Paris : une troisième conférence anticapitaliste européenne

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

Troisième conférence anticapitaliste européenne, un pas en avant encourageant
LEMAITRE Yvan

 

 


 

Les 16 et 17 octobre s’est tenu à Paris la troisième conférence anticapitaliste européenne. Si les deux premières avaient été initiées par le NPA, cette troisième conférence était organisée avec la SWP britannique. Elle a réuni 22 organisations de 16 pays. Le fait qu’elle ait lieu au cœur du mouvement contre la réforme des retraites en France venait souligner la nécessité de coordonner les luttes au niveau européen et, plus modestement, celle pour les anticapitalistes de coordonner leur propre intervention. C’est ce dont ont voulu témoigner les participants en interrompant leurs travaux pour participer un moment à la manifestation parisienne, un camarade polonais, un de l’Etat espagnol et un grec prenant la parole au point fixe du NPA.

Trois points étaient à l’ordre du jour de cette conférence : La crises, ses conséquences politique et les résistance des travailleurs, les réponses à la crise avancées par les anticapitalistes, Nos interventions et perspectives communes et leur coordination.

Le premier point introduit par Alex Callinicos du SWP a permis un riche échange. Sans revenir sur les différents mécanismes à l’œuvre dans le développement de la crise un large accord se dégageait pour souligner son caractère profond et durable, non un simple épisode cyclique mais un tournant profond qui donnait leur importance au politique d’austérité engagées par tous les Etats européens. Il s’agit bien d’une remise en cause des acquis sociaux qui ne peut connaître d’autre limite que la résistance des travailleurs et des classes populaires. Il entraîne une crise de l’idéologie libérale, loin d’apporter democratie et progrès, l’économie de marché s’identifie avec la régression sociale qu’accompagne la montée des idées réactionnaires portée par une nouvelle extrème-droite.

Les différentes interventions ont illustré la grande diversité des résistances ouvrières. Et aussi les conséquences politiques paradoxales de la crise comme dans l’Etat espagnol où l’effondrement de la gauche au pouvoir laisse le champ libre à la droite malgré le succès de la grève générale. Le renouveau de l’activité ouvrière reste globalement faible même si en Grèce l’agitation sociale et politique persiste. De façon générale, pour les anticapitalistes, se pose la question d’agir dans le sens de l’unité à travers une politique de front unique tout en défendant des perspectives anticapitalistes, en agissant pour que les travailleurs dirigent leurs luttes, à la base, sans s’en remettre aux bureaucraties, en faisant vivre la démocratie au sein des mouvements. Plusieurs camarades ont insisté sur l’importance du mouvement en France qui est regardé avec espoir au-delà des milieux militants.

Le deuxième point introduit par Yvan Lemaitre à partir du document « Nos réponses à la crise » soumis à la discussion du congrès du NPA a montré un large accord sur les exigences des travailleurs pour refuser de faire le frais de la crise, sur la nécessité aussi d’appréhender collectivement la question au niveau européen pour mieux intégrer cette dimension dans notre politique. Même si l’arène nationale demeure le cadre des luttes de classes, il ne faudrait pas sous-estimer leur dimension européenne qui s’est manifesté le 29 septembre à Bruxelles et qui, de fait, est très présente. La discussion sur la question du mot d’ordre sur la sortie de l’euro en a été l’illustration. Cette discussion est très présente dans le mouvement ouvrier grec où le sentiment que la Grèce a été soumis au dictat de l’UE et du FMI se reconnaît dans ce mot d’ordre d’autant que le mouvement n’a pu s’opposer aux attaques du gouvernement PASOK. La sortie de l’euro apparaît comme une réponse « possible ». C’est une illusion, la seule sortie de crise, la seule réponse est celle de l’intervention des travailleurs pour refuser de payer les frais de la crise et postulant au pouvoir pour rompre avec les institutions bourgeoises, nationaliser les banques et créant un organisation unique de crédit et, alors, rompre avec l’Europe capitaliste mais en agissant dans le sens d’une autre Europe, celle des travailleurs et des peuples. La discussion n’est pas close, elle en est même à ses débuts…

La nécessité d’approfondir cette discussion sur les perspectives anticapitalistes était une des principales conclusions de cette conférence, conclusions introduites et développées par Vanina Giudicelli. Il s’agit de saisir chaque occasion pour agir ensemble, manifester l’existence d’un courant anticapitaliste européen, à l’occasion du contre-sommet de Lisbonne en novembre contre l’OTAN ou contre la future réunion du G20 en France, éditer un matériel commun, favoriser les interventions dans les meetings, manifester la solidarité internationalistes avec les luttes comme aujourd’hui avec le mouvement en France…Les tâches pratiques et concrètes ne manquent pas. Pour l’ensemble des participants, cette troisième conférence marque une étape, incontestablement un pas en avant de part la qualité des relations que des discussions et cela malgré le manque de préparation en amont. La tenue de deux conférences par an a été décidée avec la préoccupation de nous donner les moyens de mieux les préparer. La question d’une coordination plus structurée a été discutée, elle n’a pas rencontré l’unanimité des participants et nous nous en sommes tenues à l’idée d’une coordination souple. Une déclaration finale a été discutée, amendée formulant les points essentiels de la démarche qui nous rassemble.

Yvan Lemaitre

Participants : Gauche anticapitaliste ( Suisse), Izquierda anticapitalista (Etat espagnol), LCR-SAP ( Belgique), POR (Etat espagnol), Bloco de Esquerda (Portugal), SEK ( Grèce), ISL ( Allemagne), En Lucha (Eta espagnol), DSIP ( Turquie), SWP (UK), Red-green Alliance (Dk) Internationale Socialisten (NL), People before profit (Irl), Swp (Irl), Okde spartakos ( Grèce), Polska Partia Pracy ( Pologne) Sinistra critica (Italie), Mouvement pour le socialisme ( Suisse), Solidarité (Suisse), The red party (Norvège), Parti socialiste (Suède), NPA (France).
LEMAITRE Yvan
Source : Europe Solidaire Sans Frontières

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