Pays Basque : occupation d'un ancien collège catholique

Publié le par dan29000

Un groupe d’habitants de l’intérieur occupe les locaux de l’ancien collège Saint-Michel

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24/07/2012

Pierre MAILHARIN


La nature a horreur du vide. Certains habitants du Pays Basque intérieur aussi : ce week-end, une quinzaine d’entre eux ont décidé d’investir les locaux de l’ancien collège catholique Saint-Michel de Saint-Just-Ibarre, fermé il y a trois ans par la direction diocésaine de Bayonne. Et inoccupés depuis.

“Cet endroit a toute une histoire”, explique leur porte-parole Mirentxu Arbeletxe. “Quand la décision a été prise de fermer l’école pour des problèmes de rentabilité, les gens se sont mobilisés. Depuis, chaque fois que l’on passait devant, on voyait le bâtiment vide. On trouvait dommage qu’il n’ait pas été transformé en lieu de vie pour Oztibarre”.

D’où la constitution de ce collectif, désireux d’impulser le changement par lui-même. De gré ou de force. Après avoir pris possession des murs, “nettoyé et commencé à aménager” l’intérieur, il réfléchit au contenu à lui donner. Deux axes de travail sont privilégiés : la création d’un habitat collectif et la naissance d’un centre culturel populaire.

Première AG samedi à 10h30

“On veut dénoncer le fait qu’il y a de plus en plus de maisons vides, des loyers qui augmentent, des gens avec des petits salaires qui ont du mal à trouver de quoi se loger”, justifie Mme Arbeletxe au sujet de la première piste. La deuxième doit permettre de pallier le manque de “lieu culturel en Oztibarre” alors que des problèmes d’animations se poseraient pour certains villages.

Dans les deux cas, les maîtres mots seraient “autogestion”, “entraide” et “participation”. A ce titre, “tous les gens des alentours intéressés par le projet” sont invités à prendre part samedi à la première assemblée générale du collectif (10h30).

Evidemment, cette installation de facto n’est pas du goût de tous. Le bâtiment appartient à une congrégation de sœurs de la région bordelaise, les Filles de la Croix. “On leur a envoyé une lettre, elles nous ont contactés le jour même pour nous dire qu’elles allaient prendre rendez-vous avec nous jeudi”, tente de déminer Mme Arbeletxe. A suivre.

Les élus locaux, placés devant leur responsabilité, taclent quant à eux sévèrement cette occupation : “On ne rentre pas chez les gens comme ça, sans autorisation. Et si on allait chez eux ?”, s’indigne le maire de Saint-Just-Ibarre, Jean-Pierre Vigneau. “Eux aussi sont de gros propriétaires pour la plupart. S’ils ont été mal élevés, ce n’est pas ma faute.”

“Pas venir demander des sous”

Jean-Louis Caset, conseiller général du canton d’Iholdy, n’y va pas non plus de main morte : “Je suis très étonné. Ce collectif, on sait qui c’est, ce sont des basquisants. Il ne faut pas chercher plus loin. Ces gens ne vous contactent même pas, rien. On ne squatte pas comme ça.”

Aucun des deux ne croit au projet évoqué : “Avec quoi ils vont le faire ? Ils sont très forts, il faut les garder ceux-là”, ironise Jean-Louis Caset. “C’est bien beau d’investir du pognon, mais il faut que ce soit sérieux. Au bout d’un an, ce ne sera pas la peine de venir demander des sous”, prévient Jean-Pierre Vigneau.

 

Un site à l’abandon depuis trois ans

En mars 2009, le député Jean Lassalle annonçait le sauvetage du collège menacé Saint-Michel de Saint-Just-Ibarre, promis par son ami ministre de l’Education, Xavier Darcos.

Quelques mois plus tard, l’établissement catholique fermait pourtant ses portes. Jean Lassalle s’en dit “encore malade” aujourd’hui : “Je n’ai jamais pu convaincre le directeur diocésain, alors qu’il y avait toutes les garanties. Je n’ai jamais vu ça de ma vie”, regrette-t-il.

Début 2011, lors de la campagne cantonale, le conseiller général d’Iholdy, Jean-Louis Caset (Forces 64), indiquait vouloir transformer le bâtiment en centre d’accueil pour malade d’Alzheimer. Sans résultat à ce jour. “J’ai fait ce que j’ai pu”, se défend l’intéressé. “C’était bien parti avec l’exécutif précédent, mais il a changé. J’ai contacté le cabinet de M. Labazée. J’attends qu’il me recontacte”.

Sollicité, le président socialiste Labazée rappelle qu’en matière “médico-sociale”, le Conseil général n’intervient qu’en second de l’Etat : “L’autorisation d’ouverture est donnée par l’Agence régionale de santé. L’Etat lance des appels à projets dans lesquels s’inscrivent les porteurs de projets”. Qui peuvent être des “Communes, des Communautés de communes ou des réseaux associatifs”.

 

SOURCE / JOURNAL DU PAYS BASQUE

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