Paris : soutenir les immigrés tunisiens qui investissent un bâtiment

Publié le par dan29000

 

A Paris, les immigrés tunisiens ne veulent « ni police, ni charité »

Il sont 300, 400, sans doute plus. Ces Tunisiens, immigrés en France après la Révolution de jasmin, tentent de survivre en région parisienne. Ils ont investi lundi un bâtiment de la mairie de Paris, 51 avenue Simon Bolivar, pour ne pas être oubliés.
« Circuler et vivre librement ! » Omeyya Sedik, porte-parole du collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris, justifie l'occupation des lieux par une centaine de Tunisiens, évacués de la porte de la Villette par les forces de l'ordre le 29 avril :

« Nous demandons un logement pour permettre aux Tunisiens de vivre dans des conditions correctes, sans être dispersés, pour que l'on puisse organiser ensemble leur demande de papiers. Nous voulons que la mairie s'engage à prendre des mesures de protection exceptionnelle. »

Les Parisiens au soutien des Tunisiens

Sur place, une trentaine de personnes, sensibles à l'appel lancé par le collectif, sont venues apporter leur soutien. Naïma Zoltan, « citoyenne comme une autre », fait partie du petit groupe :

« Il n'y avait pas de question à se poser, c'est une espèce d'évidence. Il se passe beaucoup de choses dans le monde arabe depuis le début de l'année. Aujourd'hui, il y en a qui arrivent ici et qui demandent à être soutenus. Il n'y a aucune raison pour ne pas les accueillir et ne pas leur trouver un lieu où se retrouver en attendant autre chose de mieux. »


Des tensions sont apparues en cours de journée entre les forces de l'ordre et manifestants qui tentaient d'envoyer de la nourriture aux Tunisiens par les fenêtres du bâtiment. Un périmètre de sécurité a été aménagé autour de celui-ci, tenant tout manifestant à distance du collectif.



Refusant « la charité et la police », les Tunisiens barricadés dans le bâtiment du XIXe arrondissement ont rencontré une délégation de la mairie de Paris, mais refuse encore aujourd'hui de quitter les lieux sans solution pour l'ensemble du groupe.

La mairie de Paris débloque 100 000 euros

Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris en charge de l'Intégration et des Etrangers non communautaires, cherche une solution. La priorité pour l'élue : mettre en sécurité les occupants du bâtiment inoccupé et dangereux.

« Depuis mardi 26 avril, la mairie a lancé un plan d'urgence qui consiste mandater deux association, France Terre d'asile et Emmaüs avec une enveloppe de 100 000 euros, pour permettre la mise à l'abri le soir des personnes qui couchent dehors.

Nous avons trouvé 30 places supplémentaires pour compléter le dispositif existant. Ce n'est pas suffisant pour eux, nous continuons à faire de nouvelles propositions. »

La mairie de Paris se dit concernée par le sort des Tunisiens réfugiés sur le sol français, et ce « même si l'Etat a fait savoir qu'il ne comptait pas prendre ses responsabilités ».

Côté association, les efforts se multiplient. Maraudes pour repérer les personnes les plus vulnérables, dialogues avec celles qui ont un projet de retour dans leur pays, possibilités de logement temporaire… France Terre d'Asile espère d'ici quelques jours étendre le dispositif commun avec Emmaüs à de nouvelles personnes.

« Comme si on s'amusait à risquer sa vie plusieurs fois ! »

Pierre Henry, directeur général de l'association, dénonce « la seule réponse policière, qui ne règle en rien les problèmes d'immigration à Tunis ». Selon lui, un nombre significatif de Tunisiens seraient prêts à repartir dans leur pays. Il s'indigne à ce sujet de l'argumentaire de l'Etat qui refuse d'augmenter les sommes offertes aux personnes prêtes à repartir :

« L'Etat pense que si un certain nombre de personnes sont venues une fois en France, elles reviendront. Comme si on s'amusait à risquer sa vie plusieurs fois ! »

Pour le ministère de l'Immigration, la politique est la même pour tous les immigrés, tunisiens ou pas :

« Pour que ces personnes puissent régulariser leur situation, il faut qu'elles aient un document de voyage et les ressources suffisantes pour pouvoir vivre sur le territoire français. »

Pour les autres ? « Il y aura une reconduite à la frontière. »

Les récalcitrants échapperont dans tous les cas à la prison : la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt le 28 avril interdisant l'emprisonnement des immigrés clandestins au seul titre qu'ils ne respectent pas leur arrêté d'expulsion.

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Mitsuko 04/05/2011 06:55



Bonjour Dan,


Ce que je retiens, de façon concrète, c'est le dernier paragraphe de cet article 


A savoir : les récalcitrants échapperont dans tous les cas à la prison :  "La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu un
"arrêt" le 28 avril interdissnt l'emprisonnemnt des immigrés clandestins au seul titre qu'ils ne respectent pas leur arrêté
d'explusion.".


L'adjointe au maire cherche des solutions et a lancé à plan d'urgence ... C'est déjà un bon début ... Heureusement que certaines font leur travail
correctement ...


Bon mercredi à toi, Dan. A bientôt. Bises.


Mitsuko



dan29000 04/05/2011 07:01



Oui, c'est surtout la Cour de justice de l'UE qui vient de les sauver, à Marseille tous les emprisonnés récents viennent de ressortir enfin, une nouvelle baffe pour Sarko and co...Il y a parfois
de bonnes nouvelles dans l'actu heureusement, bonne journée...