Pike, un premier roman noir de Benjamin Whitmer, chez Gallmeister

Publié le par dan29000

 

   En cette nouvelle rentrée littéraire, nous débutons une nouvelle série consacrée, comme l'an passé, aux premiers romans, des nouveaux romanciers souvent prometteurs, d'autant plus qu'ils sont en ce moment en concurrence avec de nombreux auteurs confirmés, sans doute trop, nous livrant toujours le même roman en septembre. Nous ne citerons pas de nom...

 

 

   Donc Pike, un premier roman noir, dans le genre que nous aimons, très noir. L'auteur est né en 1972 et a grandi dans le sud de l'Ohio, même s'il vit aujourd'hui dans le Colorado.

   Le héros de ce roman qui avance vite et bien, se nomme Douglas Pike. Pas vraiment un ange, même si cet ancien truand est maintenant rangé. Chassé le naturel, il revient vite au galop, surtout quand sa fille Sarah meurt d'overdose, après une longue disparition.

   Pike n'est pas trop le genre papa-poule, mais il va devoir du jour au lendemain s'occuper de sa petite-fille âgée de douze ans.

   Pas facile.

   D'autant plus que Derrick, flic véreux, du genre brutal, s'intéresse à la gamine.

   Tout cela dans un contexte très particulier, celui du retour de Pike dans sa ville natale non loin de Cincinnati, où Pike vit de petits boulots en compagnie d'un de ses potes, Rory.

 

   Vous le devinez, tout cela ne va pas être vraiment simple et les amateurs de romans noirs ne manqueront pas de songer au grand David Goodis, pour la noirceur du propos, pour le sens de l'histoire et la qualité des personnages proposés.

 

   Un bouquin plein de sueur, de squats de junkies et de relais routiers parfois sordides, dans des quartiers un peu glauques.

 

   Enfin ultime qualité, la brièveté des chapitres, parfois deux ou trois pages, permet une écriture rapide, qui cogne, bien en phase avec les événements et les personnages.

 

   Du style au service d'une histoire forte.

 

   Que demander de plus ?

 

Dan29000

 

Pike

Benjamin Whitmer

Editions Gallmeister

2012 / 272 p / 22,90 euros

 

Site de l'éditeur

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EXTRAIT :

 

Derrick accélère : plus qu’un mètre cinquante. Une femme flétrie en sabots et blouse d’intérieur marron pointe son nez au coin de l’immeuble pour voir ce qui se passe. Il poursuit son chemin en la frôlant, et le voilà sorti au petit trot. Structures de fonte et murs de pierre. Le trottoir est
défoncé comme par un tremblement de terre, et les quelques arbres qui bordent la rue sont nappés d’une neige piquetée de suie noire. Les caniveaux et bouches d’égout débordent
des canettes de bière et des mégots de cigarettes de la veille, parmi lesquels traîne un escarpin rouge à talon haut. Derrick s’arrête en glissant au milieu de la rue, prend ses repères.
Là, la façade blanche et le balcon en fer forgé du Hanke. Il prend vers Central Avenue, vite. Ils sont maintenant plus nombreux, beaucoup plus nombreux, à sortir de chez eux, à poser un pied sur leurs perrons glissants, pour débouler dans la rue. Derrick court.
Quelqu’un siffl e dans son dos, ça vient de la ruelle. Il sait que c’est une connerie, mais il tourne tout de même la tête. C’est le jeune Blanc à face ronde. Une bouteille de bière fend les airs, lui effl eure le bras, se fracasse sur le macadam froid. Il court. Un hurlement quelque part sur sa gauche. Une autre bouteille de bière lui passe devant le visage. Se fracasse. Puis c’est une pierre. Derrick l’esquive ; elle lui passe à moins de cinq centimètres de la tête.

 

PRESSE :

 

 

La langue est somptueuse et enragée, rappelant que la poésie la plus éblouissante t l'émotion la plus nue peuvent jaillir d'une orgie de drogue, de sexe tarifé et de violence extrême.

Bruno Juffin, LES INROCKUPTIBLES

 

Avec Benjamin Whitmer, le monde du polar américain vient d'accoucher d'un rejeton de premier plan.

Jean-Marie Dinh, LA MARSEILLAISE
 

L'écriture est exceptionnelle, du début à la fin. Absolument magnétique.

Charlie Stella
 

Voici le Noir dans toute sa splendeur, ce que le genre devient lorsqu’il renonce à se montrer gentil – une force dramatique brutale rongée jusqu’à l’os, qui vous promène de page en page.

Stephen Graham Jones
 

Dans Pike, les mots ne se contentent pas de vous raconter une histoire, ils hurlent, ils saignent, ils prennent feu.

Nathan Singer
 

 

 

Publié dans lectures

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Guillome 02/10/2012 13:20


un roman léger et vivifiant que j'ai beaucoup aimé

dan29000 02/10/2012 17:20



tout à fait,nous aussi, comme TRES souvent d'ailleurs les romans de cet éditeur que nous suivons régulièrement depuis deux ans, sans jamais être déçu, et puis c'est lui qui a traduit DAVID VANN,
pas peu dire...