Police lyonnaise : après le numéro 2 la PJ en prison, les bavures

Publié le par dan29000

Police lyonnaise : les bavures se multiplient

 


Depuis quelques jours, les médias ont mis la lumière sur le numéro 2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret, qui a été mis en examen pour corruption, dans le cadre d'une enquête ouverte en marge d'une affaire de trafic de stupéfiants.

Celui-ci a été placé en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris, en début de semaine.

 


Les vicissitudes de la police lyonnaise ne s’arrêtent pourtant pas là.

On apprend en effet qu’une plainte a été déposée par deux ouvriers lyonnais, d’origine magrébine, pour avoir fait l’objet d’insultes à caractère raciste par deux policiers lyonnais.

Pire encore, l’une de ces victimes, Yacine, a même été frappée très violemment par les deux agents de police.

Les faits remontent au 26 janvier 2011 vers minuit.

Ce soir là, Yacine et son collègue Mourad* travaillent de nuit dans une usine à Pierre-Bénite, dans le Rhône. Les deux jeunes ouvriers, d’une trentaine d’années chacun, prennent leur pause dans la cour de l’usine. A ce moment là, deux policiers, en patrouille à bord de leur véhicule, les interpellent en leur demandant ce qu’ils font là.

L’un des agents leur dit « bonsoir » mais se heurte à un silence. Yacine ne l’a pas entendu car il a dans les oreilles des bouchons antibruit. Le policier réitère son bonsoir et demande ce qu‘ils font là « en haussant la voix ».

« Vous ne voyez pas qu’on est derrière notre entreprise. On travaille ici », rétorque l’ouvrier.

Le fonctionnaire lui répond alors « avec ta tête de macaque derrière ton grillage, tu ferais mieux d’être dans un zoo ». Surpris, le jeune homme lui demande « pour qui il se prend ».

« Et là, le policier s’est excité. Il nous a traités de sales bougnoules (...) Retournez dans votre pays (...) », assurent Yacine et son collègue.

Le salarié s’en va prévenir son contremaître. « A aucun moment, je ne les ai insultés » précise Yacine.

Les policiers se dirigent au poste de garde de l’entreprise pour l’interpeller. Voyant l’ouvrier menotté, l’un des deux supérieurs hiérarchiques présents demande aux policiers ce qu’ils vont faire de lui. Dans la plainte remise au procureur, les deux chefs racontent qu’un agent a répondu « qu’en France, la justice ne pouvait pas faire grand chose contre ces gens-là ».

Ils ajoutent que Yacine, emmené dans le véhicule de police « a quitté l’entreprise dans un parfait état physique ».

Yacine, placé à l’arrière du véhicule, est alors tabassé durant tout le trajet, ne pouvant opposé aucune résistance en raison de ses menottes dans le dos.

Puis, comme si de rien était, il est placé en garde à vue…pour « outrage à agents » !

Yacine et Mourad ont décidé de porter plainte, par la voix de Me Nicolas Cellupica, avocat au barreau de Paris. Un juge d’instruction vient d’être nommé dans cette affaire.

« La police est là pour faire respecter la loi. Elle n’est pas au dessus d’elle ! Ce qui s’est passé est d’une gravité extrême » assure-t-il.

Selon nos informations, la LICRA se serait également constituée partie civile dans le dossier aux côtés de Yacine et Mourad.

« Je souhaite que toute la lumière soit faite sur le comportement des deux agents de police qui ont tabassé Yacine et insulté Mourad » insiste Me Nicolas Cellupica qui a également saisi l’Inspection générale de la police nationale et la Commission nationale de déontologie de la sécurité.

« Il existe des cas trop nombreux de ce genre. Une sanction exemplaire s’impose, car les répercussions de cette affaire doivent aller bien au-delà du cas isolé que je défends » affirme Me Nicolas Cellupica qui invite les autres victimes de faits similaires « à réagir sans aucune hésitation ».

Quant à la plainte déposée par les deux policiers contre Yacine, elle aurait été classée sans suite très rapidement par le Procureur de la République de Lyon.

« C’est bien la preuve que rien ne peut être reproché à mon client. J’ai une confiance totale en la justice » assure Me Nicolas Cellupica.

Affaire à suivre donc.

* le nom de la victime a été modifiée

 

Source : AGORA VOX / SIMONO ODIEBO

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