Police : pluie de mises en examen, avis de tempête sur les chefs

Publié le par dan29000

 

La police perd son triple A

 

Péchenard auditionné par une juge d’instruction, Squarcini, Neyret et Lagarde mis en examen : pendant que Nicolas Sarkozy s’occupe de sauver l’euro, la chefferie policière fait faillite.

 

 


Effet d’optique? Ces derniers temps, les affaires impliquant de hauts responsables policiers éclatent et pourrissent un peu l’ambiance. L’audition de Frédéric Péchenard, Directeur général de la police nationale, en tant que témoin assisté dans l’affaire des “fadettes” du Monde, clôt la semaine en beauté.


La juge d’instruction Sylvie Zimmermann l’a entendu pendant quatre heures et a décidé de ne pas le mettre en examen, contrairement au patron du renseignement français, Bernard Squarcini. Ce dernier est soupçonné de “collecte illicite de données”, “atteinte au secret des correspondances”, et “recel de violation du secret professionnel”.


Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant avait déjà assuré Frédéric Péchenard de son soutien, au cas où : “J'aurais la même réponse à l'égard de Frédéric Péchenard que celle que j'apportais à propos de Bernard Squarcini. [...] Une mise en examen ne signifie pas une culpabilité”, affirmait-il mercredi. Soucieux du triple A de la police, le ministre de l'Intérieur rassure les marchés, la confiance n'est pas entamée.

L’institution policière parvient ainsi à tenir en équilibre sans bouger en retenant sa respiration. En Angleterre, le chef de Scotland Yard, désormais blanchi, avait dû démissionner en juillet pour des soupçons de collusion avec le tabloïd News of The World, mouillé dans une affaire d’écoutes illégales.

Le parti socialiste crie et remue les bras. Pour le ministre de l’Intérieur, la règle veut qu’un policier mis en examen soit suspendu s’il est placé sous mandat de dépôt ou sous contrôle judiciaire, ce qui n’est pas le cas de Bernard Squarcini. A la Direction générale de la police nationale, on ne peut pas nous dire exactement d’où vient cette règle pour l’instant (mais on nous tient au courant). Impossible aussi de savoir combien de policiers ont été mis en examen et condamnés pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

En tout cas, la règle s’applique dans les autres affaires récentes, où des policiers mis en examen et incarcérés, ou placés sous contrôle judiciaire, ont été suspendus. D’ailleurs même leurs collègues, qui n’ont pas été mis en examen, ont senti le vent passer.

Michel Neyret, numéro 2 de la PJ de Lyon, mis en examen pour corruption et trafic d’influence, est incarcéré à la prison de la Santé. Son supérieur, Claude Catto, qui n’est pas mis en cause dans l’affaire, a été déplacé à l’IGPN, (ou “le cimetière des éléphants”), chargée d’enquêter sur le fonctionnement des services de police. Quatre autres fonctionnaires ont été mis en examen et suspendus : le chef de la PJ de Grenoble, le patron de la brigade de recherche et d’intervention de Lyon, son adjoint et un membre de la brigade des stups lyonnaise. Ils sont accusés de trafic de stupéfiants, détournements de scellés et vols.


A Lille, le commissaire divisionnaire Jean-Christophe Lagarde est mis en examen pour “proxénétisme aggravé en bande organisée” et “recel d’abus de biens sociaux”, dans l’affaire du Carlton. Placé sous contrôle judiciaire, il a également été suspendu. Sans être poursuivi, le directeur départemental de la sécurité publique du Nord, Jean-Claude Menault, a également été entendu par la justice. Des rumeurs évoquaient sa mise à la retraite d’office, mais d’après le ministère de l’Intérieur qui a démenti, il serait “seulement” muté.


Camille Polloni 

 

Source : LES INROCKS

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