Pays basque : 45 000 manifestants pour les droits des prisonniers malgré l'interdiction

Publié le par dan29000

Par-dessus l'interdiction de manifester
02/01/2010 
 Goizeder TABERNA/Le journal du pays basque

Les déclarations du ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalca sur d'éventuels attentats d'ETA ont précédé l'interdiction de la manifestation d'aujourd'hui à Bilbo. Initialement organisée par les familles des prisonniers basques, finalement, cinq partis basques ont appelé à manifester à partir de 17 h 30, depuis le Sacré-coeur de la capitale bizkaitar, suite à cette décision judiciaire.

En réaction à l'ordre de l'Audiencia Nacional espagnole, Eusko Alkartasuna (EA), Aralar, Abertzaleen Batasuna (AB), Alternatiba et la gauche abertzale se sont réunis pour appeler à la mobilisation en faveur des droits des prisonniers impliqués dans le conflit basque. Estimant que l'interdiction de la Justice espagnole est «une atteinte à la liberté d'expression et de réunion», les partis souhaitent provoquer «une vague géante» qui «s'oppose à la politique pénitentiaire» de l'Etat espagnol et de l'Etat français.

«Sachant que la gauche abertzale est dans une réflexion stratégique importante, la continuité et l'aggravation du non-respect de ces droits constituent une provocation», affirme AB dans un communiqué. Le parti abertzale ancré au Pays Basque Nord affiche, par ailleurs, son soutien au collectif des familles des prisonniers Etxerat qui, depuis septembre, fait l'objet d'une enquête, prélude d'une possible interdiction sur le territoire espagnol. Depuis quelques années, ce dernier organise une manifestation en cette période de fête qui rassemble la majorité des partis abertzale et des acteurs sociaux.
Aides aux familles : annulées

Les aides accordées par la Communauté autonome basque aux familles des prisonniers sont finalement annulées par le Tribunal suprême espagnol. Octroyées ces dernières années par l'ancien gouvernement du PNV, un premier recours avait été présenté au Tribunal supérieur de la communauté autonome en 2005.

Cette aide avait été mise en place dans le but de compenser les effets de la dispersion des prisonniers basques issus des trois provinces de la CAB. Or, dernièrement, le gouvernement espagnol s'est opposé à ce décret, considérant qu'il va à l'encontre de la loi de Reconnaissance des victimes du terrorisme de 2008.

Le Tribunal supérieur du Pays Basque ayant donné raison au gouvernement central, l'ancien Lehendakari Juan Jose Ibarretxe avait fait appel à l'instance supérieure de Madrid. Finalement, le Tribunal suprême espagnol a décidé que l'attribution de cette aide dépasse les compétences qu'a le gouvernement de la CAB dans le domaine pénitentiaire. Le Tribunal supérieur du Pays Basque avait auparavant exclu ce décret de la politique sociale.

Cette affaire met en évidence les retards de transferts de compétences compris dans le statut d'autonomie , dont les compétences pénitentiaires qui sont encore entre les mains de Madrid.


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