Pays Basque : Manuel Valls et son gouvernement rejettent le processus de paix

Publié le par dan29000

La France rejette officiellement le processus de paix basque

 


La veille du premier anniversaire de la conférence de paix d’Aiete, la France  a rejeté le processus de paix du Pays Basque par la voix du ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui intervenait au Sénat sur le projet de loi de lutte contre le terrorisme.

 

 

Le gouvernement socialiste semble préférer l’usage de la force à la négociation. Pour Manuel Valls, la France est menacée de l’extérieur et de l’intérieur et doit se défendre dans « l’intérêt supérieur de notre Nation« . Il a développé un argumentaire dans la continuité du sarkozysme dont on avait cru s’être débarrassé :


« A la violence aveugle et lâche, à la terreur, elle doit opposer la force. Une force pour arrêter, pour juger, pour punir : la force du droit. C’est cela, le fondement des démocraties. Et c’est la raison du projet de loi que j’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui. »

Il a ensuite nommé pêle mêle le terrorisme qui menace la France : Al Qaida, ETA et  le terrorisme corse, ce qui n’a pas manqué de nous rappeler la manipulation raté de José Maria Aznar lors de l’attentat de Madrid qui l’avait conduit à démissionner. Manuel Valls a alors rejeté toute négociation (les caractères gras sont du ministère) :

« Le terrorisme qui menace sur notre sol est lié au djihad. Mais il n’est pas lié qu’à cela. Il existe d’autres manifestations violentes, plus anciennes. Je ne veux pas établir de vaine hiérarchie entre les terreurs. Tous ceux qui veulent déstabiliser notre Etat doivent s’attendre à une réponse d’une même fermeté.(…)

L’organisation terroriste basque ETA a annoncé, le 21 octobre 2011, « l’abandon définitif des actions armées ». Il faut voir dans cette déclaration la conséquence d’une coopération anti-terroriste efficace, sur le long terme, entre les services français et espagnols. Pour autant, la situation appelle notre extrême vigilance et notre fermeté. Les conclusions du sommet franco-espagnol du 10 octobre reflètent cette position que j’avais moi-même rappelée, en mai dernier, lors d’un déplacement à Madrid: la seule issue possible est la dissolution totale de l’ETA. C’est un préalable. Sans cela, aucune éventualité de dialogue n’est possible. (…)

Jamais ceux qui prônent la lutte armée ne pourront s’asseoir à la table de la République. »


Le processus de paix ne concerne pas que ETA, même si l’organisation a des négociations à mener pour elle-même. Il concerne quelques millions de Basques. Valls ne peut pas prendre en otage tout un peuple.


La conférence de Aiete a fixé 5 axes de travail qui concernent toutes les parties au conflit. Pour le moment seuls les organisations basques, y compris ETA,  ont progressé vers la voie de la paix, l’Espagne et la France formant un front de refus de toute négociation.

A l’heure où la Colombie et les FARC (Forces Armées Révolutionnaires) viennent d’entamer un processus de paix en Norvège, le gouvernement français risque de passer à coté d’une occasion de choisir la résolution du conflit à l’usage de la force.

16.10.2012 – Intervention du ministre au Sénat- Projet de loi relatif à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme

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