Pas besoin d'insulte pour qualifier Moscovici, son parcours est suffisant

Publié le par dan29000

Le PS et avec lui son relai médiatique qu’est le journal Libération ont inventé une parade à toute critique de Pierre Moscovici. Critiquer ses choix politiques relèverait de l’antisémitisme.  C’est évidemment très commode pour empêcher tout débat politique.  Ils en sont là ! La débâcle du PS est telle, son bilan après dix mois à la direction du pays est si catastrophique, son électorat traditionnel est à ce point désorienté, qu’il faut museler toute critique de gauche.

Néanmoins, au risque d’encourir cette accusation infamante, je voudrais rappeler quelques choix de Pierre Moscovici. Des choix politiques et idéologiques.

 

 

 

 Je me souviens des réserves qu’il a exprimées à propos de la rencontre entre Mitterrand et Yasser Arafat. Je me souviens aussi de sa démarche à l’Ambassade des USA lors de la seconde guerre d’Irak pour dire que « les relations avec les USA furent toujours meilleures quand la gauche était au pouvoir », signifiant par là sa désapprobation de la position de la France hostile à la volonté des USA et de la Grande-Bretagne (qui avaient inventé l’existence d’armes de destruction massive) d’envahir un pays et renverser son régime, en violation du droit international,.

Ministre délégué aux Affaires européennes de Jospin, il fut le principal négociateur du traité de Nice. Au cours de cette négociation, lors du sommet de Nice en décembre 2000, il céda sur un principe défendu jusque-là par la diplomatie française depuis Mitterrand : la réunification allemande ne devait pas modifier l’influence de l’Allemagne au sein des institutions européennes (Commission, Conseil, Parlement). C’est à Nice que la France a lâché et que la représentation de l’Allemagne est devenue plus importante que celle de la France et de la Grande-Bretagne.

Par la suite, il fut un des négociateurs français du traité établissant une constitution pour l’Europe dont il fut aux côtés de son mentor DSK un des défenseurs acharnés lors du référendum de 2005. Il a défendu, au sein du PS et en public avant même que son parti ait décidé, le soutien au traité de Lisbonne, négocié par Sarkozy, un copié-collé du TCE.

Du point de vue idéologique, il appartient à cette catégorie de personnalités du PS – comme DSK, comme Pascal Lamy, Cahuzac, Valls et quelques autres – qui ont totalement adhéré au néo-libéralisme et sa traduction dans les politiques de l’Union européenne, de l’Organisation Mondiale du Commerce et du FMI. Ces prétendus socialistes ont été aux responsabilités lorsqu’il s’agissait de déréguler, de privatiser, de favoriser un modèle de société où c’est la finance et l’économie qui dictent les choix. Et, dans l’opposition, ils ont soutenu les mêmes politiques.

Moscovici a soutenu DSK lors des primaires du PS en 2007 et, jusqu’aux frasques de ce dernier, il le soutenait pour les présidentielles de 2012.

Ministre de l’Economie et des Finances, partisan des politiques de rigueur et défenseur des traités européens (MES, TSCG) qui soumettent la souveraineté populaire aux diktats de la Commission européenne et de la BCE, il a tout cédé aux lobbies financiers lorsqu’il s’est agi de rédiger une loi de séparation bancaire.

Qui pourrait contester qu’il s’agit d’un défenseur de la finance, et puisque celle-ci ne connaît aucune frontière, de la finance internationale ?

La réalité des faits ne peut être occultée. Même pas par les insultes les plus calomnieuses du PS et de journalistes qui ignorent tout des mots « honnêteté » et « indépendance ».

 

 

SOURCE / BLOG DE RAOUL-MARC JENNAR

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