Procès de Villiers-le-Bel : déni de justice et deux acquittés

Publié le par dan29000

Deux acquittés au procès en appel de Villiers-le-Bel

21/10/2011

Après trois semaines de procès, la cour d’assises d’appel des Hauts-de-Seine (à Nanterre) a rendu son verdict ce vendredi : 15 ans de prison pour Abderhamane Kamara, 12 ans pour Adama Kamara et 3 ans pour Ibrahima Sow. Samuel Lambalamba et Maka Kanté sont acquittés. Quatre accusés étaient soupçonnés d’avoir tiré sur des policiers lors des émeutes de Villiers-le-Bel, en novembre 2007, le cinquième, Samuel Lambalamba, de complicité.

Le président Jean-Pierre Getti prend la parole après dix heures de délibération. Un cri de joie jaillit du banc des familles, mais très vite, les pleurs et les cris de la famille Kamara couvrent la joie des libérations. Pour les deux frères Kamara, les peines sont identiques à celles prononcées en première instance. Ils encaissent en silence. L’aîné, Abderhamane dit « Abou », serre dans ses bras Ibrahima Sow, qui va être libéré après la réduction de sa peine de neuf à trois ans, couverts par la détention provisoire.

Accusé de complicité, Samuel Lambalamba est acquitté, tout comme Maka Kanté contre qui seul le port d’arme avait été retenu en première instance. Tous les deux avaient été condamnés à trois ans de prison. Ils  pourront demander une indemnisation pour le temps passé en détention.

Environ 200 personnes, parties civiles d’une part, familles et amis des accusés de l’autre, s’étaient rassemblées dans la salle des pas perdus en attendant le verdict. Trop nombreux, tout le monde ne peut pas rentrer dans la salle d’audience minuscule. Dès que des proches des accusés en sortent pour annoncer les peines prononcées, la foule fond en larmes et en cris, partagée entre le soulagement pour les deux acquittés et la tristesse pour les frères Kamara. Un membre de leur famille laisse exploser sa colère, alors que des proches tentent de le consoler :  « Vous pensez que quinze piges c’est rien ou quoi? Pourquoi il n’y a que les Kamara qui ne sortent pas? » « Ils ont payé pour leur nom, parce que c’était les plus connus de la cité », estime un de leurs amis.

« Arrêtez de filmer la douleur des gens », lance un jeune homme à un cameraman qui tourne à quelques centimètres des visages. Quelques coups font voler deux caméras, suivis d’une légère bousculade entre des gens agacés par l’attitude des journalistes télé et ceux qui veulent maintenir uAn certain calme. Une haie de CRS avance doucement pour vider les lieux sans incidents supplémentaires.

Devant le tribunal de Nanterre, des petites tensions subsistent et l’émotion domine. Effondrée, la mère d’Abderhamane et Adama Kamara est assise sur le trottoir, entourée d’attentions. Dès sa sortie du tribunal, l’avocat de ses fils, Morad Falek, s’agenouille pour la réconforter et lui dire que le combat judiciaire n’était pas encore terminé. Les avocats des familles peinent à maintenir l’espoir avec la perspective d’un pourvoi en cassation. Un peu plus loin, un proche de Maka Kanté esquisse un sourire en posant à terre un sac avec quelques affaires, au cas où il retournerait en prison : « je l’avais préparé pour rien ».


David Doucet et Camille Polloni

 

 

Source : LES INROCKS

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