Pays basque : Résistance à l'extradition d'Aurore Martin et au mandat d'arrêt européen

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Aurore martin

 

 

 

 

 

Aurore Martin : ’’Un précédent historique grave’’
 


Le feu vert au mandat d’arrêt européen à l’encontre d’Aurore Martin a été présenté comme "un précédent historique grave" par Batasuna. Le PS et le Parti de Gauche ont qualifié le MAE d’"inacceptable". La décision favorable de la justice française au mandat d’arrêt européen de l’Espagne à l’encontre d’Aurore Martin a été présentée comme "un précédent historique grave" par le parti indépendantiste basque Batasuna, dans lequel milite la jeune femme.

Au cours d’une conference de presse ce mercredi matin à Bayonne, les membres de sa direction du Pays Basque nord ont souhaité dénoncer "une décision de nature politique" dont la finalité est l’illegalisation de fait de Batasuna comme en Espagne, quand ce parti est légal en France.

Une porte ouverte à de nouvelles procédures de ce type ne font pas l’ombre d’un doute, ont-ils estimé, mais qui ne sera "pas en mesure de nier le besoin d’un acteur politique comme Batasuna dans la résolution du conflit basque".

Déplorant que l’Etat français n’adopte pas "une autre position que celle de la répression", ses dirigeants ont annoncé leur intention de demander "une position claire et audible" sur cette procédure judiciaire à tous les acteurs politiques et sociaux du Pays Basque nord.

"Il ne peut pas exister de position de neutralité sur cette question", a prévenu son principal responsable politique Xabi Larralde, "nous sommes à un tournant de l’histoire du Pays Basque", a-t-il conclu.

Xabi Larralde a estimé que cet arrêt est "une décision politique" et a pointé du doigt l’ancienne garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, également élue du Pays basque. "On est bien obligé de remonter la hiérarchie judiciaire", a-t-il expliqué.

La cour d’appel du tribunal de Pau s’est prononcée mardi pour l’exécution du mandat d’arrêt européen en retenant les articles d’opinions, les conférences de presse et les activités publiques de la jeune femme sur le territoire espagnol. Elle a rejeté les mêmes faits sur le territoire français, ainsi que les arguments de la défense qui considère que le caractère politique de l’accusation constitue un motif de refus du mandat européen.

La militante basque, en liberté sous contrôle judiciaire, s’est immédiatement pourvue en cassation pour suspendre la décision. Elle risque 12 ans de prison en Espagne.

Le Parti de Gauche et le Parti Socialiste qualifient d’"inacceptable" le MAE à l’encontre d’Aurore Martin

De nombreuses personnalités et groupes politiques ont dénoncé l’application de ce mandat européen en France pour son caractère politique, comme les députés européens Catherine Grèze, José Bové (Europe écologie), François Alfonsi (Régions et peuples solidaires), le sénateur maire de Biarritz Didier Borotra ou le député Jean Lassalle (Modem).

Ce mercredi, le Parti Socialiste des Pyrénées Atlantiques et le Parti de gauche pays basque ont qualifié la validation du mandat d’arrêt européen à l’encontre d’Aurore Martin d’"inacceptable".

"Le PS déplore le recours à cette procédure, dont le fondement est détourné (lutte contre les actes terroristes), et qui conduit à une remise en cause des droits de la défense et des libertés individuelles," indique le PS dans un communiqué. "Ainsi, cette démarche de la Justice espagnole et du Parquet français relève d’une volonté, non de lutter contre le terrorisme comme le prévoit le mandat d’arrêt européen, mais de criminaliser des actes politiques démocratiques".

Le Parti de Gauche, de son côté, regrette que la cour d’appel de Pau ait décidé d’autoriser l’extradition d’une jeune femme, de la livrer à un tribunal d’exception "dont la cour d’Appel de Pau a pourtant dénoncé les dérives" et de faire peser sur elle "la menace de passer 12 ans en prison dans un pays dont elle ne connaît pas la langue".

"Et tout cela alors même qu’elle n’a commis aucun crime ni délit condamnable en France puisque le parti dans lequel elle a milité, Batasuna est légal de ce côté-ci des Pyrénées," soulignent-ils.

Samedi à Bayonne, une manifestation a réuni plus d’un millier de personnes pour condamner les mandats d’arrêt européens. A cette occasion, la vice-présidente de la ligue française des droits de l’homme, Dominique Noguères, a dénoncé "une volonté, non de lutter contre le terrorisme, mais de criminaliser des opposants politiques à l’initiative des gouvernements des deux pays". http://www.eitb.com/infos/politique/detail/550039/aurore-martin—un-precedent-historique-grave/


De : bayonnais
Source : Bella ciao
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Communiqué du NPA. Non à l'extradition d'Aurore Martin.


La cour d’appel de Pau vient de valider le mandat d’arrêt européen délivré par la justice espagnole à l’encontre de la militante basque Aurore Martin. Si cet arrêt n’est pas cassé par la Cour de cassation, la dirigeante du parti indépendantiste Batasuna risque d’être transférée à Madrid pour y être jugée devant une juridiction d’exception où elle risque 12 ans de prison. Refusée le 18 juin 2010 pour « manque de motivation », la demande a cette fois-ci été acceptée par le tribunal pour des faits commis sur le territoire espagnol entre 2005 et 2008. Ressortissante française, Aurore Martin est en réalité poursuivie pour sa participation à des conférences de presse et des meetings. C’est donc son engagement politique dans une organisation légale en France qui est condamné. Institué en 2002 sous la pression du gouvernement Aznar, le mandat d’arrêt européen permet de contourner toutes les règles de l’extradition, en portant atteintes aux droits de la défense et aux libertés individuelles. Il est dénoncé par les organisations de défense des droits de l’Homme qui y voient un moyen de « museler les opposants politiques en instrumentalisant la justice » au nom de la lutte anti-terroriste. La décision du tribunal de Pau représente un précédent dangereux et inacceptable alors que des menaces identiques pèsent sur plusieurs autres militants basques. Elle place le gouvernement français devant ses responsabilités : poursuivre dans la voie répressive ou encourager le processus de résolution démocratique du conflit au Pays basque qui s’est ouvert ces dernières semaines. Le NPA apporte tout son soutien à Aurore Martin et appelle les partis de gauche à se mobiliser pour exiger l’arrêt des procédures et la suppression du mandat d’arrêt européen. Le 25 novembre 2010. 

 

 

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