Pays basque : grève générale pour la défense des droits

Publié le par dan29000

Pays Basque (Etat Espagnol)
29 juin. GRÈVE GÉNÉRALE. POUR LA DÉFENSE DE NOS DROITS. LES CONTRAINTES, ÇA SUFFIT !

par l’intersyndicale basque ELA-LAB-ESK-STEE/EILAS-EHNE-HIRU


Il y a un an notre majorité syndicale a organisé une grève générale. Des milliers de personnes grossissaient déjà les files du chômage et le chantage était de plus en plus utilisé au niveau individuel et sur le plan des négociations collectives.

Nous avons organisé cette grève afin de faire passer un message très simple : si les politiques ne changeaient pas, les restrictions et les réformes viendraient. Le temps nous a donné raison.

Le pouvoir économique et financier, avec l’excuse d’une crise créée par ce dernier, continue son offensive pour accumuler des richesses sans aucun changement du modèle économique. Son objectif étant d’en finir avec ce que nous connaissons sous le nom d’État Providence.

Les gouvernants se sont subordonnés à ses exigences. Ainsi, toutes les mesures adoptées par le gouvernement espagnol, copiées et appliquées avec la soumission absolue des administrations de la CAPV et de Nafarroa (réduction des salaires dans le secteur publique, réduction des budgets dédiés au social, gel des retraites et détérioration des services publiques) ne bénéficient qu’à un petit nombre au détriment des classes les plus défavorisées.

La UGT et la CCOO (syndicats espagnols) ont négocié les réformes avec le patronat et le gouvernement espagnol en prétendant réinstaller le « dialogue social », de plus en plus utilisé comme un instrument de contrôle social et de démobilisation. De plus, ils ont rompu les règles du jeu en s’appropriant une représentation qui ne leur correspond pas et en avalisant les politiques de López et de Sanz.

À présent, c’est au tour de la réforme du travail, réforme qui ne donne pas de solution aux problèmes générés par la crise, mais au contraire, qui les renforce. Et nous constatons que le contenu adopté définitivement peut incorporer des mesures encore plus préjudiciables.

ORIENTATION DE CES RÉFORMES

Les mesures adoptées et celles à venir :

engagent des réductions budgétaires et une diminution des droits pour la classe ouvrière et les retraités.

sont celles réclamées par les pouvoirs économiques.

sont pleinement assumées par tous les partis gouvernants

sont soutenues par des groupes de pression médiatiques

DES MESURES ANTISOCIALES

appauvrissent la majorité de la société, prolongent la crise économique et aggravent le chômage

sont mises en place de manière antidémocratique puisque la société ne peut connaître leur contenu

sont négociées suivant un calendrier qui rend très difficile l’organisation d’une réponse sociale

IL EXISTE UNE ALTERNATIVE

devant ces diminutions de droits, il est nécessaire de donner une réponse tranchante et contredire le pouvoir. Le syndicalisme revendicatif n’a jamais été aussi nécessaire. Il est l’unique instrument capable d’améliorer les conditions de vie et de travail des personnes. Ce syndicalisme doit être le moteur du changement exigé par la classe ouvrière basque.

il faut changer ces politiques soumises ainsi que l’omnipotence économique. C’est l’économie qui doit être au service des personnes et non les personnes qui doivent être au service de l’économie d’une minorité. Il est temps d’arrêter d’enrichir les plus puissants en appauvrissant la classe ouvrière en prenant des décisions unilatérales. Les travailleurs doivent pouvoir prendre part aux questions les concernant.

il est l’heure de répondre aux revendications émanant de la classe ouvrière du Pays basque. Dans ce sens, il est temps pour les partis politiques basques de décider s’ils acceptent les contraintes mises en place par Madrid pour adopter des compromis en faveur de la classe ouvrière basque ainsi qu’un nouveau cadre qui nous permettrait de décider des politiques nécessaires à la défense des droits sociaux et professionnels au sein du Pays basque.

LA MAJORITÉ SYNDICALE BASQUE EXIGE

le retrait immédiat de la réforme du travail mise en place par le Gouvernement espagnol

un changement radical des politiques publiques dans les institutions du Pays basque espagnol, dans le sens des demandes contenues dans le décalogue syndical, avalisé par 132 000 signatures, ainsi qu’un compromis clair contre toutes les reformes portant préjudice aux intérêts de la classe ouvrière.

la garantie des instruments de participation et de décision qui nous permettraient d’être les protagonistes dans les décisions nous concernant afin de pouvoir établir un nouveau modèle économique, social et professionnel fondé sur la justice sociale et la répartition des richesses et du travail tant productif que reproductif.

un Cadre Basque des Relations Professionnelles et Protection Sociale fondé sur l’égalité homme/femme, ce qui nous permettrait de mettre en place nos propres politiques économiques, professionnelles et sociales et d’envisager notre propre cadre de négociation collective.

NON À LA RÉFORME PARCE QU’ELLE…

FACILITE LE LICENCIEMENT ET BAISSE SES COÛTS

elle modifie la loi afin que les licenciements jusqu’alors considérés comme abusifs soient considérés comme pertinents. Ainsi, l’indemnisation de 45 jours par an avec une limite de 42 mensualités est réduite à seulement 20 jours avec une limite d’un an

elle généralise le contrat à durée indéterminé. Ainsi, les nouveaux CDI auront une indemnisation pour licenciement abusif de seulement 33 jours avec une limite de 24 mois

cette diminution des droits touche ceux qui ont de l’ancienneté ainsi que les nouvelles embauches. Personne n’est en sécurité et nous ne pouvons nous voir dans la rue sans droits ni indemnisation minimum.

de cette manière, les licenciements sont financés par l’argent public.

ILS PERMETTENT DE NE PAS RESPECTER LES CONTRATS ET SONT UNE ATTEINTE À LA NATURE MÊME DE LA NÉGOCIATION COLLECTIVE

Ils donnent plus de facilité aux entreprises pour ne pas appliquer le salaire fixé dans le contrat

ils facilitent la flexibilité professionnelle ce qui donne plus de pouvoir au patron pour modifier sans accord syndical les conditions négociées dans le contrat (horaires, répartition de la journée de travail, équipe, fonctions…)

ces mesures représentent une attaque en bonne et due forme à la négociation collective

SE DÉVELOPPENT LES AGENCES PRIVÉES POUR L’EMPLOI À BUT LUCRATIF
ces agences courent après les bénéfices et font un pas de plus dans la marchandisation des politiques de recherche d’emploi

- cela met les politiques de travail entre les mains d’entreprises qui ne vont pas avoir intérêt à louer leurs services aux personnes étant dans la pire des situations pour accéder a un emploi, générant ainsi des discriminations

ELLE ANNULE DES RESTRICTIONS FAITES AUX AGENCES D’INTERIM

elle leur permet l’accès à des secteurs et des services qui leur étaient jusqu’alors interdits

elle annule les restrictions faites à ces entreprises établies dans la négociation collective ayant lieu dans le cadre de la lutte syndicale

ELLE N’ANNULE PAS LA PRÉCARITÉ PROFESSIONELLE

on prétend pouvoir expliquer que la réforme rend plus difficile le travail à temps partiel. Pourtant, aucune mesure n’a été adoptée en ce qui concerne la lutte contre la fraude contractuelle, ce qui fait que le licenciement abusif restera légal

cela maintien l’utilisation de l’emploi précaire pour les jeunes actifs, tels que les contrats de formation et les contrats de stages. Et dans certain cas, elle permet de les utiliser plus facilement.

NOUS NE SOMMES PAS DE LA MARCHANDISE

De toutes les crises ayant existé, celle-ci est de loin celle qui profite le plus au patronat. Ils ont abusé du travail partiel et ont licencié la plupart des gens sans droits ni indemnisation. Grâce à cette réforme, ils profitent de la peur des gens et veulent imposer un système qui soumet quiconque à la précarité. Par ces indemnisations de misère, ils jettent les gens dans la rue. Et cette réforme nous affecte tous : ceux qui détiennent une ancienneté dans des entreprises et secteurs avec CDI (ils peuvent être licenciés pour raisons économiques avec des indemnisations de misère) ; ceux qui sont sous CDD ; ceux qui accèdent au marché du travail... Toutes ces mesures sont très dures et nécessitent une réponse tranchante.


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