Pau : soutenir la famille Pétruela face à la menace d'expulsion de la SNCF

Publié le par dan29000

Pau : le Noël précaire d'une famille menacée d'expulsion

 
Les voisins se sont mobilisés pour meubler la petite maison qu'occupe la famille Pétruela. © Marc Zirnheld

La famille Pétruela squatte depuis septembre une maison appartenant à la SNCF. Le tribunal doit décider de son expulsion le 3 janvier prochain.

L'histoire commence en 2006. A la suite d'inondations catastrophiques, Florentin Pétruela et sa compagne Ramona perdent tous leurs biens et leur maison dans leur petit village de Transylvanie, en Roumanie. Pour rebondir, le couple décide de partir vers l'ouest, en quête d'un avenir plus souriant. Sans expérience des pays étrangers, le couple trouve néanmoins à s'employer.

Au fil des contrats d'intérim et boulots saisonniers, ils finissent par arriver à Pau où ils squattent divers lieux avant d'être provisoirement hébergés par l'Escale à Pau. Puis, après la naissance du petit Alex, en décembre 2010, Florentin tombe sur une maison avenue Heid, derrière la gare. Selon le voisinage, la maison était « pourrie », enfouie sous les herbes folles, saturée de détritus et occupée par des squatters toxicomanes. Elle appartient à la SNCF qui l'a abandonnée, la maison devant être cédée à la ville de Pau dans le cadre de la réhabilitation du vaste no man's land qui sépare la gare de la base d'eaux vives.

Florentin retrousse ses manches et nettoie les lieux. Il investit 800 euros pour remplacer les vitres, faire de la maçonnerie là où c'est nécessaire et rendre habitable le logement. Mais le 6 septembre, il reçoit la visite d'un huissier. Florentin lui ouvre la porte et lui explique qu'il a retapé la maison et est prêt à payer un loyer à la SNCF pour régulariser son occupation. Peine perdue. Un squatter est un squatter et Florentin est sommé de quitter les lieux.

Sous l'impulsion du voisinage, trop heureux de voir une paisible famille remplacer des toxicomanes, un comité de soutien s'est constitué fin novembre avec l'aide de la Cimade, la Ligue des Droits de l'Homme, RESF, etc.

Florentin fait valoir, feuilles de paie à l'appui, qu'il travaille régulièrement depuis six ans, qu'il est en France et qu'il a régulièrement obtenu l'autorisation de travailler. Citoyen européen, il n'est pas en situation irrégulière et cherche seulement un toit durable pour lui et sa famille.

Le 3 janvier, le tribunal de Pau devra décider de l'expulsion de la famille. L'avocate de Florentin, Me Massou-dit-Labaquère, invoquera sans doute le droit au logement et le fait que la maison était abandonnée et que donc cette occupation ne lèse personne.

« Au contraire ils ont valorisé le bien » affirme l'un des voisins, Franck Larrouy, qui a contribué à la mobilisation du comité de soutien. En attendant, Florentin, Ramona, Alex et leurs proches vivant dans la région ont fêté Noël ensemble dans cette maison qui a retrouvé quelques couleurs. Mais les sourires cachent mal leur inquiétude pour demain.

 

Source : La république des pyrénées.fr

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