Pays Basque : un processus de paix bloqué, entretien avec Gorka Elejabarrieta

Publié le par dan29000

Entretien avec Gorka Elejabarrieta, l’un des facilitateurs du processus de paix

est l’un des facilitateurs désigné pour mettre en route le basque. Chargé des relations à l’international il répond à nos questions.

 

Où en est le processus de au ?

Le processus est bloqué. Lors de la conférence d’Aiete du 17 octobre 2011, les organisations politiques basques de la gauche abertzale se sont engagées dans un en donnant des gages de leur détermination à un règlement politique non-violent. L’ a annoncé trois jours plus tard l’arrêt unilatéral et définitif de l’usage de la lutte armée. L’organisation des prisonniers EPPK a signé l’accord de Guernika (Gernika). Mais le gouvernement espagnol n’a pas engagé de dialogue et le gouvernement français reprend le leitmotiv espagnol de la lutte contre le « terrorisme ».

Quelles sont les perspectives ?

Il y a plusieurs points positifs. La conférence d’Aiete nous a donné de l’espace et une méthodologie acceptable et juste. Nous avons le soutien de la communauté internationale et nous avons décidé d’avancer sans attendre.

Nous avons créé un débat interne avec l’ensemble des partis basques, indépendantistes ou non. Pour nous, il s’agit de lancer un grand débat démocratique le plus large possible. Notre objectif est toujours l’indépendance, mais c’est le peuple basque qui décidera à l’issu du débat quelle forme prendra l’autonomie.

Il y a aussi un espace de dialogue entre , la France et l’Espagne, notamment sur les conséquences du conflit : prisonniers, démilitarisation, victimes, … comme cela s’est déroulé pour d’autres pays. L’Irlande du Nord et l’Afrique du Sud sont les exemples les plus forts. ne représente pas le , c’est l’ensemble des partis qui représente le . doit discuter aussi, mais de ce qui l’affecte. Nous ne sommes plus du tout dans la situation d’il y a 20 ans.

Nous avons un GIC (groupe International de Contact) chargé de faciliter le dialogue entre les partis politiques du , et un Comité de Verification chargé de vérifier que les résolutions sont respectées. Ses deux rapports, l’un sur l’arrêt de la lutte armée, l’autre sur l’établissement d’un dialogue,  concluent positivement.

Au parlement européen un groupe d’amitié avec le Pays Basque existe depuis 2005. De nombreux parlementaires des pays européens soutiennent le processus de . Nous devons continuer à faire connaître ce processus et engranger les soutiens.

Nous avons mis en place une équipe de facilitateurs chargés d’informer les élus français et espagnols mais aussi européens et des autres continents et d’obtenir des soutiens.  Plusieurs députés d’Irlande du Nord et du Sud ou de personnalités d’Afrique du Sud nous soutiennent. Ce sont  deux pays avec lesquels nous avons toujours eu des liens privilégiés. Nous avons également le soutien de plusieurs députés de Norvège, Danemarck, Suède, Allemagne, Suisse, …

Tout au long du mois de septembre nous allons mener une campagne en France sur la question des prisonniers. Le 13 octobre nous appelons à une grande manifestation à Bayonne.

Quelles sont les revendications concernant les prisonniers ?

La participation des prisonniers au s’est faite par la signature de la déclaration de Gernika. Les revendications prioritaires concernant les prisonniers sont :

  • la tranfert des prisonniers au Pays Basque, c’est le sens de la campagne «Euskal presoak Euskal Herrira /prisonniers basques au Pays Basque».  98% des prisonniers sont incarcérés hors du Pays Basque, la plupart dans les régions de Madrid et Paris, les visites des familles sont rares et surtout très onéreuses.
  • l’abolition de la politique d’exception, en particulier la libération des prisonniers de la doctrine Parot, loi rétroactive qui affecte les remises de peine. Cela représente environ 60 prisonniers soit 10% des incarcérés.
  • la libération des prisonniers malades,

Il y a quelques cas emblématiques du problème des prisonniers basques. Celui d’Arnaldo Otegui par exemple. Leader de la gauche abertzale, il a été l’instigateur du processus de paix lors des débats internes sur les différentes méthodes non-violentes. Il a été arrêté pour cela sur l’accusation de vouloir créer un nouveau parti politique, ce qui était vrai et en même temps un droit élémentaire dans une démocratie. Il a été arrêté en Espagne avec 4 autres personnes dont le secrétaire général de LAB, un syndicat basque des travailleurs. Il a été condamné à 12 ans de prison.

Il y a aussi le cas de Iousu Uribetxeberria atteint d’un cancer généralisé. L’Espagne refuse de le libérer alors qu’il est libérable après avoir purgé 15 ans de prison.

anime le site http://www.basquepeaceprocess.info, en anglais

 

 

SOURCE / LES AMIS DU PEUPLE BASQUE

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