARDE  NON REPENTIE   guevaranita


 


 


 


 



dan29000 27/07/2011 22:33



Super, alors tu vieillis bien, car généralement en vieillissant on devient plus réac...Il est clair que PS et classe ouvrière cela fait deux.


Tu as raison encore d'être NON REPENTIE, c'est mon cas...Vive les non repentis...!!!


Salutations révolutionnaires, comme le chante MAP, dan...